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Football

Théo Hernandez sort du silence sur l'après-Deschamps et rêve de Zidane

Par Thomas Durand··5 min de lecture·Source: Footmercato

Le latéral de l'AC Milan ne cache pas son admiration pour Didier Deschamps tout en imaginant Zinédine Zidane sur le banc tricolore. Un scénario qui agite déjà les coulisses de la Fédération.

Théo Hernandez sort du silence sur l'après-Deschamps et rêve de Zidane

Théo Hernandez n'a pas l'habitude de se livrer sur les questions politiques du football français. Pourtant, à quelques mois de l'automne, le défenseur de l'AC Milan s'est aventuré sur un terrain glissant : celui de la succession de Didier Deschamps à la tête de l'équipe de France. Et ses propos, rapportés par le quotidien AS, résonnent comme une véritable onde de choc dans les bureaux de la Fédération française de football.

Le joueur rossonéri a d'abord tenu à rendre hommage au sélectionneur sortant, lui reconnaissant un palmarès que peu peuvent revendiquer en France. Mais ce qui fait réagir, c'est la suite : l'évocation quasi naturelle de Zinédine Zidane en tant que candidat idéal pour perpétuer l'âge d'or tricolore. Pas une rumeur, pas une supposition sortie de nulle part. Une opinion émise par l'un des cadres actuels du groupe.

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Ces déclarations interviennent dans un contexte hautement sensible. Didier Deschamps dispute actuellement sa dernière compétition majeure avant de quitter ses fonctions, avec la Coupe du Monde 2026 aux États-Unis comme ligne d'arrivée. Depuis treize ans, l'ancien défenseur a transformé l'équipe de France en une machine à gagner : un Euro, une Coupe du Monde, une deuxième finale mondiale. Peu de sélectionneurs peuvent aligner pareille feuille de route.

Un plaidoyer discret mais lourd de sens pour Zidane

Qu'un international français, d'une stature sportive reconnue, se permette d'évoquer Zinédine Zidane n'est pas anodin. Hernandez incarne la nouvelle garde du contingent tricolore, ces joueurs nés après les premiers titres de Zidane. Pourtant il exprime ce que beaucoup pensent dans le vestiaire français : l'idée que le successeur idéal pourrait bien être celui qui a remporté la deuxième étoile en 2018.

Zidane dispose de trois atouts majeurs qui le rendent séduisant pour cette fonction. D'abord, son CV de manager : une Ligue des Champions remportée trois fois consécutives avec le Real Madrid entre 2016 et 2018. Ensuite, sa légitimité auprès des joueurs, nourrie par son statut de légende vivante du football français. Enfin, et c'est peut-être le plus important, son absence prolongée des terrains depuis son départ du Real en 2021 lui laisse l'esprit frais et la latitude nécessaire pour rebondir sur le banc tricolore.

La question de la légitimité auprès de la nouvelle génération ne se pose même pas pour Zidane. Avec des joueurs comme Aurélien Tchouaméni, Eduardo Camavinga ou Théo Hernandez lui-même, il n'aurait pas besoin de prouver quoi que ce soit. Son nom seul ouvre les portes. Or, cet élément prime sur tout le reste : un sélectionneur peut avoir tous les diplômes du monde, sans respect naturel du groupe, c'est perdu d'avance.

Hernandez a également salué l'héritage de Deschamps, refusant de faire de son départ un événement dramatique. Cette diplomatie affichée masque cependant une réalité : le groupe français ne s'endort pas sur ses lauriers et commence déjà à penser au changement. Le latéral milanais, en levant le voile sur ces discussions internes, a involontairement confirmé que la transition ne sera pas une période creuse mais le point de départ d'une nouvelle ambition.

La FFF face à un choix cornélien en 2026

Pour la Fédération française, la situation devient épineuse. Accepter un candidat de la stature de Zidane signifierait reconnaître que Deschamps, malgré ses exploits, laisse un vide que peu peuvent combler. Mais repousser cette option exposerait l'instance fédérale à des critiques massives si le successeur choisi ne tient pas la comparaison.

Entre 2026 et 2028, deux grands rendez-vous mondiaux attendent la France : la Coupe du Monde américaine en 2026, puis le Mondial 2030 qui se jouera en grande partie en Uruguay, Argentine et Paraguay. Ces deux tournois représentent l'heure de vérité pour qui prendra les rênes de la sélection. Aucune marge d'erreur. Aucun droit à l'expérimentation. Les exigences des supporters français, habitués à la victoire, ne tolèrent pas les transitions molles.

Les déclarations de Théo Hernandez ont le mérite de clarifier une chose : le débat n'est plus confiné aux bureaux de la Fédération et des médias. Les joueurs eux-mêmes commencent à peser publiquement sur la question. C'est une première depuis bien longtemps. Cela témoigne de l'angoisse sourde qui monte dans le groupe face à l'incertitude. Qui sera le prochain ? Dans quel style ? Avec quel projet ?

  • 13 ans : la durée de mandat de Didier Deschamps, du record pour un sélectionneur français depuis Édouard de Macedo en 1956
  • 2 titres mondiaux : une Coupe du Monde 2018 et un Euro 2020 remportés sous sa direction, auxquels s'ajoute une finale 2022
  • 3 Ligue des Champions : le bilan de Zinédine Zidane au Real Madrid entre 2016 et 2018, un exploit inégalé en Europe
  • 4 générations : de joueurs qui se sont succédé sous Deschamps, du duo Benzema-Griezmann aux jeunes talents actuels

Reste à savoir comment la Fédération gérera cette pression silencieuse. Accepter la candidature Zidane ? Chercher ailleurs pour marquer une rupture symbolique ? Ou tenter de préserver la continuité en trouvant un successeur moins iconoclaste ? Le temps des réponses approche. Et cette fois, le vestiaire française ne se contentera pas de spectateur passif.

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