Le Brésilien forfait samedi au Bernabéu pour le dernier match de la saison. Carvajal vivra son ultime soirée sans son ailier de choc.
Coup dur pour le Real Madrid en cette fin de saison. Vinicius Jr ne sera pas du voyage samedi soir au Santiago-Bernabéu pour le dernier acte contre l'Athletic Bilbao. L'ailier brésilien, artisan majeur du sacre en Ligue des champions il y a quinze jours, manquera donc l'occasion de célébrer ses exploits une dernière fois avant les repos estivaux.
Qu'est-ce qui explique l'absence du Brésilien ?
Les Merengues gèrent cette fin de saison avec prudence. Vinicius Jr souffre de petits pépins musculaires qui, à ce stade de la campagne, justifient un repos préventif. Carlo Ancelotti n'a pas pris le risque de forcer un élément aussi précieux sur une rencontre devenue accessoire après le triomphe continental. Avec 35 buts et 16 passes décisives en 55 apparitions cette saison, le natif de Belford Roxford sort d'une campagne herculéenne.
Ancelotti doit aussi penser à la trêve. À 24 ans, Vinicius Jr représente l'avenir du club autant que son présent étincelant. Quelques jours de repos supplémentaires valent mieux qu'un risque inutile. Les calendriers madrilènes, enflammés par la Champions League, laissent peu de respiration. Le Brésilien aura largement le temps de se montrer dès août, quand reprendra le championnat espagnol.
L'infirmerie merengue a déjà donné du fil à retordre aux Madrilènes. Entre les pépins de Vinicius Jr, Rodrygo et autres blessés de longue date, Carlo Ancelotti jongle depuis des semaines avec un effectif fragmenté. Cette dernière journée ressemble à l'occasion idéale de laisser souffler ses cadres.
Pourquoi ce match face à Bilbao devient symbolique malgré tout ?
Samedi revêt une dimension émotionnelle majeure au-delà du résultat sportif. Dani Carvajal, l'icône du club depuis 2012, disputera sa dernière rencontre au Bernabéu. Le latéral droit espagnol, 32 ans, une légende de la Maison-Blanche, mérite un adieu en grande pompe. Près de quatre-cents matches, treize titres, dont six Coupes d'Europe : Carvajal a gravé son nom au panthéon merengue.
Le Santiago-Bernabéu lui réservera un hommage comme seul ce stade sait le faire. Une haie d'honneur. Des applaudissements. Peut-être un tour d'honneur. Carvajal quittera le terrain en héros, même si l'effectif madrilène sera affaibli. Vinicius Jr aurait été l'allié idéal pour donner du spectacle lors de cette soirée d'adieu. Son absence éclaire justement les priorités claires d'Ancelotti : gérer l'effectif sur le long terme, quitte à sacrifier une dernière journée.
L'Athletic Bilbao, renforcé par un parcours respectable cette saison, ne sera pas un adversaire à sous-estimer. Mais le Real Madrid possède les ressources pour passer ce dernier test sans son ailier star. Miguel Gutiérrez ou Rodrygo pourront suppléer un Vinicius Jr en repos bien mérité.
Que nous dit ce choix sur les ambitions madrilènes pour 2024-2025 ?
Ancelotti trace la route avec clarté. Le Real Madrid regarde déjà vers demain. Gagner la Liga n'est plus prioritaire quand la Ligue des champions figure déjà dans les vitrines. Les Madrilènes ont accumulé leurs trophées, sécurisé leur statut, et maintenant ils construisent à long terme. Vinicius Jr incarne cette stratégie : préserver les talents, ménager les corps, ne pas s'user sur des rendez-vous mineurs.
Ce repos samedi au Bernabéu n'est qu'un avant-goût. L'intersaison sera chargée pour le Real Madrid. Les questions mercato vont pleuvoir. Les rumeurs sur Mbappé persisteront ou se concrétiseront. Les renforts défensifs seront débattus. Vinicius Jr, préservé et frais, arrivera dans ce grand marché en excellente condition physique et mentale. Cela n'a rien d'anodin.
Une dernière chose résonne avec élégance dans cette histoire : alors que Carvajal ferme un chapitre, Vinicius Jr, lui, l'écrit encore. Le Brésilien aura d'innombrables occasions de briller au Bernabéu. Samedi, c'est juste un match. Pour le défenseur castillan, c'est l'histoire entière d'une vie en blanc et bleu qui se termine. Ancelotti l'a compris. Vinicius Jr peut attendre. Carvajal, jamais.