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Militão à nouveau sur le carreau, le Real Madrid face à ses démons

Par Antoine Moreau··4 min de lecture·Source: Footmercato

Eder Militão a été opéré avec succès. Mais c'est toute l'infirmerie du Real Madrid qui inquiète après une énième blessure du défenseur brésilien.

Militão à nouveau sur le carreau, le Real Madrid face à ses démons

Voilà quatre mois que le Real Madrid se demande comment on peut accumuler à ce point les pépins physiques. Eder Militão vient d'être opéré avec succès, jeudi, pour une lésion qui le condamnera à plusieurs semaines d'absence. Le défenseur brésilien de 28 ans ne dérogera pas à la règle — celle de la malédiction blanche cette saison. C'est devenu une habitude chez Carlo Ancelotti : expliquer chaque semaine l'absence d'un cadre, justifier un onze chamboulé, gérer l'exaspération d'une institution habituée à bien mieux.

Regardez les chiffres. Entre septembre et décembre, le Real Madrid a eu plus de joueurs à l'infirmerie que certains clubs n'en ont dans tout leur effectif. Militão lui-même a rarement connu pareille malchance : absent, revenu, re-blessé, puis opéré. C'est un cycle infernal qui contraste violemment avec l'aura du club. Celui qui remporte les Coupes d'Europe, qui gère normalement ses ressources comme aucun autre. Là, c'est la débandade.

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Quand la malédiction frappe à la Casa Blanca

Le paradoxe du Real Madrid 2024-2025, c'est que techniquement, l'équipe est peut-être encore plus forte qu'avant. Kylian Mbappé a enfin débarqué. Vinícius Júnior tourne toujours à haut régime. Les jeunes pousses comme Jude Bellingham consolident leur assise. Et pourtant ? C'est un casse-tête permanent pour trouver des dix de champ.

Militão faisait partie de ces piliers. Pas le plus flamboyant des défenseurs, non, mais fiable. Solide. Le genre de mec sur lequel on construit une base défensive. Son absence, c'est celle d'une certitude. Le Brésilien n'a joué que quelques matchs cette saison avant de rechuter. Une situation qui aurait d'ailleurs mérité une gestion médicale mieux pensée — c'est un débat interne au club qui commence à bruire dans les médias madrilènes. Pourquoi l'avoir réintégré si tôt ? Ancelotti s'est posé la question après le coup.

Ce qui frappe vraiment, c'est l'absence de clarté temporelle. Combien de temps ? Quatre semaines ? Six ? Huit ? Le Real ne communique presque jamais là-dessus. Le club préfère le flou au calendrier précis, ce qui crée une tension permanente chez les supporters comme chez les analystes. On ne sait jamais. C'est une forme de torture très madrilène, d'ailleurs.

Ancelotti jongle avec les absents, mais jusqu'à quand

Carlo Ancelotti a connu pire. C'est un manager qui a traversé les tempêtes. Mais même lui commence à montrer de l'usure — pas physique, émotionnelle. Lors de sa dernière conférence de presse, quelque chose a craqué. Cette résignation face aux questions sur les blessures. Ce ton de quelqu'un qui a expliqué mille fois le même problème.

Le Real Madrid misait sur une profondeur de banc accrue avec les recrutements d'été. Or, quand tu dois mettre des mineurs ou des jeunes qui cherchent encore leurs repères en compétition européenne, la profondeur théorique devient profondeur réelle. C'est là que le bâton se brise. Avec Militão, c'est Antonio Rüdiger et Lucas Vázquez qui doivent tenir. Pas des bleus. Mais l'équilibre de la défense en pâtit. La complémentarité s'en va.

Ancelotti avait dit avant la saison : « Nous avons une équipe pour gagner la Ligue des champions ». C'était sincère. Mais c'était avant que les dieux du football n'en décident autrement. Avant que l'infirmerie ne devienne le vrai cœur du projet. Douze blessés en trois mois, c'est pas une fatalité, c'est un problème structurel. Préparation physique ? Staff médical ? Densité des matchs ? Probablement un peu de tout.

Et si la vraie bataille était ailleurs

Il y a une question que personne n'ose vraiment poser à la Maison Blanche : et si ces blessures à répétition révélaient une équipe légèrement fragmentée ? Mbappé n'a pas les automatismes. Bellingham cherche encore sa place optimale. Vinícius, lui, porte les défenses seul parfois. C'est beaucoup. Trop, même. La charge physique augmente quand la complémentarité baisse.

Militão était un amortisseur. Un de ces joueurs qui permettent à une machine de tourner sans à-coups. Son absence durable crée une instabilité au pire moment. Car oui, le Real Madrid peut continuer. Peut même gagner. Mais ce sera plus coûteux. Plus nerveux. Moins dominateur. Et dans une compétition aussi serrée que la Ligue des champions, ces détails tuent.

La balle est maintenant entre les mains d'Ancelotti et de son staff médical. Faut-il revoir les entraînements ? Faut-il rotationner davantage ? Accepter de rester à flot plutôt que de viser le ciel ? Ces questions vont hanter le Bernabéu jusqu'à janvier, au moins. Militão sera absent. Et le Real Madrid, lui, continuera à exister malgré tout. Mais c'est pas la même chose.

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