Remplacé à la 89e minute contre Al-Ettifaq, Cristiano Ronaldo a été pris de vomissements dans les vestiaires. Son état de santé inquiète à Al-Nassr.
Quatre-vingt-neuf minutes sur le terrain, puis un malaise dans les vestiaires. Cristiano Ronaldo a vécu une soirée cauchemardesque ce mercredi lors du match de Saudi Pro League opposant Al-Nassr à Al-Ettifaq. Titulaire, le quintuple Ballon d'Or a été sorti par son entraîneur Jorge Jesus à une minute du coup de sifflet final — un choix qui a d'abord surpris, avant que la réalité médicale ne s'impose. Dans les vestiaires, CR7 a vomi. L'information, révélée dans les heures suivant la rencontre, jette une ombre inquiétante sur l'état physique du Portugais.
Une sortie à la 89e qui cache bien plus qu'une décision tactique
Sur le coup, personne ne comprend vraiment le choix de Jorge Jesus. Remplacer Cristiano Ronaldo à 89 minutes, dans un match à enjeu en Saudi Pro League, ça ne ressemble pas à une rotation banale. Le technicien portugais, pourtant habitué à gérer les ego et les cas particuliers depuis ses années à Benfica, au Flamengo ou à Al-Hilal, n'est pas homme à prendre ce genre de décision sans raison solide. Et pour cause : il l'avait vu. Ronaldo n'allait pas bien sur le terrain, le corps qui lâche, la machine qui grince.
La suite confirme les pires craintes du staff. À peine rentré aux vestiaires, Ronaldo a vomi. Les détails exacts sur la nature du malaise restent encore flous, mais l'image est là, brutale. Le joueur le plus suivi de la planète sur les réseaux sociaux — avec plus de 600 millions d'abonnés sur Instagram — souffre, loin des caméras. Al-Nassr n'a pas communiqué officiellement sur son état, ce silence pesant tout autant que les révélations elles-mêmes.
Ce type d'épisode n'est pas anodin à 39 ans. Le corps d'un footballeur professionnel, même entretenu avec une rigueur quasi militaire comme celui de CR7, a ses limites. La chaleur saoudienne, l'enchaînement des matches, la pression d'une saison où Al-Nassr n'a toujours pas réussi à s'emparer du titre de Saudi Pro League — tout cela finit par peser.
Le corps d'un phénomène soumis à rude épreuve depuis son arrivée en Arabie
Depuis son transfert à Al-Nassr en janvier 2023, Cristiano Ronaldo a tout donné pour s'imposer comme la locomotive d'une Saudi Pro League en pleine explosion médiatique. Les chiffres sont là pour en témoigner : plus de 50 buts inscrits en championnat saoudien en l'espace de deux saisons, des performances qui feraient rougir bien des joueurs de dix ans son cadet. Mais le rythme imposé est colossal.
Jorge Jesus, arrivé sur le banc d'Al-Nassr avec la réputation d'un entraîneur exigeant et tactiquement affûté, a souvent compté sur son numéro 7 pour porter l'équipe. Peut-être trop. Car si Ronaldo est le premier à refuser de sortir, à réclamer du temps de jeu, à s'entraîner plus dur que tout le monde, son corps, lui, commence à envoyer des signaux. Des alertes musculaires en début de saison, une gestion minutieuse de son calendrier par le staff médical, et maintenant cet épisode contre Al-Ettifaq.
Le contexte compte aussi. La Saudi Pro League vit une phase de compression du calendrier, avec des matches qui s'enchaînent à un rythme soutenu pour les équipes encore en course pour les titres et les qualifications continentales. Al-Nassr, engagé sur plusieurs fronts, ne peut pas vraiment se permettre de ménager son joueur le plus bankable. Chaque apparition de Ronaldo représente un événement commercial autant qu'un fait sportif — les droits TV, les sponsors, l'affluence dans les stades, tout est indexé sur sa présence.
Quelles conséquences pour Al-Nassr dans le sprint final de la saison
La question qui brûle les lèvres dans les couloirs du club saoudien est simple : Ronaldo sera-t-il disponible pour les prochaines échéances ? Al-Nassr reste dans la course en Saudi Pro League, et chaque point perdu pourrait s'avérer fatal. Sans leur buteur providentiel, les hommes de Jorge Jesus perdent une dimension offensive que personne dans l'effectif n'est capable de compenser à ce niveau.
L'entraîneur portugais va devoir trancher. Protéger Ronaldo au risque de fragiliser les résultats à court terme, ou continuer à l'aligner en espérant que le malaise d'Al-Ettifaq ne soit qu'un accident de parcours ? La gestion des grands joueurs en fin de carrière, c'est souvent là que se joue la réputation d'un coach. Jesus le sait mieux que quiconque.
Du côté de Ronaldo, on imagine sans peine la frustration. Lui qui a fait de sa longévité un argument de communication permanente, qui poste chaque semaine des vidéos de ses séances de musculation à des heures impossibles, qui répète en boucle que la retraite n'est pas pour tout de suite — voir son corps le trahir en plein match, c'est une blessure d'orgueil autant qu'une alerte physique. À 39 ans, chaque épisode de ce type prend une résonance particulière, qu'il le veuille ou non.
Les médecins d'Al-Nassr vont évaluer son état dans les prochaines heures et les prochains jours. Les premières informations ne font pas état d'une blessure grave, mais les vomissements post-match peuvent traduire aussi bien une hypoglycémie sévère qu'un problème de déshydratation ou une fatigue accumulée profonde. Autant de pistes qui méritent un bilan sérieux avant toute reprise de l'entraînement collectif.
Une chose est certaine : l'épisode contre Al-Ettifaq ne restera pas sans suite. Que Ronaldo revienne sur les pelouses saoudiennes dans quelques jours avec la même rage de vaincre qui l'a toujours caractérisé, ou que son staff décide enfin de lui imposer une trêve — les semaines à venir diront beaucoup sur la suite de son aventure à Al-Nassr, et peut-être, en filigrane, sur la dernière ligne droite d'une carrière hors norme. Le feuilleton ne fait que commencer.