Absent des deux premiers matchs de la Coupe du monde 2026, l'attaquant brésilien devrait revenir face à l'Écosse. Une fenêtre de tir qui relance les espoirs offensifs de la Seleção.
Trois semaines d'absence, c'est finalement ce qui aura coûté à Neymar sa participation aux deux ouvertures du Brésil en Coupe du monde 2026. La blessure au mollet contractée avant la compétition aurait pu être bien plus grave, bien plus longue. Et voilà que la Seleção respire : le numéro 10 devrait fouler la pelouse face à l'Écosse, pour cette troisième journée décisive du groupe brésilien.
Ceux qui ont suivi le calvaire de Neymar ces dernières années comprennent que chaque match compte. Chaque revanche. Le joueur du Al-Hilal a connu les pires destins blessés : fracture du cinquième métatarsien en 2018, lésion des ligaments de la cheville en 2019, et puis cette maudite blessure à l'épaule qui l'a d'ailleurs privé de la Copa América 2024. Alors quand arrive une Coupe du monde, le soulagement n'est jamais total, mais il existe. Il demeure. Et cette fois, il y a de quoi : trois semaines, c'est peu pour un homme qui a appris à redouter les soins, les rééducations, les retours avortés.
Le soulagement brésilien face à l'horloge
Revenons aux faits bruts. Neymar, 32 ans, a dû déclarer forfait pour affronter la Serbie et la Suisse lors des deux premières journées. Point critique : le Brésil a remporté une seule de ses deux premières rencontres, avec un résultat mitigé qui aurait sûrement profité de son énergie créatrice. Parce que Neymar, même en déclin relatif, reste ce créateur d'étincelles, cet homme capable de transformer un match dormant en bataille épique. Ses statistiques parleraient de 0,8 but marchand par 90 minutes en club cette saison, mais les chiffres froids racontent rarement toute l'histoire sur les gros matchs.
Le retour face aux Écossais n'est pas anodin : il place la Seleção en situation de devoir gagner pour consolider sa position. Trois points, c'est l'équation mathématique. Trois points et un Neymar sur le terrain, c'est déjà un tout autre équilibre des forces. L'Écosse, elle, arrive en Coupe du monde avec l'amertume des qualifications laborieuses, loin d'être ce collectif dominant des années 1980. Les Brésiliens sentiront cette faiblesse relative, et Neymar en sera le premier bénéficiaire psychologique.
Tactiquement, son retour force la Seleção à repenser son organisation offensive. Deux matchs sans lui, c'est deux schémas sans son profil spécifique : ailier hyper mobilité, pivot entre création et finition. Dorival Júnior, l'entraîneur brésilien, avait dû faire avec des alternatives solides mais différentes. Vinicius Júnior, Rodrygo, ces purs ailiers d'accélération qui ne font pas la même danse que Neymar.
- Neymar : 79 buts en 124 sélections, meilleur buteur vivant du Brésil
- Absence jusqu'au 3e match : 66 jours entre sa blessure et son probable retour
- Le Brésil sans lui : 1 victoire, 1 match nul sur ses deux premiers
- Neymar en Coupe du monde : 6 buts en 14 matchs depuis 2014
Une fenêtre étroite pour se relancer
Voilà le vrai enjeu : Neymar revient, mais revient-il intact ? Revient-il en pleine possession de ses moyens après trois semaines passées loin des terrains ? L'expérience montre que les premiers matchs de reprise sont souvent des tâtonnements. Des mouvements qui ne trouvent pas leur rythme. Des passes qui traînent d'un centimètre. Contre l'Écosse, équipe certes moins impressionnante, il pourrait y avoir une certaine bienveillance du contexte. Mais attendre trop du retour serait naïf.
Ce qui rend ce retour précieux, c'est sa présence mentale. Neymar porte en lui une aura, un poids psychologique dans le vestiaire brésilien. Son absence aurait creusé un vide. Même diminué, même pas à 100%, sa présence rallume une certaine confiance collective. Le Brésil croit différemment quand Neymar est là pour créer des situations folles.
Pour l'équipe de Dorival Júnior, c'est une bouffée d'air. Après avoir tâtonné contre la Suisse notamment, le sélectionneur peut enfin aligner le collectif qu'il avait réellement imaginé. Plus que jamais, cette troisième journée face à l'Écosse sera le vrai premier test de la Coupe du monde brésilienne. Pas une reprise. Une véritable affirmation. Et si Neymar retrouve ne serait-ce que 70% de son génie, cela devrait suffire pour que la Seleça reprenne sa trajectoire gagnante. Le Brésil attend son retour depuis 21 jours. Les Écossais, eux, ne savent pas vraiment ce qui va les frapper.