Malgré sa clause de rachat, le Real Madrid a décidé de prolonger le prêt de Nico Paz à Côme. Le jeune milieu offensif argentin poursuivra son développement en Italie plutôt que de revenir à la Maison Blanche cet été.
Nico Paz aurait pu frapper à la porte du Bernabéu cet été. Il restera à Côme. Cette décision du Real Madrid, contraire à ce qu'on aurait pu attendre avec l'activation de sa clause de rachat, dit quelque chose d'important sur la vision que Carlo Ancelotti et sa direction technique ont du jeune milieu offensif argentin : elle n'est pas celle d'un retour immédiat dans l'effectif galactique, mais celle d'une maturation poursuivie loin du chaos madrilène.
À 21 ans, Paz a dépanné, impressionné par touches, promis sans jamais vraiment transformer ses étincelles en feu continu. Côme, club de Serie A depuis deux saisons, lui offre cette chance que Madrid ne lui garantit pas : jouer régulièrement, accumuler les minutes comme on remplit un verre, devenir indispensable plutôt que de rester un talent en attente de sa chance dans une hiérarchie où Vinícius Júnior, Jude Bellingham et Rodrygo Edison Oliveira dos Santos écrasent les espoirs.
Pourquoi le Real lâche prise sur son enfant prodige
La présence d'une clause de rachat dans les dossiers de jeunes joueurs prêtés, c'est l'assurance-vie des grands clubs. Madrid, qui a formé Paz dans ses cantera, gardait cette option comme on garde une clé de secours. Sauf qu'une clé inutilisée finit par rouiller. Ce qui s'est passé ces derniers mois, c'est une réévaluation froide : Paz progresse davantage en jouant 2.800 minutes à Côme que s'il végétait sur le banc du Bernabéu à regarder les grands se battre pour une place.
Le Real Madrid a déjà compris cette leçon avec d'autres. Rodrygo Mora da Cruz a éclaboussé l'Europe depuis le PSV Eindhoven bien avant de devenir intouchable chez les Merengues. Jude Bellingham lui-même, bien sûr, a validé son immense talent au Borussia Dortmund. Paz n'est pas encore au niveau de ces deux-là, mais il possède cet ingrédient rare : la confiance collective. À Côme, il est attendu. À Madrid, il serait un pari.
Côme, justement, n'a pas fait semblant d'être déçu. Au contraire. Le club lombard a poussé pour garder son bijou offensif, celui qui s'est coulé dans le jeu italien avec une aisance surprenante pour un Argentin élevé dans l'école madrilène. Une nouvelle entente a donc pris forme durant l'été, sans douleur apparente. Paz prolonge son séjour en Italie, Côme sécurise son développement, Madrid regarde de loin en gardant ses options ouvertes. C'est le genre de décision qui semble banale jusqu'au moment où elle ne l'est plus du tout.
Pendant ce temps, la Ligue 1 s'agitera pour le voir, la Serie A aussi. À 21 ans, on n'attend pas le feu vert du siège social pour jouer au football.
L'Italie, terrain d'apprentissage idéal pour un créateur
Reste à comprendre si Côme, malgré toute sa bonne volonté et ses ambitions légitimes, reste vraiment le meilleur environnement pour affiner le jeu de Paz. La Serie A produit des défenseurs féroces, des tactiques hermétiques, une culture du contre-pressing qui n'épargne personne. C'est l'école de la rigueur. Et Paz, créateur de jeu, a exactement besoin de cela : maîtriser l'espace réduit, faire circuler le ballon sous pression, trouver les solutions quand les lignes sont compactées.
Trois saisons consécutives à Côme, c'est aussi un risque calculé. Reste-t-il assez de monde pour le challenger, pour l'aider à sortir de ses zones de confort ? Les renforts de l'été dernier du club lombard diront si oui ou non Côme a les reins assez solides pour accompagner Paz dans son sprint vers l'élite. Parce qu'à un moment, jouer régulièrement en Serie A, c'est bien. Mais jouer régulièrement en Serie A dans une équipe ambitieuse, c'est mieux.
- 21 ans : l'âge pivot où la progression technique dépend davantage du temps de jeu que du prestige du maillot
- 2.800 minutes la saison passée à Côme : le volume minimal pour acquérir l'expérience de match
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Le calcul du Real Madrid ressemble à un pari sur le temps. Paz ne sera pas recruté par Manchester City ou Liverpool à 21 ans depuis Côme. Mais il pourrait bien l'être à 23 ou 24, après une vraie montée en puissance. À ce moment-là, Madrid aura ses mains libres : l'acheter, le vendre ou, pire encore, le voir partir vers un endroit qu'on n'avait pas prévu. C'est le prix du prêt prolongé, et c'est un prix que le Real semble prêt à payer pour la tranquillité d'un jeune homme en devenir.