Blessé en fin de saison avec le Barça, Lamine Yamal sera bien présent avec l'Espagne pour la Coupe du Monde. La peur a été grande, le soulagement l'est tout autant.
Il a fallu quelques jours d'angoisse, quelques communiqués sibyllins et beaucoup de spéculations avant que la bonne nouvelle tombe. Lamine Yamal, 17 ans à peine, la sensation absolue du football mondial, sera bien sur la pelouse avec la Roja pour la Coupe du Monde. Sa saison avec le FC Barcelone s'est achevée prématurément mercredi soir, dans des circonstances qui ont semé le doute dans l'entourage du club catalan comme dans les couloirs de la Fédération espagnole. Mais le diagnostic est clair désormais : le gamin de Rocafonda sera remis à temps. Ouf.
Que s'est-il vraiment passé avec sa blessure ?
Personne n'a voulu en dire trop, ni le staff médical du Barça ni la fédération espagnole. C'est souvent là que l'inquiétude s'installe. Quand les communiqués officiels restent vagues sur la nature exacte d'un problème physique, c'est que le club lui-même tâtonne encore ou préfère protéger son joueur des projecteurs les plus durs. Ce qu'on sait, c'est que Lamine Yamal a quitté prématurément la compétition avec Barcelone, mettant un terme à une saison barcelonaise déjà historique à bien des égards. Le reste — le timing exact, l'intensité de la douleur, les examens passés — n'a filtré qu'au compte-gouttes.
Ce flou a immédiatement alimenté les pires scénarios chez les supporters de la sélection espagnole, champions d'Europe en titre depuis l'été dernier. Et pour cause : Lamine Yamal a inscrit 15 buts et délivré 20 passes décisives en Liga cette saison, des chiffres hallucinants pour un joueur qui n'a même pas encore célébré son deuxième Euro. Perdre un tel élément à quelques semaines du plus grand rendez-vous planétaire, c'est une catastrophe sportive et symbolique que personne ne voulait envisager.
Le staff médical de la Federación Real Española de Fútbol a visiblement pris les choses en main rapidement. Protocole de récupération accéléré, mise au repos strict, monitoring constant. Le message est désormais rassurant : il sera là.
Quelle est la vraie place de Yamal dans le projet espagnol ?
On aurait pu se poser la question il y a deux ans. Plus maintenant. Lamine Yamal n'est pas un espoir prometteur qu'on ménage : il est la colonne vertébrale offensive de cette Espagne, le joueur autour duquel Luis de la Fuente construit ses plans de jeu depuis l'Euro 2024. À 17 ans, il a porté la sélection en finale, mis la France à genoux d'un but d'anthologie en demi-finale, et ramené le trophée à Madrid. Ce n'est pas un potentiel. C'est une réalité.
Son binôme avec Pedri au milieu et sa complémentarité avec Nico Williams sur l'aile gauche forment l'une des associations les plus excitantes du football international actuel. Derrière, une génération entière s'est construite autour de lui. Alvaro Morata, Dani Carvajal, Rodri — les cadres de l'équipe — savent mieux que quiconque ce que ce gamin apporte dans le vestiaire, sur le terrain, dans le regard des adversaires quand il reçoit le ballon dans son couloir droit.
Sans lui, l'Espagne reste une grande équipe. Avec lui, elle est l'une des favorites incontestables au titre mondial. La nuance est énorme. Luis de la Fuente n'a jamais caché que son système de jeu, ses automatismes, ses rotations offensives — tout cela est pensé en fonction des capacités de Yamal. Reconstruire quelque chose en quelques semaines autour d'un autre profil aurait été un défi colossal, même pour un sélectionneur aussi méthodique.
La Coupe du Monde peut-elle vraiment lui appartenir ?
La question mérite d'être posée sérieusement. Kylian Mbappé a ébloui la planète au Mondial 2018 à 19 ans, Pelé avait soulevé le trophée Jules Rimet à 17 ans en 1958. Les comparaisons sont toujours dangereuses, mais le profil de Lamine Yamal — son sang-froid, son instinct de scorer, sa capacité à absorber la pression des grands soirs — rappelle ces météores qui n'attendent pas qu'on leur ouvre la porte.
Il aborde cette Coupe du Monde avec un statut de favori clairement assumé, ce qui change tout psychologiquement. En 2024, il était encore l'outsider qu'on découvrait, la surprise qu'on n'attendait pas si vite au sommet. Cette fois, il arrive avec le numéro 10 dans le dos, les regards braqués sur lui, les plans défensifs adverses pensés pour le neutraliser. C'est un autre défi. Un défi de maturité.
Et pourtant, à chaque fois qu'on lui a tendu ce genre d'épreuve, il a répondu. Pas avec des déclarations fracassantes, pas avec des shows à l'entraînement — avec des performances, des buts, des dribbles qui font lever les stades. Il y a quelque chose d'irréductible chez lui, une forme de sérénité dans le chaos qui dépasse largement son âge.
L'Espagne sera aussi attendue par le Brésil d'un Vinicius Junior revenu en grâce chez lui, par la France de Kylian Mbappé qui cherche sa rédemption, par l'Angleterre qui sait désormais construire dans la durée. Le tableau est chargé. Mais si Lamine Yamal arrive à 100 % de ses capacités physiques, si cette blessure de fin de saison n'est qu'une parenthèse dans la trajectoire la plus folle du football contemporain, alors l'été 2025 pourrait bien lui appartenir. Et à personne d'autre.
Les prochaines semaines diront si la récupération se passe vraiment comme prévu, si les délais annoncés tiennent la route face aux exigences d'une préparation internationale. Mais une chose est sûre : l'Espagne entière retient son souffle, et le monde du football aussi. Parce que voir Lamine Yamal manquer la Coupe du Monde, ce n'aurait pas été seulement une perte pour la Roja — c'aurait été une perte pour le football tout entier.