Après le nul décevant contre la RD Congo, le Portugal n'a fait aucun prisonnier face à l'Ouzbékistan (5-0). Cristiano Ronaldo a planté un doublé et retrouvé des couleurs avant l'hiver.
Cinq buts en une soirée, c'est le genre de scoreline qui efface les doutes d'un seul coup. Le Portugal a déplié sa palette offensive contre l'Ouzbékistan et s'est offert un vrai moment de détente après le fiasco du premier match, ce zéro partout désastreux face à la RD Congo qui avait laissé un goût amer à Lisbonne. Cristiano Ronaldo, lui, a retrouvé le sourire comme on range une arme avant le combat décisif. Un doublé dans la foulée, du jeu collectif qui a enfin tournoyé, des mouvements fluidifiés—voilà ce que recèle un Portugal soulagé.
Quand Ronaldo redonne du sens à la Seleçao
Il y avait de la tension dans l'air avant ce match. Non seulement l'équipe de Fernando Santos traînait ce nul frustrant comme un poids mort, mais elle se posait aussi des questions existentielles : avions-nous vraiment les moyens de cette Coupe du monde 2026 ? Les doutes, même chez les champions du monde en exercice mentalement, ça pèse. Et puis voilà que Ronaldo marque, puis marque encore, et tout change. Ce n'est pas juste une affaire de statistiques—c'est une affaire d'épaulement collectif.
Le capitaine de la Seleçao, à 39 ans, reste ce catalyseur inépuisable. Quand il trouve le fond, c'est comme si le reste de l'équipe respirait enfin à plein poumons. Les latéraux monteraient plus haut, les milieux joueraient plus vite, les avant-centres oseraient davantage. Un doublé contre l'Ouzbékistan n'est pas une performance historique en soi—c'est une équipe qui redevient elle-même, voilà l'enjeu véritable. Le Portugal a scoré cinq fois en une soirée, ce qui prouve que le collectif s'était certes enrayé contre la RD Congo, mais que la machine était loin d'être cassée.
Regardez la physionomie du match : aucune pression, aucune crispation. L'Ouzbékistan n'a jamais existé. Pas de suspense, pas d'angoisse, pas cette sensation de marcher sur des œufs qui avait caractérisé la première rencontre. À la place, du jeu fluide, des combinaisons rapides, des décalages vers les ailes qui trouvent leurs destinataires. C'est cela que Fernando Santos voulait voir : une équipe qui joue, pas une équipe qui souffre. Ronaldo y a contribué à sa manière, mais il ne s'est pas contenté de marquer—il a libéré ses partenaires de cette chape de plomb psychologique.
La route vers le Qatar est dégagée, enfin
Voilà où nous en sommes avec le Portugal : un coup catastrophique, un coup magnifique. L'amplitude émotionnelle des sélections modernes n'a pas cessé de me surprendre. Un nul pitoyable et une victoire écrasante dans le même cycle de rencontres, cela laisse place à tous les scénarios possibles. Mais là où c'est crucial, c'est que le Portugal rétablit son différentiel de buts avant la vraie compétition, celle qui compte vraiment.
Six points en deux matches, ce n'est pas déjà acquis, loin de là. Il reste des marches à franchir, d'autres adversaires à affronter, d'autres pièges à esquiver. Mais psychologiquement, moralement, c'est un tournant. Un équipe qui encaisse un coup dur et répond du tac au tac, cela envoie un message au-delà des chiffres. C'est un signal adressé aux autres compétiteurs : le Portugal est toujours là, toujours redoutable, toujours piloté par un homme qui refuse d'accepter les défaites mentales.
Quelques données qui fixent le contexte : Cristiano Ronaldo en a maintenant 135 en sélection, un record historique partagé avec beaucoup de ses pairs malheureux. Cette victoire 5-0 n'a rien d'une anomalie—elle montre que quand la Seleçao se met en marche sans les freins psychologiques, elle peut écraser. L'Ouzbékistan n'a jamais pesé, mais peu importe. Ce qui compte, c'est que le Portugal a montré qu'il savait comment se battre ensemble, comment articuler attaque et défense, comment laisser parler sa supériorité technique.
La suite, c'est maintenant. Chaque match de qualification pour une Coupe du monde se joue sur cet équilibre fragile entre confiance retrouvée et lucidité renouvelée. Le Portugal a retrouvé sa confiance contre l'Ouzbékistan. Reste à savoir s'il saura la conserver contre des adversaires plus redoutables, plus rusés, plus expérimentés aux pièges des éliminatoires. C'est là que se joueront les vraies ambitions de la Seleçao pour la route vers 2026.
- 5-0 : le résultat terrifiant infligé à l'Ouzbékistan
- 2 : les buts signés Cristiano Ronaldo en une seule soirée
- 1 : le nul décevant face à la RD Congo qui avait précédé cette débâcle ouzbek
- 135 : le nombre total de buts en sélection pour Ronaldo
Quand revient octobre, on se souviendra de ce scoreline mais surtout de ce sentiment : le Portugal n'était pas cassé, il était juste assoupi. Ronaldo et ses coéquipiers l'ont réveillé d'une gifle collective, cinq buts de tonique. Maintenant, faut tenir le rythme.