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France battue par la Côte d'Ivoire, le réveil de Deschamps commence mal

Par Antoine Moreau··4 min de lecture·Source: Footmercato

Les Bleus ont concédé leur première défaite de préparation face aux Ivoiriens (1-2). Un résultat qui croquant, mais révélateur des chantiers ouverts.

France battue par la Côte d'Ivoire, le réveil de Deschamps commence mal

Voilà comment on se rappelle qu'aucun match de préparation n'est vraiment amical. France-Côte d'Ivoire aurait dû être une formalité — un simple exercice, une montée en puissance tranquille avant les vraies batailles. Au lieu de cela, les Bleus ont plié l'échine. Deux buts encaissés, un seul marqué. La défaite, sans suspense, après une débâcle défensive en seconde période. Didier Deschamps a découvert quelque chose de précieux ce samedi : ses certitudes ne valent pas trois sous quand le collectif se désagrège.

Pourquoi la première mi-temps a semblé prometteuse ?

Durant quarante-cinq minutes, les choses ont suivi le script attendu. Les Français ont dominé, créé du jeu, posé des problèmes à une équipe ivoirienne certes respectable mais venue avec des intentions défensives. L'équipe française arborait sa structure habituelle, ce mécanisme rodé où la possession devient l'arme principale. Les latéraux s'étirent, les milieux distribuent, les attaquants cherchent les espaces. C'est le modèle Deschamps depuis quinze ans.

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Et puis il y a eu ce but. Celui qui semblait devoir lancer les Bleus vers une victoire sans histoires. Un moment où tout paraissait en place, où la supériorité théorique commençait à peser réellement sur les Ivoiriens. Vous connaissez cette sensation au football, non ? Quand l'équipe respire, quand elle impose son rythme, quand les mouvements semblent naturels plutôt que répétés ? Il y a eu dix minutes, peut-être vingt, où la France a ressemblé à quelque chose.

Mais la première période, c'est aussi le moment où on ne sait jamais qui va vraiment jouer en deuxième acte. Deschamps avait prévenu : remaniement important à la pause. Pas de compromis, pas d'habitudes. Une philosophie compréhensible quand on prépare un tournoi majeur. Il fallait voir du monde, donner des chances, tester des automatismes. Sauf que tester, cela signifie aussi perdre des repères collectifs.

Qu'est-ce qui a explosé après le repos ?

La deuxième période a été impitoyable. Non pas que la Côte d'Ivoire ait soudain découvert les secrets du football moderne. Non. C'est plutôt que la France s'est effondée. Pas dramatiquement, pas de débâcle 0-6. Mais inexorablement. L'équipe remaniée a montré toutes ses fissures à la fois. Défense désorganisée, milieu fragmenté, transitions chaotiques.

Les Ivoiriens, eux, sont restés pragmatiques. Ils ont défendu en bloc, ont attendu les espaces. Et quand les Bleus ont perdu le ballon — ce qui s'est produit beaucoup trop souvent — ils ont frappé vite. Deux buts encaissés en moins de trente minutes. Cruel ? Absolument. Injuste ? Peut-être pas autant qu'il y paraît.

Voilà la vraie leçon de ce samedi. Quand on fait tourner six, sept, voire huit joueurs d'un coup, le collectif n'existe plus. Il existe des individualités alignées dans un schéma, mais pas cette cohésion qui transforme un groupe en équipe. Les remplaçants avaient besoin de temps pour se trouver. La Côte d'Ivoire, elle, n'a pas attendu. Elle a joué simple, efficace, et elle a gagné. C'est ça, un match de préparation : on l'oublie vite pour les résultats, mais on le garde longtemps en mémoire pour les leçons.

Que doit corriger Deschamps avant le prochain test ?

Il y a une question qu'on pose toujours après une défaite de préparation : est-ce grave ? La réponse honnête, c'est que cela dépend de ce qu'on en fait. Deschamps n'aura qu'une seule vraie leçon à tirer : les changements massifs à la mi-temps, c'est bon pour évaluer les joueurs, mauvais pour cultiver la solidarité défensive.

Les prochains matches doivent être moins expérimentaux, plus progressifs. Rentrer trois ou quatre joueurs, pas huit. Laisser une colonne vertébrale — des défenseurs, un ou deux milieux — pour maintenir l'équilibre. C'est basique, mais apparemment nécessaire à rappeler. Quatre-vingt-dix minutes d'un onze X contre un onze Y, c'est un match de gala de fin de saison, pas une préparation à un tournoi.

Techniquement, qu'est-ce qui a péché ? La construction du jeu depuis l'arrière a été erratique. Les avant-derniers passes, celles qui créent vraiment le danger, ont manqué de précision. Et puis il y a ce sentiment qu'aucun attaquant n'a vraiment imposé sa présence quand le match s'est décidé. Trente buts encaissés, c'est peu. Mais trente buts encaissés parce qu'on a cessé de jouer défensivement, c'est beaucoup. Trop.

Cette défaite, à bien y regarder, n'est pas une catastrophe. Elle ne fait que confirmer ce qu'on soupçonnait : la route est encore longue avant d'obtenir la mécanique parfaite. Mais elle rappelle aussi que les pièces détachées ne font pas une voiture. Il faut assembler, puis rouler ensemble. Deschamps a désormais une dizaine de jours pour y réfléchir avant le prochain rendez-vous. Question : aura-t-il vraiment tiré la leçon ?

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