Le latéral algérien Ramy Bensebaïni pourra bien tenir sa place face à l'Argentine mardi soir à Kansas City. Vladimir Petkovic a levé les doutes.
Ramy Bensebaïni jouera. C'est l'annonce qui soulage l'Algérie à la veille du match contre l'Argentine, mardi soir à Kansas City, dans cette Coupe du monde 2026 qui s'accélère. Le latéral gauche de Fenerbahçe, en suspens depuis quelques jours sur son état physique, sera bien du voyage face aux champions du monde en titre. Vladimir Petkovic l'a confirmé en conférence de presse, mettant ainsi un terme aux incertitudes qui pesaient sur son effectif.
Cette nouvelle revêt une importance capitale pour les Fennecs. Bensebaïni représente bien plus qu'un simple arrière latéral dans le dispositif tactique de Petkovic : c'est un cadre expérimenté, capitain de facto dans certains secteurs du jeu algérien, et l'une des rares certitudes offensives sur le flanc gauche. Avec ses 32 ans, il a traversé des Coupes du monde, des Coupes d'Afrique, des phases éliminatoires épuisantes. Sa présence rassure en face de Lionel Messi et de cette machinerie argentine qui a remporté le Mondial qatari avec une fluidité rarement vue.
À Kansas City, dans un stade où l'ambiance sera électrique, l'Algérie ne pouvait pas se permettre de déplorer l'absence de celui qui offre une stabilité défensive et des appels offensifs réguliers. L'effectif des Fennecs, bien que solide, souffre de quelques fragilités en profondeur. Perdre Bensebaïni aurait signifié bricoler, chercher des solutions, remanier une défense qui commence tout juste à trouver ses marques dans cet automne américain chaotique.
Un guerrier pour tenir face aux géants sudaméricains
Le choix de Petkovic de maintenir Bensebaïni dans le groupe n'est jamais un acte anodin. L'entraîneur bosniaque ne compose pas avec des détails : il construit avec des certitudes. Et Bensebaïni, c'est une certitude. Depuis qu'il a pris les commandes de la sélection algérienne, Petkovic a compris que face à des équipes de haut niveau, il fallait des éléments rodés, mentalement préparés à absorber la pression. Le latéral du club stambouliote possède ce capital psychologique d'un homme qui a déjà tout vu ou presque.
La question que se posaient les observateurs n'était pas tant sur sa capacité à jouer, mais sur les conditions dans lesquelles il pourrait entrer en match. Une gêne physique résiduelle aurait pu le cantonner au rôle de remplaçant. Or, Petkovic en a décidé autrement. Il le titularise, ou du moins, il le met en première ligne d'attaque pour ce duel qui s'annonce déterminant pour les aspirations algériennes dans cette phase de qualification.
L'Algérie affrontera une Argentine qui n'a remporté que trois victoires sur ses huit derniers matchs de qualification. Une fissure, un doute. C'est précisément le moment où une défense bien structurée, avec un latéral de classe, peut peser lourd. Bensebaïni incarnera cette constance, ce refus de laisser des espaces à une machine créative comme celle de Scaloni. Face à Alexis Mac Allister ou à Enzo Fernández au milieu, l'Algérie a besoin de cette présence rassurante sur les côtés.
Depuis son arrivée à Fenerbahçe l'été dernier, Bensebaïni a joué 15 matchs de Süper Lig, accumulant l'expérience et la confiance qui manquaient aux autres latéraux algériens du groupe. Il a aussi côtoyé des joueurs de calibre européen au quotidien. Cette exposition lui permet de ne pas être étonné face aux stars qu'il croisera mardi.
L'Argentine prévenue, l'Algérie galvanisée
Avec Bensebaïni opérationnel, l'Algérie peut enfin construire son approche défensive avec la solidité qu'elle recherche. Petkovic devrait reconduire un schéma éprouvé : une défense à quatre où Bensebaïni apportera non seulement la couverture mais aussi des remontées pour soutenir le jeu offensif des Fennecs. Dans les compétitions de qualification, ces petites marges font souvent la différence. Avoir un arrière qui peut aussi générer du jeu en avant, c'est ne pas réduire son équipe à 9 ou 10 joueurs.
La présence confirmée de Bensebaïni envoie aussi un signal à l'Argentine : les Fennecs ne viennent pas seulement subir. Ils arrivent avec l'intention de compétitionner, de peser sur le match. Un latéral expérimenté qui prend des risques offensifs, c'est la signature d'une équipe qui a confiance en son bloc défensif.
- 32 ans, expérience de plus de 70 sélections avec l'Algérie
- 15 matchs disputés cette saison avec Fenerbahçe en championnat turc
- L'Argentine n'a remporté que 3 victoires sur ses 8 derniers matchs de qualification
- Kansas City : une ambiance hostile pour l'Algérie, où la présence d'un leader compte double
Ce qui s'esquisse pour mardi, c'est un affrontement où le détail physicien, la gestion des émotions, et l'expérience des cadres joueront les premiers rôles. Bensebaïni incarne cette maturité que recherche Petkovic. Son équipe aura besoin de chaque grain de sable qu'il apportera, de chaque remontée, de chaque décision défensive bien calculée. Face à une Argentine qui cherche à confirmer son statut de favori, l'Algérie n'avait pas le luxe de laisser sur le banc ses meilleurs éléments. Avec Bensebaïni en piste, la nuit de Kansas City promet d'être long mais passionnant pour ceux qui croient aux Fennecs.