Le 29 mai, Walid Regragui dévoilera sa liste définitive pour la Coupe du Monde 2026. Un stage de préparation du 22 au 25 mai servira de dernier filtre avant la sentence.
Le compte à rebours est lancé. Dans une semaine, Walid Regragui tranchera. Le sélectionneur des Lions de l'Atlas mettra fin au suspense en dévoilant, le 29 mai, les 23 noms qui porteront les couleurs marocaines en Amérique du Nord. Avant cette annonce qui électrisera le royaume, un stage de préparation du 22 au 25 mai sera l'occasion d'observer une dernière fois ses troupes en vrai match, d'évaluer l'état physique de ses cadres, de jauger ceux qui se battent pour une place.
Quatre jours décisifs. C'est peu, mais suffisant pour trancher entre les rêves des jeunes prétendants et la réalité du terrain. Regragui sait qu'il ne peut se tromper. Le Maroc n'a pas le droit à l'erreur : c'est la troisième Coupe du Monde consécutive, et l'attente de tout un peuple pèse sur les épaules de chaque joueur convoqué.
Le Maroc face au dilemme du renouvellement
Depuis le brillant parcours de 2022 en Qatar—où les Lions ont atteint les demi-finales—Regragui navigue entre la fidélité aux cadres éprouvés et l'émergence de jeunes talents. C'est l'équation impossible : garder la colonne vertébrale qui a fait ses preuves ou parier sur la fraîcheur de la nouvelle génération ?
Les fidèles comme Romain Saïss, Achraf Hakimi ou Sofiane Boufal continuent de peser lourd au vestiaire. Mais des figures comme Noussair Mazraoui et Youssef En-Nesyri vieillissent dans le contexte d'un football mondial impitoyable. Le sélectionneur doit jongler avec l'expérience de joueurs ayant goûté aux grands rendez-vous et l'énergie brute de jeunes loups faisant leurs preuves en Europe. Environ 60% de l'effectif Maroc en 2022 pourrait être renouvelé, selon les observateurs du foot maghrébin.
Cette quête d'équilibre explique l'importance du stage du 22 au 25 mai. Un match amical à domicile permettra à Regragui de vérifier l'alchimie collective, d'affiner les derniers réglages tactiques avant la sélection définitive. Chaque détail compte : la récupération, l'intensité défensive, la circulation du ballon. Un tacle mal placé, une erreur de positionnement, et c'est l'élimination directe de la course.
Du banc aux escaliers: quatre places à prendre
En football moderne, les listes définitives ressemblent à des équations savantes. Regragui dispose de 23 places. Chaque ligne du terrain en réclame plusieurs : au moins trois gardiens pour couvrir les blessures et gérer la rotation, quatre défenseurs centraux fiables, des latéraux polyvalents, des milieux à la fois techniques et athlétiques, et enfin des attaquants de différents profils.
La réalité est plus cruelle : environ 30 à 35 joueurs sont en compétition pour ces 23 places. C'est un taux de remplissage de 66 à 75%, ce qui signifie qu'entre 7 et 12 footballeurs de niveau international, certains évoluant en Ligue 1 ou en Premier League, verront la porte se fermer.
- 23 places disponibles pour la Coupe du Monde 2026
- 30-35 candidats en lice selon les observateurs marocains
- 4 jours de stage décisifs avant l'annonce du 29 mai
- 60% de rotation probable par rapport à l'effectif de 2022
Quelques dossiers semblent déjà ficelés. Les incontournables du système de jeu de Regragui—gardiens, défenseurs cadres, meneur de jeu—occupent les places assises. Mais les postes de latéraux, les profils offensifs, les remplaçants crédibles dans l'axe central : voilà où le suspense vit. Des joueurs comme Khalil Cheddira ou Anass Zaroury, qui ont explosé dans leurs championnats respectifs, font forte pression. D'autres, blasés après un Euro 2024 difficile, doivent prouver qu'ils restent pertinents au plus haut niveau.
Le stage du 22 au 25 mai ne sera pas une séance de décorum. Regragui utilisera les 90 minutes pour faire parler les jambes. C'est dans ces moments-là que les certitudes s'effondrent et que les outsiders surgissent. Un défenseur central qui se trompe trois fois d'une ligne à la moitié du match second acte, c'est possible. Un attaquant qui manque deux occasions en première période : ça change une candidature. Le Maroc n'a jamais vu la Coupe du Monde depuis son domicile. C'est aussi ça qui pousse Regragui à être méticuleux, voire tatillon, dans ce processus de sélection.
L'après 29 mai: la vraie bataille commence
Une fois la liste connue, le vrai combat commence. Regragui aura probablement trois matchs de préparation avant le coup d'envoi de la compétition en juin prochain. Trois chances d'affiner les animations, de peaufiner les transitions rapides qu'on lui reproche parfois. Le groupe sera en résidence surveillée, loin des clubs, loin des distractions. Le Maroc ne peut pas se permettre des jours de flottement ou d'adaptation pendant les phases de groupe.
Reste que cette liste de 29 mai ne doit pas occulter une réalité : le Maroc s'est rendu incontournable en quatre ans. Qu'il avance ou recule à l'été 2026, le football africain et arabe a changé d'échelle grâce aux Lions de l'Atlas. Et cela, aucune sélection, aucun choix du sélectionneur ne pourra le rayer de l'histoire.