Manchester City ne peut arracher qu'un nul 3-3 à Everton grâce à Jérémy Doku. Les Citizens cèdent du terrain dans la course au titre anglais.
Jérémy Doku a sauvé Manchester City du naufrage samedi à Goodison Park, mais c'est un sauvetage qui goûte l'amertume. Cinq points. Voilà désormais l'écart qui sépare les Skyblues du leader de Premier League après ce match fou contre Everton, un 3-3 qui ressemble davantage à une débâcle qu'à une démonstration de force. Pep Guardiola n'a pas obtenu la victoire qui aurait consolidé la machine infernale de Manchester City. Il a obtenu à la place un rappel à l'humilité.
Quand l'ordre établi vacille sur les bords du Mersey
Goodison Park n'est pas le stade des rêves paisibles. C'est un vieux fortin de la Premier League, un endroit où les favoris viennent apprendre à gérer l'adversité. Manchester City en a eu la preuve directe. Les Citizens ne maîtrisaient rien samedi, ou presque. Everton, loin d'être une équipe clinquante, s'est battu comme un collégien défend son ballon de foot à la récréation. C'est d'ailleurs cette rugosité, cette indiscipline même, qui a déstabilisé les hommes de Guardiola.
Le scénario s'est écrit en trois actes chaotiques. Manchester City a ouvert le score, puis s'est fait rattraper. Il a repris l'avantage, puis l'a de nouveau concédé. À chaque fois, Everton répondait par un coup, pas par une stratégie d'équipe mais par une volonté brute. Et à chaque fois, Manchester City était obligé de réagir. Jérémy Doku, entré en jeu en cours de match, a trouvé l'égalisation finale à la 80e minute, sauvant son équipe d'une défaite humiliante qui aurait chamboulé la hiérarchie du championnat.
Ce qui frappe dans ce résultat, c'est qu'il n'a rien à voir avec une performance tactique supérieure d'Everton. Les Toffees n'ont pas concocté un piège imparable. Ils ont simplement joué au football direct, brutal parfois, sans grandes prétentions. Et cela a suffi à mettre en difficulté la meilleure équipe d'Angleterre en matière de possession de balle et de création de chances.
Manchester City a enregistré 65% de possession, 16 tirs — dont 7 cadrés — contre seulement 3 pour Everton. Les chiffres racontent une histoire d'équipe dominante. Mais le résultat, lui, raconte une autre histoire. Celle d'une équipe qui, malgré sa supériorité évidente, ne peut pas transformer cet avantage en victoire. C'est l'essence même du football : posséder n'est pas égal à vaincre.
Le vide à combler avant que le navire ne sombre
Le déficit de cinq points n'était pas une fatalité au coup de sifflet final de Goodison Park. C'était presque inévitable. Depuis plusieurs semaines, Manchester City accumule les déceptions : des victoires laborieuses, des nuls frustra nts, des performances où l'allumette du doute a pris racine. La machine de Guardiola, qui paraissait rouler sur l'or il y a quelques mois, commence à montrer des signes de fatigue.
Le leadership en Premier League n'est pas gravé dans la pierre. Les équipes qui pourchassent Manchester City sentiront le sang maintenant. Elles verront que les Citizens sont humains, qu'ils peuvent être rattrapés, qu'ils peuvent être mis en difficulté par des équipes bien moins prestigieuses. Everton, un club en quasi-reconstruction avec un effectif loin d'être celui de Manchester City, a montré qu'on pouvait les embêter sérieusement.
Guardiola devra puiser dans ses ressources de tacticien hors pair. Il devra relancer une équipe qui doute, même légèrement. Les prochains matchs deviennent cruciaux. Chaque point perdu supplémentaire creusera le sillon. Et à ce jeu, les poursuivants sont affamés.
- Cinq points d'avance perdue : Manchester City n'accuse plus que 5 points de retard sur le leader de Premier League
- 65% de possession : Les Citizens ont dominé le match statistiquement, mais sans convertir cette supériorité
- 3 buts concédés : Une défense faillible au Mersey pour une équipe habituellement hermétique
- Jérémy Doku salvateur : L'international belge a égalisé à la 80e minute, son intervention cruciale du match
Manchester City sait qu'il ne peut pas se permettre une nouvelle glissade. La course au titre anglais se jouera sur ces moments où les favoritisme s'efface devant la réalité d'une journée. Samedi à Goodison Park en a été la parfaite illustration. Guardiola aussi. Les prochaines semaines diront si Manchester City a su tirer les leçons de cette semonce ou si, au contraire, elle marquera le début d'une débâcle plus générale. Pour l'instant, on ne sait que ceci : les Skyblues ont gaspillé une opportunité, et en Premier League, ce luxe s'achète souvent très cher.