Dominant face au Panama (5-1), la Seleção de Carlo Ancelotti teste ses automatismes avant 2026. Vinicius Jr brille et rassure.
Le Brésil n'a pas traîné. Dimanche soir, face au Panama, la Seleção a livré un premier acte de force qui dit clairement ses intentions : cinq buts sans en concéder qu'un, un contrôle du jeu sans partage, des mouvements offensifs fluides. Voilà ce qu'on retient de cette victoire qui ressemble déjà à une déclaration d'intention avant la Coupe du Monde 2026.
Mais le vrai coup de projecteur, c'est Vinicius Jr qui l'a capté. L'ailier du Real Madrid a joué comme il sait le faire quand tout tourne à son avantage : rapide, dribbleur, décisif. Il y a eu ce débordement qui casse les lignes panaméennes, cette accélération qui fait oublier les défenseurs, et puis cette science du jeu qui commence à peine à éclore chez un joueur de 24 ans. Voilà le genre de performance qui met de l'huile dans la machine de Carlo Ancelotti, quelques semaines seulement après la reprise du groupe.
Parce qu'il ne faut pas s'y tromper : ce match amical n'est pas anecdotique. C'est le premier test grandeur nature pour les Brésiliens, à 18 mois de la compétition majeure. Ancelotti doit affiner, assembler, créer de la cohésion. Et dimanche, il a vu ce qu'il voulait voir.
Ancelotti valide son premier brouillon offensif
Quand on nomme Carlo Ancelotti sélectionneur du Brésil, on sait ce qu'on achète : de l'expérience, de la maîtrise tactique, la capacité à gérer les stars sans les écraser sous un autoritarisme rigide. Dimanche, contre Panama, le technicien italien a eu besoin de vérifier quelques équations. Première conclusion : ses hommes répondent à l'appel.
Le Brésil a joué avec une pressing en deux temps, un contrôle du milieu qui semble épais, et surtout cette fluidité offensive que les meilleures équipes brésiliennes ont toujours eue. Les passes décisives ont circulé, les appels de balle ont trouvé preneur, et cette belle asymétrie entre le flanc gauche dominé par Vinicius Jr et les incursions de l'aile droite. C'est encore brouillon, bien sûr, mais le fondement est solide.
Ancelotti verra aussi les failles. Panama n'a rien offert, c'est vrai. Mais il y a des séquences où la Seleção s'est montrée plus permissive en deuxième ligne, des moments où il y a eu du flottement défensif. Des choses à peaufiner. Des choses qui deviendront cruciales contre France, Argentine ou Allemagne en 2026.
Vinicius Jr, lui, a livré une partition qui rassure. Pas de folie, pas d'excentricité inutile. Juste du football moderne, efficace, avec cette aura que possèdent les meilleurs : quand il accélère, la défense adverse régresse. Quand il dribble, il crée de l'espace pour les autres. C'est cet équilibre entre l'explosivité personnelle et le service collectif que cherchent les sélectionneurs.
Le Brésil se refait une beauté avant la route vers 2026
Les amicaux de préparation ressemblent souvent à des exercices de style. Mais celui-ci s'inscrit dans un calendrier pré-mondial très particulier. La Seleção a dû patienter, reconstruire après des années de tensions internes, de résultats inégaux, de questions sur l'identité du collectif. Copa América 2024 reste encore un souvenir douloureux, avec cette élimination face à l'Uruguay qui a secoué le Brésil de fond en comble.
Ancelotti arrive alors que le pays a besoin de réinvention. Pas révolution, réinvention. Parce que le Brésil reste le Brésil. Il possède un réservoir de talents inépuisable : Vinicius Jr, bien sûr, mais aussi Rodrygo, Endrick qui arrive en Europe, Neymar (blessé pour l'instant), Vinícius (junior et senior). Même les défenseurs, même les milieux de terrain commencent à avoir de la consistance.
Cette victoire 5-1 contre Panama, c'est une première respiration. Pas la victoire finale, loin s'en faut. Juste la preuve que quand on assemble les pièces correctement, quand on entraîne avec méthode, quand on dispose d'un groupe qui répond à l'appel, les choses commencent à devenir possibles. Sur 18 mois encore avant le Mondial 2026, il y a mille détails à fignoler, mille adversaires à affronter, des résultats qui seront serrés et d'autres qui seront des déroutes.
Mais dimanche soir, face à Panama, Ancelotti a montré qu'il savait où diriger le navire. Et Vinicius Jr a rappelé qu'il était parmi les hommes à qui il fallait confier la barre.
Une route semée d'embûches avant le Mexique 2026
Le calendrier brésilien entre ici et la Coupe du Monde sera chargé. Qualifications aux barrages pour la plupart des compétitions continentales, amicaux contre les cadors européens, ajustements constants. C'est dans cette friction qu'on forge les vraies équipes.
Panama, c'était donc un test de confort, un adversaire sans venin. Les vrais examens arrivent. Quand le Brésil affrontera France ou Allemagne en phase de préparation finale, c'est là qu'on saura si cette base construite dimanche soir résistera aux vrais coups du quotidien.
Pour Vinicius Jr, cette victoire et sa performance personnel constituent aussi un message personnel. À 24 ans, au Real Madrid depuis 2018, il entre enfin dans sa vraie dimension de patron. Le Ballon d'Or a échappé ses doigts l'automne dernier, mais sur les terrains internationaux, il accumule les preuves qu'il est capable de rendre le collectif meilleur. Face au Panama, il l'a montré. Il devra le montrer 50 fois encore d'ici à juillet 2026.
Le Brésil de Ancelotti commence à prendre forme. Pas fini, loin d'être parfait, mais en marche. Et ça, c'est déjà une nouvelle qui vaut le coup d'être soulignée pour tous les observateurs du football mondial.