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Everton retrouve Goodison dans son âme et Moyes sur son banc

Par Antoine Moreau··5 min de lecture·Source: Footmercato

Après des années à regarder le gouffre de la relégation, Everton renaît sous David Moyes et dans un stade flambant neuf. Un retour en grâce qui ressemble à une histoire écrite d'avance.

Everton retrouve Goodison dans son âme et Moyes sur son banc

Il y a des clubs qui portent leur histoire comme un manteau trop lourd. Everton en fait partie. Dix-neuf championnats d'Angleterre, une présence ininterrompue en première division de 1954 à 2023 — record absolu du football anglais — avant que les Toffees ne s'effondrent administrativement et sportivement au point de frôler l'impensable. La relégation. Le néant. Puis David Moyes est revenu. Et tout a changé.

Le fils prodigue de Goodison Road

Moyes avait quitté Everton en 2013, après onze ans à sculpter une identité à Goodison Park avec des moyens dérisoires comparés aux clubs du Big Four. Son départ pour Manchester United — choix désastreux, brève épopée — l'avait éloigné du nord-ouest de l'Angleterre. Mais les bons entraîneurs ont souvent une équipe de cœur, celle qui les a forgés. Pour Moyes, c'est Everton. Et les Toffees le savent.

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Son retour à l'hiver 2024 avait déjà stabilisé le navire. Mais c'est la saison actuelle, dans un contexte radicalement nouveau, qui ressemble davantage à une renaissance qu'à un simple maintien. L'Écossais a redonné au club une colonne vertébrale, cette solidité défensive et cette mentalité de guerriers qui avaient fait sa marque. Sous ses ordres, Everton encaisse moins, presse plus haut, et — luxe inédit depuis des saisons — commence à envisager une fin de tableau à deux chiffres côté points d'avance sur la zone rouge plutôt que dedans.

On pense inévitablement à ce que Moyes avait réalisé avec des Tim Cahill, Phil Neville et autres soldats de l'ombre à une époque où Chelsea et Arsenal semblaient appartenir à une autre galaxie. Aujourd'hui, la Premier League s'est encore stratifiée. Mais Everton n'est plus obligé de jouer les martyrs.

Le nouveau stade comme acte fondateur

Le vrai tournant symbolique, peut-être même plus que le retour de Moyes, c'est le déménagement. Après des années de promesses, de retards, de polémiques financières et d'un chantier qui semblait ne jamais devoir se terminer, Everton a quitté Goodison Park pour son nouveau stade de Bramley-Moore Dock, en bord de Mersey. Capacité annoncée autour de 52 500 places. Un écrin moderne qui tranche avec les vieilles tribunes croulantes de Goodison, certes chargées d'histoire, mais inadaptées aux exigences économiques du football contemporain.

L'histoire du sport regorge de clubs transfigurés par leur enceinte. L'Atletico Madrid a mis du temps à apprivoiser le Metropolitano après l'intimité électrique du Calderon, avant de réaliser que le nouveau stade apportait aussi de nouveaux revenus, de nouveaux supporters, une nouvelle énergie. Arsenal, lui, avait subi le choc émotionnel du départ d'Highbury pour l'Emirates en 2006 — plusieurs saisons de flottement avant de retrouver une identité. Everton espère éviter cet écueil. Les premiers retours sont encourageants.

Car le nouveau stade, c'est aussi et surtout une révolution économique. Les revenus de matchday d'Everton à Goodison Park étaient parmi les plus faibles de Premier League — l'ancienne enceinte datait de 1892 et limitait structurellement la capacité commerciale du club. Avec Bramley-Moore, les projections tablent sur une augmentation de plus de 40% des revenus sur ce seul poste. Dans un championnat où les clubs du bas du tableau survivent grâce aux droits TV mais où les clubs du milieu de tableau construisent leur modèle sur les recettes de stade et la fidélisation, c'est un basculement majeur.

Quand le fond de tableau se rêve en milieu de peloton

Pendant trois saisons, Everton a vécu sous perfusion. Deux sanctions pour non-respect des règles du fair-play financier, des déductions de points, une propriété ballottée entre des actionnaires litigieux et l'arrivée chaotique de l'homme d'affaires américain Dan Friedkin au capital. Le club semblait condamné à survivre plutôt qu'à exister.

Ce contexte rend le renouveau actuel d'autant plus frappant. Everton tourne autour de la dizième place en Premier League — ce n'est pas une révolution copernicienne, mais pour un club qui regardait les yeux rivés vers le bas depuis 2020, c'est un horizon nouveau. Les supporters qui ont connu les années Rooney, les années Ferguson, les années Lukaku savent que le club peut faire mieux. Mais ils savent aussi ce que signifie respirer librement.

Moyes travaille avec un effectif hétérogène, mélange de jeunes espoirs britanniques et de recrues étrangères dont les résultats ont été variables. Dominic Calvert-Lewin, trop souvent blessé ces dernières années, semble retrouver une forme plus régulière. Dans les buts, les défis demeurent. Mais la cohérence tactique insufflée par Moyes compense les limites individuelles — c'est précisément sa signature, depuis ses années à Preston North End jusqu'à ses passages à West Ham.

À Liverpool, les voisins rouges de l'Anfield Road n'ont pas attendu pour rappeler la hiérarchie de la ville. Le derby de la Mersey reste un abîme sportif entre les deux clubs. Mais même ce constat, Everton le vit désormais différemment. On ne défend plus pour survivre un derby. On commence, timidement, à y croire.

La vraie question pour les prochaines fenêtres de transfert sera celle-ci : le nouveau stade attirera-t-il des investisseurs capables de donner à Moyes les outils d'un recrutement ambitieux ? L'entraîneur a prouvé qu'il pouvait faire des miracles avec peu. Avec davantage, il pourrait peut-être réécrire une partie de l'histoire récente d'Everton. Celle d'un club qui a failli disparaître dans les méandres de la Premier League et qui, contre toute attente, a choisi de revivre.

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