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Football

Griezmann et l'Atlético, une fin de conte qui tourne au drame

Par Thomas Durand··5 min de lecture·Source: Footmercato

Battu aux tirs au but en finale de Coupe du Roi face à la Real Sociedad, Griezmann quitte l'Atlético sur une nouvelle blessure collective.

Griezmann et l'Atlético, une fin de conte qui tourne au drame

Il y a des défaites qui ressemblent à des sentences. Celle subie hier soir au stade de La Cartuja de Séville, lors de la finale de la Copa del Rey opposant l'Atlético de Madrid à la Real Sociedad, porte cette marque particulière des soirées qui font mal longtemps. Score nul 2-2 après prolongation, puis défaite 3-4 aux tirs au but : Antoine Griezmann referme ainsi son chapitre madrilène sur une image qu'il n'avait certes pas choisie, celle d'un grand joueur quitté par la fortune au pire des moments. Pour l'un des attaquants français les plus titrés de sa génération, c'est une cruelle ironie de l'histoire.

Quand la légende se heurte à la malédiction des grands soirs

Difficile de ne pas sentir le poids des symboles ce mercredi soir en Andalousie. Griezmann, 33 ans, qui avait fait de l'Atlético de Madrid la maison de sa carrière — deux périodes confondues, plus de 300 matchs joués sous les couleurs rouge et blanc — ne pouvait espérer plus belle scène d'adieu qu'une finale nationale. La réalité a été plus cruelle que le scénario.

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La Real Sociedad, club basque solide et ambitieux, a résisté à toutes les tentatives colchoneras. Le match s'est joué dans les ultimes instants réglementaires, puis dans la froide mécanique des penaltys, là où les destins basculent sur quelques centimètres. L'Atlético a manqué l'essentiel dans cet exercice, et Griezmann, une fois encore, a vu la coupe lui passer sous le nez sans pouvoir l'attraper.

Ce n'est pas la première fois. La carrière internationale et clubiste de l'enfant de Mâcon est jalonnée de finales perdues qui auraient pu tout changer : l'Euro 2016 à domicile face au Portugal, la Ligue des champions 2016 contre le Real Madrid, puis celle de 2022 avec l'Atlético... La liste est longue, et elle dit quelque chose d'une génération de joueurs brillants qui ont souvent manqué la marche ultime. Statistiquement, cette défaite en Coupe du Roi est la cinquième finale perdue de sa carrière sur les scènes majeures — un chiffre qui résume à lui seul l'ambivalence d'un palmarès pourtant considérable.

L'Atlético perd bien plus qu'un trophée

Pour le club de Diego Pablo Simeone, la soirée dépasse la simple désillusion sportive. L'Atlético traverse depuis quelques saisons une période de transition délicate, coincé entre l'héritage d'une époque dorée — deux titres de Liga, deux finales de Ligue des champions en l'espace de quatre ans — et la nécessité de se réinventer dans un paysage économique du football espagnol profondément déséquilibré. Le budget opérationnel du club tourne autour de 350 millions d'euros annuels, soit un écart considérable avec les mastodontes barcelonais et madrilène. Remporter cette Coupe du Roi aurait représenté bien plus qu'une ligne sur un palmarès : un signal, une bouffée d'oxygène symbolique.

Simeone, lui, reste. L'entraîneur argentin, fidèle à son poste depuis janvier 2012, a traversé mille tempêtes et en a surmonté l'essentiel. Mais le départ annoncé de Griezmann ouvre une question structurelle à laquelle le Cholo devra répondre dès cet été. Qui, dans l'effectif actuel ou sur le marché, peut assumer le rôle d'un joueur capable de marquer plus de 150 buts sous le maillot colchonero, de redescendre défendre sur corner, et d'incarner à lui seul l'identité du projet ? La réponse n'existe probablement pas encore.

La Real Sociedad, de son côté, soulève une coupe méritée. Imanol Alguacil a construit au fil des années un collectif cohérent, fondé sur la formation et l'identité basque, qui rappelle que le football espagnol ne se résume pas à deux clubs et leurs galaxies financières. Avec un budget dix fois inférieur à celui du Barça, les Txuri-urdin ont su construire une équipe capable de battre les grandes formations sur les grands rendez-vous — une leçon de modèle économique que beaucoup de directions générales européennes feraient bien de méditer.

Griezmann après Madrid, le chapitre le plus incertain

Que devient Antoine Griezmann après l'Atlético ? La question était dans l'air depuis plusieurs mois, et cette défaite en finale n'a fait que précipiter une réalité déjà actée en coulisses. Les pistes évoquées depuis le début de l'année mènent vers la Major League Soccer, où le championnat américain continue son offensive de séduction auprès des stars européennes vieillissantes mais bankables. D'autres options existent, moins médiatisées, du côté de ligues émergentes ou d'un retour hypothétique en Ligue 1 que les clubs français, structurellement incapables de financer un tel profil, ne pourront probablement pas concrétiser.

Ce qui est certain, en revanche, c'est que Griezmann quitte l'Espagne avec une stature intacte aux yeux des supporters. Malgré les blessures de parcours — son départ raté au FC Barcelone, le feuilleton de sa clause libératoire, les tensions contractuelles — il reste l'un des joueurs les plus respectés du football espagnol moderne. Un joueur de l'effort autant que du talent, ce qui est rare au niveau où il a évolué.

La finale perdue de Séville ne doit pas effacer ce que fut cette aventure. Mais elle en colore la fin d'une teinte mélancolique que nul ne souhaitait. Dans quelques semaines, quand les projecteurs se seront déplacés vers d'autres théâtres, Griezmann devra écrire la suite ailleurs. Et l'Atlético, lui, devra apprendre à exister sans lui — ce qui, depuis douze ans, n'est pas si simple.

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