Première journée de la Coupe du Monde 2026. La Belgique accueille l'Égypte dans un groupe G explosif. Les Diables Rouges misent sur l'expérience face à des Pharaons en quête de légitimité mondiale.
Il y a quelques années encore, évoquer la Belgique à la Coupe du Monde rimait avec surprise et frénésie offensive. Les demi-finales de 2018, les trois buts contre le Panama, cette allégresse débridée d'une nation qui découvrait l'euphorie du tournoi. Aujourd'hui, le contexte a changé. Les visages aussi. Ce lundi, dans le groupe G, les Diables Rouges font face à une Égypte qui voudrait bien rappeler au monde qu'elle existe au-delà du football africain de salon.
Pourquoi cette Belgique ressemble-t-elle à une équipe en transition permanente ?
Quatre ans après la déception russe, huit après l'euphorie de Russie 2018, la génération dorée belge entre dans sa dernière fenêtre de tir. Kevin De Bruyne approche les 35 ans. Jan Vertonghen, même si le doute persiste sur sa présence effective, incarne une ère qui s'achève. Eden Hazard a disparu des radars. Cette équipe-ci ne ressemble plus à celle qui avait submergé les terrains avec cette insouciance de joueurs ayant tout à prouver. Maintenant, c'est du sérieux calibré, de l'expérience qui pèse comme un costume mal ajusté.
Le 4-3-3 choisi pour cette première journée respire cette philosophie : solide, centré sur la récupération du ballon, moins sur l'éclat. La Belgique a appris à ne plus être l'équipe qui joue au foot comme on jouerait à l'attacking chess. Elle veut gagner. Point. Et contre l'Égypte, une nation qui totalise seulement 24 participations à une Coupe du Monde depuis 1930, c'est clairement jouable.
L'Égypte peut-elle enfin transformer son potentiel technique en résultats internationaux ?
Mohamed Salah n'est jamais assez à l'écran internationale. Khaled Mohammadi, Trézéguet, ou d'autres noms moins connus en Europe, porteront le flambeau égyptien. Ce qui frappe chez cette Égypte, c'est ce décalage entre la qualité footballistique du pays (on parle d'une nation qui a engendré le football africain moderne) et sa capacité à franchir les caps internationaux.
Depuis leur dernière apparition en phase finale, en 2018, les Pharaons ont accumulé 47 matchs, remportant à peu près 60 % d'entre eux. Ce chiffre paraît honnête jusqu'au moment où on réalise qu'il inclut les éliminatoires à domicile contre des équipes mineures. En Coupe du Monde, les statistiques deviennent plus cruelle : 26 matchs depuis 1930, sept victoires. On parle d'une nation qui n'a jamais vraiment pesé là où cela compte. Pas même une demie, jamais un quart.
Or, face à une Belgique qui doute, face à des adversaires qui ne sont plus ces machines imprenables, l'Égypte possède sa chance. C'est précisément ce que redoute Bruxelles.
Le groupe G : un piège à tous les favoris ?
On parle souvent du groupe de la mort en Coupe du Monde. Le groupe G de 2026 n'en est pas un, mais il respire une certaine équilibre instable. La Belgique entre en tant que favorite théorique, l'Égypte comme challenger régional, et ailleurs résonnent les noms d'équipes comme les Pays-Bas ou l'Uruguay, selon les rumeurs officielles.
Ce qui rend ce groupe fascinant, c'est que personne ne semble vraiment dominant. Les Diables Rouges ne flambent plus. L'Égypte ne déçoit plus, elle attend simplement que le déclic survienne. Et les autres ? Elles voient une fenêtre entrouverte. Dès cette première journée, l'équilibre du groupe se dessine. Une victoire belge rassure, conforte. Une victoire égyptienne devient symbole, promesse, début de rébellion.
Pour la Belgique, il s'agit de confirmer son statut de puissance régionale, même diminuée. Pour l'Égypte, il s'agit de prouver qu'elle n'est plus la nation qui regarde passer les autres. Ce lundi, dans le groupe G, l'enjeu dépasse largement le simple calcul des trois points.