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Football

Montanier dans la tourmente à Saint-Étienne après le fiasco de Rodez

Par Thomas Durand··5 min de lecture·Source: Footmercato

Après le 0-3 contre Troyes, l'ASSE s'effondre à domicile face à Rodez. Les supporters montent au créneau contre Philippe Montanier, dont la cote d'amour s'effondre.

Montanier dans la tourmente à Saint-Étienne après le fiasco de Rodez

Saint-Étienne n'en peut plus. Après s'être fait étriller par Troyes (0-3) il y a une semaine, les Verts ont récidivé samedi soir en s'inclinant contre Rodez, une équipe censée servir de faire-valoir dans la hiérarchie de Ligue 2. Le scénario était pourtant programmé : Geoffroy-Guichard plein, une formation de l'Aveyron en quête de stabilité, une occasion en or de redresser la barre. Rien n'y a fait. Montanier s'est cassé les dents sur une équipe qui n'a jamais tremblé, et les supporters stéphanois ont transformé leur déception en colère directe.

Depuis les tribunes, on ne parlait plus de football. On vocalisait la rage d'une ville qui attendait depuis des années le retour à la lumière et qui découvre, semaine après semaine, que le temps passé en Ligue 2 ressemble moins à une parenthèse qu'à une malédiction. Philippe Montanier, devenu symbole de cette impuissance collective, s'est retrouvé pris à partie. Les critiques n'étaient pas adressées qu'à l'entraîneur alsacien : elles visaient aussi une stratégie de recrutement devenue incompréhensible, un effectif qui ne ressemble à rien, des choix tactiques qui semblent improviser au lieu d'impulser une direction.

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Quand le vestiaire stéphanois vire au désastre

Il n'y a pas si longtemps, Saint-Étienne incarnait l'ordre, la discipline, une structure féodale où le coach parlait et le groupe obéissait. Montanier a hérité d'une institution avec ses codes, ses fantasmes collectifs, ses exigences invisibles mais écrasantes. Arrivé avec la responsabilité de ramener le monument au premier étage, l'ancien technicien de Rennes et Lorient a découvert un groupe divisé, une identité diluée et une pression atmosphérique que seuls les clubs de très haut niveau comprennent vraiment.

La débâcle contre Troyes avait déjà envoyé des signaux d'alerte. Trois buts encaissés à domicile, c'est une insulte à Geoffroy-Guichard. Mais on pouvait encore croire à un accident de parcours, une mauvaise soirée, de celles qui arrivent à tout le monde. Samedi contre Rodez, il n'y a eu aucune réaction, aucun sursaut d'orgueil. Juste une équipe qui trottine, qui exécute des schémas sans conviction, où les automatismes ne se déclenchent pas. Les statistiques de possession du ballon sont flatteuses : elles cachent une profonde incapacité à transformer la domination territoriale en créativité offensive.

Ce qui terrifie les décideurs stéphanois, c'est que le mal semble structurel, pas circonstanciel. On n'accumule pas 0-3 et défaite contre Rodez parce qu'on a manqué de sommeil ou parce qu'il y a eu trois forfaits l'avant-veille. On les accumule parce qu'il y a quelque chose qui ne fonctionne pas dans le moteur.

Montanier à la croisée des chemins

Avant Rodez, Montanier pouvait encore invoquer l'effet nouveau, l'adaptation progressive, la nécessité de temps pour installer sa patte tactique. Tous les coachs disposent de cet argument de la patience. Mais il y a une limite à cette indulgence. À partir du moment où les spectateurs te montrent du doigt, où les réseaux sociaux demandent ouvertement ton éviction, où les supporteurs—pas les trolls, mais les vrais, les abonnés, les historiques—commencent à exprimer leur doute, le compte à rebours change de nature.

L'ironie du drame stéphanois, c'est qu'il n'a jamais manqué d'argent pour construire une équipe compétitive. Le budget de Saint-Étienne en Ligue 2 avoisine les 15-20 millions d'euros annuels, soit l'un des plus importants de la division. Quand on voit le résultat sportif, on est obligé de se demander où sont partis ces investissements. Montanier peut crier que le groupe donne tout en entraînement, que le travail est de qualité en sessions vidéo. Mais le dimanche soir, sur le terrain, les chiffres parlent. Et les chiffres disent : instabilité défensive, absence totale de création, apathie générale.

L'entraîneur de 61 ans a remporté des titres avant (Ligue 2 avec Nancy en 2005). Il a aussi fait ses preuves dans le catastrophe management. Mais Saint-Étienne n'est pas un club où les cadres techniques ont le luxe d'une longue période de latence. La pression monte exponentiellement à chaque mauvais résultat. Et elle monte vite.

Le piège du collectif dysfonctionne

Regarder l'ASSE de près, c'est découvrir un effectif sans colonne vertébrale. Des joueurs certes respectables individuellement, mais incapables de former un ensemble cohérent. Montanier a essayé différentes formules tactiques. Rien ne prend. Ce qui se dessine, c'est l'image d'un coach qui navigue à vue, qui n'a pas encore trouvé la clé du problème ou qui doit se résoudre à accepter une vérité : avec ce groupe, peut-être que le plafond est là. Peut-être que ce collectif, tel qu'il est construit, ne remonte pas.

Les supporters qui ont pris Montanier à partie samedi soir n'avaient pas tort. Ils n'avaient juste pas peur du résultat : ils avaient peur de l'avenir. Car si ce qui s'est passé contre Rodez s'agrémente encore de quelques débâcles similaires, on ne parlera plus de transition mais d'enlisement. Et un enlisement à Saint-Étienne, c'est une situation intenable pour n'importe quel entraîneur.

Montanier doit urgently inverser la vapeur. Pas à moyen terme. Immédiatement. La prochaine rencontre sera un test irremplaçable. Les Verts n'ont plus de marge d'erreur. Aucune.

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