Le rappeur parisien Beendo Z voit en ce PSG les prémices d'une légende. Avant la finale de Ligue des champions contre Arsenal, l'artiste de 28 ans se confie sur ses ambitions pour Luis Enrique et ses hommes.
Il y a une forme de malice chez Beendo Z. Le rappeur sort son projet Eclipse ce vendredi, à quelques jours de la finale de Ligue des champions entre le PSG et Arsenal, et il profite du moment pour se livrer sur son rapport à cette compétition qui enflamme le cœur des supporters parisiens. Même si ses racines lyonnaises le tiraillent, l'artiste de 28 ans, originaire de la région parisienne, ne cache pas son envie de voir les Rouge et Bleu triompher samedi 30 mai à Budapest.
Mais ce qui fascine vraiment Beendo Z dans cette campagne parisienne, c'est la comparaison qu'il dresse avec l'une des plus grandes dynasties du football moderne. "Ce PSG va entrer dans l'histoire, comme le Barça de Guardiola", lance-t-il sans détour. Une affirmation qui pèse lourd, qui résonne comme une prophétie. Car comparer une équipe actuelle au Barça 2008-2012, c'est évoquer l'excellence, la domination, cette capacité à imposer un jeu d'une beauté rare sur les terrains européens pendant des années. C'est projeter le PSG dans une dimension où seules les plus grandes nations footballistiques osent rêver.
Quand un artiste voit plus loin que les statistiques
Pour Beendo Z, Luis Enrique représente cette figure tutélaire capable de façonner un projet sur plusieurs saisons. Le coach espagnol, qui a lui-même remporté trois Champions Leagues en tant que joueur au Barça de Ronaldinho et Messi, possède ce capital symbolique que les fans recherchent. C'est un homme qui connaît le chemin vers le Graal européen, qui a été confronté à l'une des plus grandes courses d'obstacles du football mondial et qui en a émergé victorieux.
Ce que dit Beendo Z entre les lignes, c'est que le PSG ne se construit plus seulement sur des noms. Durant des années, le club parisien a misé sur l'accumulation de stars, espérant que Mbappé, Neymar et Cavani feraient la différence. Ils ont apporté des moments magiques, certes, mais cette chimie parfaite, ce ciment invisible qui transforme une belle équipe en monstre, manquait cruellement. Avec Enrique, quelque chose change. L'espagnol impose une discipline collective, un système où l'individu sert l'ensemble. C'est précisément ce qui manquait au PSG depuis des années.
Arsenal, il faut le reconnaître, ne se présente pas en Hongrie comme un faire-valoir. Les Gunners ont éliminé le Bayern Munich en quart de finale sur le score de 3-2, une performance qui n'a rien d'une surprise heureuse. C'est une équipe construite avec méthode par Mikel Arteta, possédant une défense suffisamment solide et un secteur offensif capable de faire mal. Mais face aux Parisiens, les Londoniens affrontront une machine à nouveau calibrée, une mécanique où chaque rouage connaît sa fonction.
Budapest, le rendez-vous qui va transformer un projet
Beendo Z imagine bien les deux scénarios possibles. D'un côté, il envisage que la course se termine par une victoire parisienne, celle qui propulserait ce PSG dans les annales du football européen. De l'autre, il ne ferme pas la porte à un succès londonien, par respect pour une équipe qui a montré de belles choses cette saison. Mais son cœur, clairement, penche vers les bleu et blanc.
Ce qui rend cette finale spéciale, c'est justement cette quête de légitimité. Le PSG a dépensé des sommes colossales depuis l'arrivée de Qatar Sports Investments en 2011. Des murs d'argent ont été construits, des milliers de rêves d'enfants parisiens se sont accrochés à cette promesse : ramener la Ligue des champions au Parc des Princes. Onze ans se sont écoulés. Onze ans d'attente, de déceptions, de matches perdus en quart ou demi-finale qui hantent encore les nuits des supporters.
Si le PSG soulève le trophée samedi, ce ne sera pas simplement une victoire. Ce sera une validation, une forme de réconciliation avec l'histoire de ce club qui, avant 2011, était une formation respectable mais sans titre continental. Ce sera aussi la confirmation que Enrique possède bien cette magie que tous recherchent, cette capacité à transformer un groupe en équipe, une équipe en légende.
L'aura d'un projet qui dépasse les frontières
Intéressant que Beendo Z, artiste urbain, figure de la culture hip-hop française, se proette dans cette narration sportive avec autant de certitude. C'est qu'il y a quelque chose de puissant dans ce récit parisien. Une histoire qui dépasse le simple cadre du football pour toucher à des dimensions plus larges : l'ambition, la persévérance, la transformation.
Arsenal aura sa chance. Les Gunners ne se déplaceront pas à Budapest en touristes. Mais la dynamique, la confiance, l'expérience de Luis Enrique, tout cela joue en faveur du PSG. Et si Beendo Z voit juste, si ce samedi 30 mai marque réellement le début d'une nouvelle ère pour le club de la capitale, alors les historiens du football auront un nouveau Barça à étudier. Une nouvelle référence pour mesurer l'excellence. Une nouvelle leçon de ce qu'est vraiment dominer l'Europe.
Le rappeur sortira Eclipse le même jour que cette finale. Une bien belle synchronicité. Pendant que les notes de son nouvel opus résonnent dans les oreilles de France, peut-être que le tableau d'affichage de Budapest affichera un score favorable aux bleus. Peut-être que ce PSG entrera effectivement dans l'histoire. Pour l'instant, samedi ne peut pas arriver assez vite.