Le directeur sportif espagnol met fin à son mandat au club saoudien. Un départ qui intervient dans un contexte de remaniement au sein de la direction générale.
Ramón Planes ferme la porte. Après deux saisons à construire le projet d'Al-Ittihad, le directeur sportif espagnol a décidé de quitter ses fonctions. Selon nos informations, le départ du Catalan devrait être officialisé dans les prochains jours, marquant un tournant majeur pour le club saoudien qui visait l'émergence continentale.
L'arrivée de Planes en 2023 était censée structurer la gouvernance sportive du géant de Djeddah. Avec un CV impressionnant — passé à Barcelone, au Genoa et surtout à Brighton où il avait épaulé Graham Potter dans la révolution tactique des Seagulls — le dirigeant semblait incarner la modernité que recherchait Al-Ittihad. Son objectif affiché : bâtir une équipe capable de rivaliser avec Al-Nassr et Al-Ahli en Arabie Saoudite, puis conquérir l'Asie.
Deux ans de turbulences managériales
L'expérience saoudienne de Planes n'aura finalement pas tenu ses promesses. Sur le terrain, Al-Ittihad a certes remporté la Supercoupe saoudienne en 2024, mais la domination annoncée ne s'est jamais matérialisée. En Championnat, les résultats ont oscillé entre des périodes encourageantes et des passages à vide qui ont alimenté les tensions internes. À la direction, les changements s'accumulent. Le club a connu trois entraîneurs en deux saisons — une instabilité que même les meilleurs responsables sportifs peinvent à surmonter.
L'environnement de travail s'en est ressenti. Entre les attentes irréalistes de l'actionnaire, les décisions rapides qui contredisaient la stratégie long terme et les frictions avec la gouvernance locale, Planes s'est retrouvé écrasé par des forces qui dépassaient ses prérogatives. Plusieurs sources proches du club évoquent un fossé grandissant entre la vision européenne du dirigeant et les méthodes autoritaires du management saoudien.
Le syndrome du mercato sans limites
Planes a hérité — et souvent alimenté — une politique de recrutement massive. Entre 2023 et 2024, Al-Ittihad a investi plus de 400 millions d'euros en transferts. Des arrivées prestigieuses : Cristiano Ronaldo, Benzema brièvement, Kalimuendo, Jota. Sur le papier, de quoi créer un collectif redoutable. Dans la réalité, l'alchimie n'a jamais fonctionné.
Ce décalage entre le budget dépensé et les résultats obtenus pèse lourdement sur les épaules d'un directeur sportif. Planes ne pouvait pas tout contrôler — notamment les choix techniques des coachs ou les dynamiques vestiaires. Mais il portait responsabilité du profiling des joueurs et de la cohérence du projet. Quand vous recrutez pour 80 millions d'euros en attaquants et que votre équipe concède 40 buts en une saison, quelque chose cloche. Les critiques se sont multipliées. La confiance s'est effilochée.
Un départ qui n'étonne personne
À Al-Ittihad, on savait depuis des semaines que la situation de Planes était fragile. Les échanges avec la gouvernance étaient devenus formels, presque froids. Plusieurs cadres du club ont envisagé leur propre départ, sentant que le vent tournait. Cette démission volontaire — car c'en est une — épargne à Planes un possible limogeage qui aurait endommagé son image dans l'industrie.
Son avenir professionnel reste à écrire. À 46 ans, Planes possède encore de belles années devant lui. Son réseau en Europe reste solide, et ses capacités de travail ne sont pas remises en question — c'est le contexte saoudien qui l'aura étouffé. D'autres clubs européens pourraient l'intéresser. Brighton le regarde-t-il avec nostalgie ? C'est possible. Mais pour l'instant, le marché des directeurs sportifs attend de voir où se posera le Catalan.
Pour Al-Ittihad, ce départ ouvre un chapitre nouveau. Le club devra mener une réflexion profonde sur sa stratégie. Continuer à faire pleuvoir l'argent sans cohérence collective ? Ou enfin structurer un projet avec des fondations solides. Planes part avec ses questions sans réponses. À Riyad maintenant de trouver les solutions.