Après le triomphe parisien en finale de Ligue des Champions contre Arsenal, Emmanuel Petit encense le projet du PSG. L'ancien international français juge le chemin parcouru et valide l'ambition du club.
Emmanuel Petit n'a pas mâché ses mots. Quelques heures après que le PSG soulève la Ligue des Champions en battant Arsenal aux tirs au but (1-1, 4-3 tab), l'ancien milieu de terrain a jugé le projet parisien avec la certitude de celui qui connaît les coulisses de la compétition reine. Sur le plateau de l'After Foot sur RMC, Petit a livré un diagnostic sans détour : ce PSG-là, c'est fini de sourire bêtement en attendant les autres. C'est un collectif qui sait gagner quand ça compte.
Comment le PSG a franchi le dernier obstacle que personne n'attendait ?
Arsenal avait l'allure de cette équipe anglaise moderne, celle qui court partout, qui ne renonce jamais et qui vous pose des questions techniques chaque minute du match. Mais il y a une différence entre courir et savoir où on va. Le PSG, dans cette finale, a montré quelque chose que Luís Enrique construit depuis son arrivée : une domination sans la balle. Pas cette domination factice où on fait passer le temps. Non, une domination où Arsenal courait dans le vide, où chaque sortie de pressing parisienne créait du danger. 1-1 à la fin du temps réglementaire, c'était logique. Arsenal n'avait pas volé son égalisation, c'est vrai. Mais le PSG, lui, avait fait ce qu'on lui reprochait depuis des années : jouer collectivement dans une finale européenne.
Petit a insisté sur ce point lors de son analyse. Les trois dernières années, le PSG avait des superstars mais pas de projet. Maintenant, il a un projet ET des superstars. C'est une nuance qui change tout, surtout aux tirs au but où la froideur mentale prime. Paris a converti ses quatre premiers tirs quand Arsenal s'est effondré. 4-3 aux tirs, c'est brutal pour les Gunners mais c'est aussi une signature du PSG qui a géré la pression autrement que par le passé.
Pourquoi l'analyse de Petit sonne différemment des critiques habituelles ?
Petit parle en homme qui a connu les victoires en Ligue des Champions avec l'AS Monaco. Il sait donc quoi regarder pour juger un projet. Ce ne sont pas les dribbles éblouissants qui intéressent Petit, c'est la structure, l'équilibre, la lecture du match. Et sur ces trois critères, le PSG a marqué des points aux yeux de l'ancien international. Il a salué la capacité de l'équipe à jouer dos au jeu quand Arsenal mettait la pression, à trouver les décalages rapides vers l'avant, à ne pas paniquer à 1-1 alors que tout le monde croyait à une sortie précoce du PSG.
Ce qui rend rare l'analyse de Petit, c'est qu'elle n'est pas de la complaisance. L'homme ne verse pas dans l'apologie systématique. Il dit clairement ce qu'il voit : un PSG qui a progressé sportivement. Pas juste un PSG qui a gagné grâce à ses stars. La différence est énorme. Et quand Petit dit cela sur RMC, dans After Foot où les débats mélangent business et sport, tout le monde comprend que c'est un verdict, pas une opinion passagère.
Cette victoire change-t-elle vraiment le regard sur le football parisien ?
Oui et non. Non, parce qu'une finale ne fait pas une époque. Le PSG doit maintenant prouver qu'il peut maintenir ce niveau, qu'il peut enchaîner les bonnes performances sans un match d'exception. Mais oui, parce que pour la première fois depuis longtemps, Paris a gagné une Ligue des Champions en ressemblant à ce que devrait être une équipe de Ligue des Champions : organisée, solidaire, difficile à percer. Arsenal a poussé, Arsenal a été courageux, mais Paris avait une vision du match. C'est subtil, mais c'est décisif.
Petit a aussi soulevé une question implicite : et maintenant ? Le PSG peut-il rester à ce niveau ? Peut-il éviter le piège classique des clubs qui gagnent une fois et disparaissent l'année suivante ? C'est là que le projet prend toute son importance. Si Paris a vraiment construit quelque chose avec Enrique, si cette victoire n'est pas un accident, alors les trois prochaines années seront intéressantes. Sinon, ce sera juste une belle histoire qui finira dans les archives.
En attendant, Petit a validé le travail. Et quand un homme de son calibre valide, les observateurs écoutent. Le PSG n'est plus ce club riche qui espère. C'est un club ambitieux qui sait comment faire.