Les Bleus se sont inclinés 1-2 face aux Ivoiriens jeudi soir. Une deuxième période catastrophique et surtout une ligne arrière perméable qui pose des questions existentielles avant les enjeux majeurs.
Deux buts encaissés, une deuxième période à oublier, et des certitudes ébranlées. France-Côte d'Ivoire, jeudi soir, n'aura pas été un simple match amical où l'on peut ranger les débris demain matin. C'est un diagnostic qui tombe comme un couperet pour Didier Deschamps à quelques semaines d'échéances qui risquent de façonner l'automne du football tricolore. Les Bleus ont perdu 1-2 et la faillite défensive de cette deuxième période crie une alerte que le sélectionneur ne peut pas ignorer.
Pourquoi la défense française s'est-elle effondrée en quarante-cinq minutes ?
Pendant une heure, les choses n'étaient pas catastrophiques. La France avait même ouvert le score. Puis tout s'est désagrégé. Pas d'ordre tactique, des erreurs de positionnement qui sentent l'amateurisme à ce niveau, des absences de concentration qui coûtent cher contre une équipe côte d'ivoire affûtée et opportuniste. Les défenseurs tricolores ont semblé soudainement jouer en silo, sans cette complémentarité qui fait une grande arrière-garde.
Ce n'est pas juste une question de malchance ou d'une soirée difficile. Les schémas défensifs n'ont pas fonctionné, et cela dès la construction du jeu depuis l'arrière. Les passes en retrait ont manqué de précision, les couvertures latérales ont laissé des trous béants, et surtout cette fameuse deuxième ligne n'a jamais vraiment fermé les espaces. Quand une sélection nationale joue à ce niveau, elle ne peut pas se permettre cette permissivité.
Deschamps a bien vu le problème en temps réel. Mais les changements qu'il a opérés n'ont pas suffi à redresser la barre. Les trois ou quatre ajustements tactiques faits à la pause n'ont pas produit les effets escomptés. Au contraire, pendant que l'équipe cherchait ses repères, la Côte d'Ivoire a frappé.
Quels joueurs ont particulièrement déçu sur cette ligne arrière ?
Le sélectionneur tricolore n'avait pas tous ses effectifs de référence à disposition. Plusieurs cadres manquaient à l'appel, ce qui complique la lecture de cette contre-performance. Mais ceux qui ont eu le privilège de jouer auraient dû montrer plus. L'expérience n'a pas parlé, et c'est peut-être le plus inquiétant.
Les latéraux ont eu une influence mineure dans la stabilisation de la défense. Ils n'ont pas toujours su canaliser les débordements, ni vraiment apporter cette contribution offensive qui pourrait compenser une fragilité centrale. Au cœur même de cette arrière-garde, les duels aériens ont été perdus trop régulièrement. Statistiquement, moins de 60 pour cent de réussite dans les duels directs, un taux inacceptable pour une sélection qui prétend aux plus grands rendez-vous.
Il y a une question de confiance qui se pose aussi. Quand vous encaissez deux buts rapidement en seconde période, chaque geste devient hésitant, chaque décision se double. La cohésion s'érode. Et ce phénomène psychologique, Deschamps l'a observé de son banc sans vraiment parvenir à l'arrêter.
Faut-il s'attendre à des changements majeurs avant les prochains matches?
Le calendrier ne pardonne pas. Les Bleus ont des rendez-vous importants qui arrivent à vitesse éclair. Laisser passer cette faillite sans y remédier serait de l'irresponsabilité. Deschamps va devoir repenser certains équilibres. Non pas révolutionner, mais corriger.
L'effectif à disposition après les blessures et absences doit être scruté de près. Qui peut vraiment cadenasser cette défense ? Qui a les automatismes, l'expérience, et surtout la stabilité mentale pour faire front ? Les réponses que Deschamps trouvera dans les entraînements des prochains jours seront décisives. Parce qu'une sélection nationale ne peut pas prendre la route vers des compétitions majeures avec ce doute installé entre les trois derniers.
Il existe aussi une possibilité que le problème soit tactique plutôt que personnel. Un système défensif qui ne correspond pas aux caractéristiques des joueurs disponibles, ou qui crée des zones d'ombre inexplicables. C'est un travail que Deschamps doit avoir le courage d'explorer, même s'il cela signifie remettre des certitudes en question.
La Côte d'Ivoire a montré jeudi qu'elle était une équipe complète, capable de punir les faiblesses. C'était un test. Les Bleus l'ont échoué. Mais la vraie question n'est pas tant celle-ci que celle-ci : jusqu'où peuvent-ils remonter avant que la compétition véritable arrive ? Les deux prochaines semaines seront déterminantes pour le trancher.