Bukayo Saka a inscrit le but de la qualification. Les Gunners retrouveront soit le Real Madrid soit Manchester City en finale, leur première depuis 2006.
Le cri. Ce cri qui explose du ventre quand on sait que c'est fini, que le rêve devient réalité. Bukayo Saka l'a poussé avant la pause, et pendant quatre-vingt-dix minutes supplémentaires, Arsenal a retenu son souffle sur les pelouses de l'Atlético de Madrid. Un but. Un seul. Mais celui-là valait une place en finale de Ligue des Champions, la première pour les Gunners depuis 2006. Dix-huit ans. Dix-huit ans que le club londonien n'avait pas atteint cette montagne.
Saka brise le verrou madrilène
Il y a des matches où la possession stérile pèse lourd. Où les passes latérales s'accumulent sans jamais trouver l'or. L'Atlético, sous la direction de Diego Simeone, maîtrise cet art depuis des années. Ses défenses compactes, ses transitions rapides, ses butées en retrait pour frustrer l'adversaire. Mais Arsenal, cette saison, n'est pas n'importe quel adversaire. Les hommes de Mikel Arteta ont apporté une solidité défensive qui faisait défaut les années passées. Et surtout, une efficacité clinique.
Bukayo Saka a frappé fort et simple. Avant la mi-temps, dans une séquence où Arsenal a su combiner la possession avec la vitesse, le jeune ailier anglais a trouvé l'ouverture. Le ballon est entré. Les Gunners respiraient. Pas d'explosion prématurée, pas de lâcher-prise. Juste une concentration féroce, pendant deux actes complets, pour étouffer les contres des Colchoneros.
Madrid a tenté. Antoine Griezmann, toujours présent dans les zones dangereuses, a eu ses occasions. Mais Jaka Primec Bijol et la défense d'Arsenal ont tenu bon. Les chiffres parlent : l'Atlético n'a tiré que 8 fois au total, dont 3 cadrées. C'est peu pour une équipe qui vit de ses contre-attaques. C'est surtout le signe qu'Arsenal a imposé son rythme, son tempo, son football.
Une revanche sur dix-huit ans de vide
Quand Arsenal a perdu la finale 2006 contre Barcelone au Stade de France, Thierry Henry était encore là. Dennis Bergkamp aussi. Le football que le club avait construit autour d'eux s'était écroulé, progressivement, sous le poids des blessures et des mauvaises décisions. Ensuite vinrent les années de stagnation. Le départ de Henry aux États-Unis, le déclin relatif, les phases de groupes manquées, les éliminations précoces. Arsenal devint une équipe respectable mais jamais assez grande pour l'Europe.
Arteta a hérité d'une ruine en construction. Il y a trois ans, les Gunners n'avaient même pas la Ligue des Champions. Ils ont dû bâtir, patch après patch. Vendre quand il fallait, acheter quand c'était possible. Saka grandir, Martinelli progresser, Granit Xhaka renaître sous un autre coach. Et puis il y a eu Jorginho, qui a apporté cette sérénité au milieu. Declan Rice en janvier dernier. Des pièces qui s'assemblent.
Cette qualification, c'est la preuve que le projet londonien commence à porter ses fruits. Arsenal mène la Premier League, domine son groupe de Ligue des Champions, atteint la finale. En un an et demi, le club a changé d'ADN. Plus de ballon porté, moins de naïveté défensive. Les Gunners jouent maintenant comme une équipe de champions en attente.
La finale approche, l'euphorie peut débuter
L'attente est l'une des pires tortures pour un fan. Arsenal le sait. La finale se jouera à Istanbul le 29 mai. Face au Real Madrid ou à Manchester City, selon le résultat de la deuxième demi-finale. Deux géants. Deux équipes avec les financements, l'expérience, les joueurs. Et pourtant, Arsenal n'arrive pas en invité. Les Gunners arrivent en challenger qui a le droit de rêver.
Saka aura marqué le jour de la qualification. Ce même Saka qui, un an auparavant, tremblait encore sur un terrain. Qui avait besoin de confiance. Qui l'a trouvée sous les ordres d'Arteta. Voilà ce que ça change, un projet cohérent. Voilà ce que ça change, une direction qui croit et qui attend patiemment.
À Madrid, les Gunners ont fermé les portes. Ils ont suffisamment creusé de fossés entre eux et les équipes anglaises ces cinq dernières années pour savoir comment faire. Ils ont suffisamment perdu en Europe pour ne pas gâcher cette chance. La finale approche. Et pour la première fois depuis une génération, Londres peut à nouveau espérer un trophée européen majeur.