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Halilhodzic règle ses comptes avec Kita et le FC Nantes

Par Antoine Moreau··5 min de lecture·Source: Footmercato

Sept ans après son départ fracassant, Vahid Halilhodzic sort du silence et cible directement Waldemar Kita. Un règlement de comptes qui en dit long sur les coulisses nantaises.

Halilhodzic règle ses comptes avec Kita et le FC Nantes

Sept ans. C'est le temps qu'il aura fallu à Vahid Halilhodzic pour revenir publiquement sur son départ du FC Nantes — et visiblement, la plaie n'a pas cicatrisé. Le technicien bosnien, figure incontournable du football des années 2000, n'a pas la langue dans sa poche. Et quand il parle de Waldemar Kita, le président nantais, les mots sont tranchants comme une lame. Pas de diplomatie de façade, pas d'euphémismes polis : Halilhodzic dit ce qu'il pense, comme toujours.

Un divorce dont les séquelles remontent à la surface

Rappelons les faits. En 2019, Halilhodzic quitte le Japon — il venait d'être écarté de la sélection nippone à quelques semaines du Mondial — et revient en Europe avec l'envie de retrouver un banc. Le FC Nantes lui tend la main. Ou plutôt, Waldemar Kita lui tend la main. Ce qui semblait être une résurrection professionnelle se transforme rapidement en guêpier. Les méthodes du président, ses ingérences dans la gestion sportive, ses volte-face permanentes : Halilhodzic supporte, puis n'en peut plus. Le divorce est brutal, prononcé dans un climat délétère. Les deux hommes se quittent sans se serrer la main. Littéralement.

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Ce qui est frappant, dans la prise de parole du Bosnien aujourd'hui, c'est moins le fond — les tensions avec Kita sont une vieille histoire que le milieu du football français connaît par cœur — que la forme. Halilhodzic ne cherche pas à tourner la page. Il choisit de la relire, à voix haute, et d'en souligner chaque passage problématique. Pour lui, visiblement, il y a des vérités qui méritent d'être dites, fût-ce tardivement.

Le FC Nantes, sous Kita, est un cas d'école dans le football français. Depuis l'arrivée du président franco-polonais au début des années 2000, le club de la Loire a connu un nombre de coaches proprement vertigineux. Plus de 25 entraîneurs en vingt ans : le chiffre parle de lui-même. Halilhodzic n'est pas le premier à s'être frotté à ce mur, et il ne sera certainement pas le dernier. Antoine Kombouaré lui-même, pourtant l'homme du maintien miraculeux de 2021, a vécu des relations houleuses avec la direction avant de finalement partir en 2024. La valse des techniciens à la Beaujoire est presque devenue un running gag dans le landerneau du football hexagonal. Sauf que pour ceux qui en font les frais, c'est rarement drôle.

Halilhodzic, lui, cumule les expériences. Après Nantes, il prend les rênes du Maroc, qualifie les Lions de l'Atlas pour la Coupe du monde 2022, puis se fait évincer quelques mois avant le tournoi — remplacé par Walid Regragui, qui emmènera le Maroc en demi-finales. Une autre blessure d'ego. Un autre départ amer. Le Bosnien est un homme qui accumule les ruptures fracassantes, ce qui dit peut-être autant sur lui que sur ses présidents.

  • Plus de 25 entraîneurs au FC Nantes depuis l'arrivée de Waldemar Kita
  • Halilhodzic entraîneur de Nantes en 2019, écarté après seulement quelques mois
  • Le Maroc, qualifié par Halilhodzic pour 2022, a atteint les demi-finales sans lui
  • 7 ans de silence avant cette prise de parole publique sur son passage nantais

Kita dans le viseur, mais une question plus large pour le foot français

Au-delà du cas personnel, la sortie d'Halilhodzic soulève une question que peu de monde ose poser frontalement dans le football professionnel français : jusqu'où un président de club peut-il s'immiscer dans le travail d'un entraîneur sans que cela nuise durablement aux résultats ? La réponse, dans le cas nantais, est documentée par vingt ans de résultats en dents de scie, d'une relégation en 2007 à des sauvetages in extremis, d'un titre de champion de France qui appartient désormais à une autre époque — 2001, soit un an avant l'arrivée de Kita.

Ce n'est pas un hasard si Halilhodzic choisit ce moment précis pour parler. Le FC Nantes traverse une période de turbulences, cherchant à stabiliser son projet sportif dans un championnat de Ligue 1 de plus en plus compétitif. Les rumeurs autour d'un possible changement d'actionnariat reviennent régulièrement. Dans ce contexte, la voix d'un ancien coach qui pointe les dysfonctionnements structurels du club résonne différemment qu'une simple revanche personnelle.

Waldemar Kita, lui, n'a pas répondu publiquement. Son silence est une posture connue. L'homme préfère agir dans l'ombre des couloirs, laisser partir ceux qui gênent, et continuer son chemin comme si les critiques glissaient sur lui. Il a survécu à des crises bien plus violentes que les déclarations d'un ancien coach. Les ultras nantais l'ont conspué, des actionnaires minoritaires l'ont attaqué en justice, des coaches médiatiques ont claqué la porte en faisant du bruit. Kita est toujours là.

Mais les mots d'Halilhodzic ont quand même une résonance particulière. Parce que le Bosnien n'est pas un entraîneur lambda. Il a qualifié l'Algérie pour le Mondial 2014, mené la Côte d'Ivoire, le Maroc, le Japon — des championnats du monde, des Coupes d'Afrique. Son palmarès impose le respect, même quand ses méthodes divisent. Quand un homme de cette stature dit publiquement qu'une collaboration a été toxique, cela pèse.

La vraie question, désormais, est de savoir si ces déclarations auront un impact concret. Sur Kita ? Probablement pas. Sur la perception du FC Nantes auprès des entraîneurs de haut niveau ? Peut-être davantage. Les coachs, entre eux, se parlent. Les réputation des présidents circulent dans les vestiaires et les réunions d'agents bien avant que les contrats ne soient signés. Le club jaune et vert a besoin de reconstruire une crédibilité sportive, et chaque témoignage négatif d'un ancien coach complique un peu plus cette tâche. Halilhodzic n'a peut-être pas tort sur le fond. Mais Nantes, lui, ne peut pas se permettre indéfiniment de solder des comptes avec son passé plutôt que de construire son avenir.

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