Trois ans d'absence, une seule mi-temps... Paul Pogba a marqué son retour en tant que titulaire face à Metz. Les Monégasques ont remporté le match 2-1.
Trois ans, trois mois et vingt-deux jours. C'est le temps qu'il a fallu attendre pour revoir Paul Pogba débuter une rencontre officielle, le brassard monégasque bien visible sur son bras. Face à Metz, mercredi soir, le milieu de terrain français a enfin foulé le terrain en tant que titulaire. Et si l'aventure n'a duré qu'une première période, le résultat global penche du bon côté : Monaco s'impose 2-1 en Lorraine.
Le fantasme devient réalité
Depuis son arrivée à Monaco en septembre 2023, Pogba restait une figure spectrale. Les blessures, puis la suspension liée à sa condamnation dans l'affaire de tentative d'extorsion, avaient transformé le champion du monde 2018 en énigme. Les supporters attendaient, les dirigeants espéraient, et Adi Hütter, le nouvel entraîneur autrichien, savait qu'il tenait là une pièce maîtresse à assembler.
Mercredi, ce moment tant attendu s'est enfin produit. Pogba a débuté au centre du terrain monégasque, associé à ses coéquipiers dans un schéma pensé pour le valoriser. Soixante minutes de présence sur le terrain, c'est peu, c'est fragmenté, mais c'est déjà une déclaration d'intention. Le club de la Principauté n'a pas attendu 90 minutes de performance XXL ; il a simplement laissé son numéro 6 reprendre pied dans le rythme compétitif, loin de l'isolement des tribunes ou de l'infirmerie.
Physiquement, l'impression générale semblait positive. Pogba a participé aux deux victoires qui ont forgé le succès final. Techniquement, quelques imprécisions attendues pour une première titularisation après une si longue absence. Mais aucune défaillance majeure, aucun moment où l'on s'est dit que le projet Monaco-Pogba était déjà mort avant d'avoir vraiment vécu.
Des débuts en surdose de symbolique
Le contexte du retour de Pogba à la compétition méritait mieux qu'un simple match de Ligue 1. Son absence a duré si longtemps qu'elle s'était transformée en mythe négatif. À Manchester United, ses derniers mois avaient été tachés par les critiques, les blessures chroniques, l'impression diffuse qu'il ne resterait plus rien du milieu box-to-box capable de dominer une midfield de Premier League.
La Juventus l'avait déjà rappelé à l'ordre : ses années turinoises, bien qu'intelligemment jouées, n'avaient pas répliqué la magie du Pogba du PSG des années 2010. Et puis vint cette affaire judiciaire qui le coupa du monde pour des mois. Monaco a cru au projet, a signé le joueur sur une base précaire, a patienté.
Hütter n'est pas un entraîneur qui aime les mièvreries. Depuis son arrivée à la tête des Monégasques en juin dernier, l'Autrichien a imposé une rigueur tactique sans artifices. Que Pogba débute contre Metz signifie simplement ceci : le coach l'estime prêt. Pas prêt à dominer la Ligue 1, mais prêt à participer. Une nuance importante dans un championnat où la compétition pour les places de Ligue des champions se joue souvent à peu de chose.
Trois jours plus tôt, l'équipe monégasque s'était imposée 2-0 à Nantes. Avec cette victoire à Metz, Monaco enchaîne et se projette doucement vers les sommets. Pogba n'est pas le sauveur, pas encore. Mais il devient progressivement un élément du puzzle.
L'illusion d'une saison nouvelle
Reste la question qui taraude tous les observateurs : ce retour va-t-il tenir ses promesses ? Pogba sera-t-il capable de multiplier les titularisations sans que les blessures ne le rattrapent ? À 31 ans, le temps joue contre lui. Il n'a pas le luxe du jeune joueur qui peut rater quelques mois et espérer se recalibrer. Chaque match compte.
Monaco, pour sa part, joue la stabilité. Avec douze recrues l'été dernier, le projet était de bâtir une équipe capable de rivaliser rapidement. Hütter s'emploie à tisser les liens entre ces éléments disparates. Pogba, si sa présence devient régulière, pourrait catalyser cette alchimie. Un capitaine tacite au centre du terrain, capable de lire les espaces et d'épurer le jeu en période difficile.
Mercredi soir, face à une Lorraine appliquée mais pas menaçante, Pogba a évité les pièges. Pas de gestes inutiles, pas d'ambitions démesurées. Juste du football solide, le genre qui gagne des matchs sans avoir besoin de sortir la baguette magique. Pour un comeback, c'est déjà respectable. Pour la suite, les vraies réponses arriveront contre les mastodontes de la division. PSG, Marseille, Lille, Lyon. Là, on saura si le Pogba de Monaco a vraiment quelque chose à offrir ou s'il restera le fantôme des trois dernières années.
Hütter a créé l'espace. À Pogba de le remplir.