José Mourinho est le choix numéro 1 de Florentino Pérez pour remplacer Carlo Ancelotti. Une décision qui ravive les tensions autour du banc madrilène.
José Mourinho. Ce nom qui résonne comme une provocation au Bernabéu revient brutalement sur le devant de la scène. The Athletic l'affirme sans détour : c'est l'entraîneur spécialiste du parking des autobus qui figure en haut de la liste de Florentino Pérez pour le poste d'entraîneur du Real Madrid la saison prochaine. Voilà qui relance le débat sur l'avenir du club merengue avec une intensité qu'on n'attendait plus.
Mourinho, le retour du Mou contre nature
Depuis quelques semaines, les rumeurs allaient bon train sur le successeur de Carlo Ancelotti. Mais personne n'imaginait vraiment que Florentino Pérez oserait faire revenir José Mourinho au Bernabéu. Et pourtant, c'est là que nous en sommes. Le média américain cite ses sources proches du dossier : le président du Real Madrid aurait identifié le technicien portugais comme son option numéro 1, bien avant d'autres noms circulant depuis des mois.
Qui aurait pensé que cette histoire reviendrait ? Mourinho en blanco en 2024-2025, c'est du théâtre pur. L'homme a remporté 16 trophées en trois saisons au Real Madrid, certes, mais il s'en est allé en 2013 dans un climat détestable. Des tensions avec Cristiano Ronaldo, des accrochages publics, une ambiance suffocante. Depuis, le personnage s'est tait, a coaché à Chelsea, Manchester United, Tottenham, l'AS Roma. Partout, ce même schéma : du succès initial, puis la rupture, l'aigreur.
À 61 ans, le Spécial One a retrouvé un poste de responsabilité à la Roma où il a remporté la Coupe d'Italie en 2023 et 2024. Trois titres en deux ans. C'est du lourd. Mais peut-on vraiment imaginer que le Real Madrid revienne à une philosophie plus défensive, plus cynique sous Mourinho après les années flamboyantes d'Ancelotti ? Le doute s'installe immédiatement.
Ancelotti, une gestion de fin de règne qui pose question
Carlo Ancelotti n'a jamais été dans l'incertitude jusqu'à présent. En deux saisons et demie, il a livré ce qu'on attend d'un entraîneur du Real : deux Liga, deux Coupes du Roi, une Supercoupe d'Espagne, et une Ligue des champions en 2022 avec ce mémorable parcours depuis la phase de groupes. Mais voilà, depuis le début de l'année 2024, quelque chose s'est cassé. Les performances se sont effilochées. Les matchs de Ligue des champions en printemps se sont déroulés sans la domination habituelle.
Plus grave : l'année 2024-2025 démarre mal. Le Real Madrid tourne à une moyenne de 2,2 points par match en Liga ces trois derniers mois. Ce n'est pas la crise catastrophale, non, mais c'est une perte progressive de lustre qui interpelle Pérez. L'entraîneur italien a 65 ans, il approche de la fin naturelle de son contrat. Certains au Bernabéu commencent à penser qu'une page devrait se tourner maintenant plutôt que de traîner une situation devenue inconfortable.
Le timing n'a rien de casual. Pérez a probablement considéré que négocier le départ d'Ancelotti maintenant, plutôt que de laisser traîner, c'est du management intelligent. Sauf qu'il perd de vue l'expérience accumulée par son technicien et la stabilité qu'elle représente. Miser sur Mourinho, c'est miser sur une personnalité forte, oui, mais aussi sur l'imprévisibilité.
Un pari risqué sur la personnalité plutôt que la continuité
Pourquoi Mourinho plutôt que d'autres candidats crédibles ? Plusieurs raisons semblent évidentes. D'abord, l'homme a remporté des titres majeurs partout où il a exercé. Il connaît le projet madrilène par cœur, ayant créé une équipe dominante dans les années 2010. Il sait comment gérer le vestiaire d'une institution, les tensions, les égos. En somme, c'est du connu.
Mais le risque existe, énorme. Mourinho n'est plus le même. À la Roma, même en gagnant, son football n'a pas toujours séduit. Loveless victories, comme on dit en Angleterre. Des victoires sans amour, sans passion du jeu. Or, le Real Madrid depuis la présidence de Pérez, c'est avant tout une culture du spectacle, du football offensif et dominateur. Mettre Mourinho aux commandes, c'est changer de paradigme philosophique.
L'autre écueil : sa relation avec les renforts. Le projet madrilène demande une adaptation permanente. Les arrivées de jeunes talents, les gestion d'effectif complexe, tout cela demande une certaine flexibilité mentale. Mourinho, lui, préfère les certitudes, les joueurs déjà formés, les hiérarchies établies. Cela peut fonctionner, mais sur quelle durée ? Les trois premières années d'une aventure Mourinho ressemblent toujours à un rêve. Après, c'est souvent la déchéance.
Florentino Pérez mise-t-il sur une relance spectaculaire de trois ans, quitte à accepter que cela ne dure pas ? C'est possible. Lui qui a connu l'aventure Mourinho en 2011-2013 sait exactement comment cela fonctionne. Il y a eu le sommet, puis la chute. La question devient : à quel point le Real Madrid a-t-il besoin de cette secosse, de ce coup de pied pour repartir ? Assez pour ignorer les risques inherents ?
Ces prochaines semaines nous diront si Pérez va jusqu'au bout de cette folie administrative. Mais une chose est sûre : le Real Madrid ne finira jamais de raconter ses histoires de banc. À chaque poste, c'est un roman. Avec Mourinho, ce serait un thriller.