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CAN 2027 - le tirage des qualifications redessine les hiérarchies africaines

Par Antoine Moreau··4 min de lecture·Source: Footmercato

Le tirage des qualifications de la CAN 2027 a produit ses premiers gagnants et perdants. Maroc, Algérie et Sénégal respirent, quand la Côte d'Ivoire affrontera un cauchemar de groupes.

CAN 2027 - le tirage des qualifications redessine les hiérarchies africaines

Les dieux du tirage au sort ont parlé, et comme souvent en Afrique, leur verdict ressemble à une sentence qu'on ne conteste pas. Mercredi, le tirage des qualifications pour la Coupe d'Afrique des Nations 2027 a rebattu les cartes du football continental, déjà secoué par les turbulences de la précédente édition en Côte d'Ivoire. Douze mois avant le coup d'envoi au Maroc, on commence déjà à voir se dessiner les chemins qui mèneront à la consécration — ou à la déception.

Quand la géographie devient un avantage tactique

Le Maroc, l'Algérie et le Sénégal ont eu raison de sacrifier un poulet au moment du tirage. Les trois nations nord-africaines et ouest-africaines sortent relativement satisfaites de l'urne, conscientes que dans les qualifications continentales, l'absence de géante dormante dans son groupe est déjà une bénédiction. Le Maroc, notamment, qui traverse une période de reconstruction malgré son statut de pays hôte, a évité la pire des catastrophes : croiser une équipe de la trempe de l'Égypte ou du Cameroun dès la phase de poule.

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Cette clémence relative tient à une arithmétique simple. Les qualifications de la CAN fonctionnent selon un système de groupes où quatre ou cinq nations se battent pour au maximum deux places à la phase finale. C'est essentiellement une course sans filet de sécurité. Quand vous y ajoutez les aléas du calendrier africain, les absences à répétition de joueurs pour cause de coupes continentales, les terrains qui ressemblent parfois à des champs de patates détrempées : chaque tirage devient une question d'existence. Être dans le bon groupe, c'est être à moitié qualifié.

L'Algérie, championne en titre depuis 2019, bénéficie de ce statut de favoris mais aussi d'une certaine bienveillance des urnes. Le Sénégal, lui, qui a longtemps hanté les finales sans jamais les remporter, commence à faire partie des nations qu'on ne surprend plus. Ces trois-là se savent au-dessus du lot et ont reçu un tirage qui ne démentirait pas ce statut.

La Côte d'Ivoire punie pour son insolence de pays hôte

À l'opposé, la Côte d'Ivoire aurait presque des raisons de maudire ce tirage. Le tenant du titre hérite d'un groupe qui tient davantage du purgatoire que du tremplin. Organiser la CAN 2023 et la remporter, c'est le rêve ivoirien réalisé. Mais cela crée aussi des attentes monstrueuses. Et voilà que le tirage leur dessert une campagne de qualifications où chaque match ressemblera à un piège potentiel. L'équipe d'Émile Dièse avait pourtant impressionné en janvier dernier — 5 victoires en 6 matchs, 15 buts marqués pour 2 concédés — mais les qualifications, c'est une autre arithmétique.

Les fédérations africaines savent que le tirage ne s'oublie jamais. Il faut 26 matchs pour que dix nations se qualifient pour la CAN 2027. Le Cameroun a fait ce calcul cent fois. L'Égypte aussi. La Côte d'Ivoire doit maintenant le faire dans les conditions les plus inconfortables. Ce qui semblait acquis en janvier — le statut de nation de référence — devient soudain vulnérable.

Les grandes absentes et les petites révolutions

Le tirage a aussi confirmé une tendance lourde du football africain actuel : la hiérarchie s'aplatit. Il n'y a plus vraiment de géants absolus, juste des équipes qui gagnent pendant quelques années avant de redescendre. Égypto-Camérounnais qui dominaient la première décennie du siècle ont perdu de leur superbe. L'Afrique de l'Ouest, via la Côte d'Ivoire, le Sénégal et le Mali, redessine les contours du pouvoir.

Ce qui frappe aussi, c'est la préparation mentale qu'impose un tirage déséquilibré. Les joueurs le savent : vous ne vous qualifierez pas en jouant beau. Vous vous qualifierez en gagnant des matchs contre des équipes qui vous attendront en bloc bas, avec quatre lignes compactes et cette philosophie du « on verra bien ». Le tirage des qualifications de la CAN est peut-être l'une des épreuves les plus révélatrices de la capacité mentale d'une équipe. Pas de romance ici. Juste du pragmatisme continental.

Pour Maroc et Sénégal, qui visent clairement le titre au Maroc, ces groupes cléments offrent une opportunité en or : démontrer qu'on pèse vraiment sur le football africain sans passer par les affres de matchs éliminatoires contre des nations imprévisibles. Pour la Côte d'Ivoire, c'est l'inverse : un test de réalité avant même d'avoir le droit de défendre son titre. Le football africain s'écrit souvent au moment du tirage au sort.

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