Álex Baena comprend les ambitions de Julián Álvarez. Le milieu offensif de l'Atlético ne cache pas que son coéquipier argentin peut viser plus haut.
Álex Baena n'a pas cherché à retenir son coéquipier. Interrogé par la radio COPE, le milieu offensif de l'Atlético de Madrid a ouvert la porte à un départ de Julián Álvarez, reconnaissant sans détour que l'attaquant argentin possède le calibre pour jouer ailleurs, dans un club de plus haute volée. Une prise de parole rare d'un joueur face à la possible hémorragie de son équipe.
Baena donne raison à Álvarez sans le dire tout haut
Depuis son arrivée à Madrid en janvier 2022 en provenance de River Plate, Julián Álvarez a marqué 35 buts en 105 matchs sous les couleurs rojiblanches. Des chiffres solides, une trajectoire ascendante. Mais quelque part, dans les corridors du Wanda Metropolitano, tout le monde pressent que le gaucher de 24 ans peut basculer vers un étage supérieur. Manchester City l'avait d'ailleurs bien compris lors de son acquisition en janvier 2022 avant de le revendre immédiatement à Madrid.
Álex Baena, lui, ne joue pas au manager frustré qui clame qu'on lui vole ses joueurs. Non. Le milieu offensif catalan, qui a lui-même goûté aux sirènes de l'Europe cet été avant de rester, se montre lucide : Álvarez a faim de quelque chose de différent. Cette compréhension mutuelle entre coéquipiers parle d'une maturité rare dans les vestiaires modernes. Baena sait que perdre Álvarez, c'est affaiblir l'Atlético, mais il sait aussi que retenir de force un joueur de cette trempe ne mène nulle part.
La question devient dès lors : qui frappera à la porte du Metropolitano pour l'international argentin ? Les gros poissons anglais et italiens sont déjà en alerte. Paris aussi regarde dans cette direction. Atlético se prépare mentalement à vendre, et Baena en est l'ambassadeur involontaire.
Madrid à la croisée des chemins : vendre ou construire autour
L'Atlético traverse une période charnière. Depuis le départ d'Antonio Griezmann en 2020, le club madrilène a du mal à transformer ses talents en succès européen. Diego Simeone, après 13 ans à la barre, n'a pas remporté de Ligue des champions. Les deux titres en Liga (2014 et 2021) restent gravés, mais l'Europe demeure une forteresse inabordable malgré les 10 millions de revenus générés chaque saison par la compétition reine.
Vendre Álvarez rapporterait au club entre 60 et 80 millions d'euros, une belle manne pour se renforcer ailleurs. Mais à quel prix ? Cette équipe, privée de Luis Suárez et de João Félix, ne peut se permettre de perdre encore du sang. Baena le sait. Et son attitude envers Álvarez révèle peut-être une fracture silencieuse : cette Atlético des années 2020 accumule les déceptions là où elle devrait progresser.
L'international catalan a marqué 4 buts cette saison. Álvarez en a 8. À 25 et 24 ans respectivement, tous deux sont dans leur prime productive. S'il part, qui comblera le vide offensif ? Personne à Madrid ne peut répondre à cette question de manière assurée. Les jeunes montent trop lentement. Les recrutements n'ont pas convaincu.
Quand le silence des joueurs vaut mille paroles
Ce qui frappe dans l'intervention de Baena, c'est son absence d'aigreur. Pas une once de « on lui a offert tout, et il s'en va ». Au contraire, il valide l'aspiration d'Álvarez comme quelque chose de naturel, presque respectable. C'est un aveu élégant que l'Atlético, malgré ses efforts, ne peut pas retenir ses meilleurs joueurs lorsque le projet stagne.
Les murs du Metropolitano ont entendu trop de discours officiels vides. Celui de Baena est honnête. Son coéquipier peut rêver plus grand. Et Madrid ? Madrid doit apprendre à lâcher prise ou à avancer. Le temps des demi-mesures est révolu. Simeone le sait. Baena aussi. Et probablement Álvarez également, qui devrait annoncer ses intentions d'ici quelques semaines.
L'hiver mercato approche. Les contacts se multiplieront. Mais l'essentiel a déjà été dit, à la radio COPE, par celui qui partage le quotidien avec Álvarez : partir serait légitime pour un joueur de ce calibre. Atlético doit se préparer à tourner la page. Accepter que certains talents grandissent ailleurs, c'est aussi le lot des clubs en transition.