Alors que tout semblait enfin possible pour le retour de Neymar en sélection, la star du football brésilien quitte précipitamment le camp de préparation. Un nouveau coup dur pour une génération en quête de rédemption.
Il y avait une odeur de revanche dans l'air. Celle d'un Brésil en reconstruction qui imaginait enfin pouvoir compter sur son fils prodigue pour écrire un nouveau chapitre de gloire à la Coupe du monde 2026. Neymar revenant aux côtés de Vinícius Júnior, de Rodrygo, de cette jeunesse dorée capable de secouer le monde. C'était logique. C'était presque écrit. Sauf que le football, tu le sais, n'obéit jamais aux scénarios trop beaux pour être vrais.
Le crack de Santos, le phénomène parisien, le génie de Barcelone a quitté le camp de la sélection brésilienne. Comme ça. En douce. La presse brésilienne l'a confirmé : Neymar n'est plus là. Pas d'explication officielle fracassante, pas de communiqué dramatique. Juste l'absence qui parle plus fort que mille déclarations. À 32 ans, celui qui aurait dû porter le Brésil vers le troisième titre mondial se trouve de nouveau sur la touche. Et franchement, ça résume assez bien sa trajectoire depuis quelques années.
La malédiction d'une star trop fragile
Revenons un instant. Neymar avait manqué la Coupe du monde 2022 au Qatar après sa blessure à la cheville contractée avec le Paris Saint-Germain en octobre 2021. Quatre mois d'absence, des déceptions en cascade, et voilà qu'en 2024, alors que tout le monde se dit que cette fois, c'est bon, il revient au premier plan. L'histoire devait prendre un autre chemin. Mais le destin n'a pas lu le même script.
Les blessures musculaires, les absences répétées, les doutes qui s'accumulent. Depuis qu'il a quitté l'Europe pour l'Arabie saoudite, quelque chose s'est cassé chez ce garçon qui aurait pu être le plus grand joueur du siècle. Les statistiques racontent une débâcle relative : entre 2020 et 2024, Neymar n'a joué que 1 800 minutes en compétitions officielles avec le PSG, soit l'équivalent d'une vingtaine de matchs complets. Depuis son arrivée en Arabie saoudite, les pépins physiques se multiplient comme jamais.
Pour la sélection brésilienne, c'est un dossier qui file entre les doigts. Dorival Júnior croyait tenir son trio magique. Imaginez la scène : Neymar orchestrant le jeu depuis la gauche, Vinícius et Rodrygo relayant son génie. Trois créateurs capables de décortiquer n'importe quelle défense. Trois joueurs ayant prouvé à la plus haute marche que le football mondial pouvait plier devant leur talent. Or voilà, la réalité refuse cette symphonie.
Un Brésil orphelin qui doit grandir sans héros
Le paradoxe, c'est que l'absence de Neymar ne paralyse plus le Brésil comme il y a quatre ans. Le football change. La sélection aussi. Vinícius Júnior a suffisamment démontré sa capacité à porter l'équipe. Rodrygo, avec son arsenal technique et sa disponibilité défensive, représente une génération plus équilibrée. Même Raphinha du FC Barcelone offre une alternative crédible. L'équipe n'est pas verrouillée sur un seul nom, ce qui n'était pas le cas en 2022.
Reste que perdre Neymar signifie renoncer à cette magie ineffable. Cette capacité à transformer un match en quelques secondes. À inventer quand tout semble bloqué. Oui, il vieillit. Oui, il perd en vitesse et en capacité à enchaîner les efforts. Mais le génie, ça ne disparaît pas d'un coup. Ça s'efface, graduellement, ce qui rend le spectacle encore plus tragique.
Chiffres à l'appui, le Brésil a remporté 72% de ses matchs sans Neymar depuis 2022, montrant que la machine fonctionne. Mais il s'agit d'une moyenne qui cache des vérités, car lorsqu'il s'agit des grands rendez-vous, la présence d'un créateur de génie change absolument tout. La Coupe du monde 2026, ce sera dans un contexte dilaté, avec 48 équipes au lieu de 32. Plus d'équipes moyennes, plus de chaos, plus de nécessité d'avoir des illuminés capables de créer en situation fermée.
La question devient viscérale : le Brésil peut-il vraiment se priver de son numéro 10 alors que le tournoi approche? D'un côté, la blessure est la réponse. De l'autre, on se demande si cette sortie du camp n'est pas symptomatique d'un malaise plus profond. Un Neymar qui ne croit plus à l'histoire, qui sent que le Brésil a tourné la page, qui préfère partir plutôt que de rester sur le banc ou en figurant.
Il faudra compter sans le magicien. Dorival Júnior et son staff vont devoir forger une identité nouvelle. Celle d'un Brésil post-Neymar. C'est dur, c'est inévitable, et finalement, c'est peut-être la seule vraie leçon que le football peut nous enseigner : rien n'est éternel, pas même le génie, et les équipes qui triomphent sont celles qui acceptent de se réinventer au moment même où tout semble perdu.