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Football

L'Espagne en quête de rédemption face à l'Arabie saoudite

Par Thomas Durand··4 min de lecture·Source: Footmercato

Après son nul décevant contre le Cap-Vert, la Roja doit absolument corriger le tir. Luis de la Fuente fait confiance à son onze pour relancer la machine espagnole.

L'Espagne en quête de rédemption face à l'Arabie saoudite

Le football espagnol n'aime pas se trainer dans les boues. Pas vraiment son genre de se contenter d'un match moyen, d'une première sortie sans éclat. Et pourtant, c'est exactement ce qui s'est produit lundi face au Cap-Vert : zéro but, zéro dynamique, une Roja éteinte qui n'a pas reconnaissante ses fans. Luis de la Fuente le savait, ses joueurs le savaient, tout le monde l'a vu. Il y a eu de quoi s'inquiéter devant ces images flattes où l'Espagne peinait à créer du danger face à une équipe venue des îles du Pacifique.

Alors ce mercredi, contre l'Arabie saoudite, c'est un test grandeur nature. Pas une deuxième chance — jamais deux sans trois dans ces compétitions — mais un moment critique où la Roja doit montrer qu'elle a compris la leçon. Les compositions de départ ne révolutionnent rien, mais elles envoient un message : pas de révolution, juste de la correction. Les mêmes qui ont échoué à inspirer sont reconduits, mais avec probablement une mentalité différente.

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Une Arabie saoudite qui n'a rien à perdre

Pendant ce temps, l'Arabie saoudite débarque comme l'équipe qui n'attend rien de personne et qui pourrait tout surprendre. C'est souvent le meilleur atout d'une formation sans pression. Sans attentes, sans le poids des résultats précédents, juste avec l'envie de jouer au football. Et c'est dangereux. Très dangereux, même. Les Saoudiens savent qu'ils ne sont pas favori, alors ils viennent se battre sans calcul, sans crainte du ridicule.

L'Espagne, elle, porte le costume du grand favori depuis son arrivée. Soixante-cinq ans de football de haut niveau, une culture du jeu de position, une confiance qui frise l'arrogance. Jusqu'au moment où elle bute sur le Cap-Vert et où tout s'écroule. C'est le piège classique des fortes équipes : elles arrivent en pensant que le statut suffira. Ici, ce piège s'appelle sous-estimation.

L'Arabie saoudite n'a aucune raison de se retenir. Même si l'Espagne aligne ses meilleurs joueurs — et elle le fait — les Saoudiens auront le sentiment de n'avoir rien à perdre. C'est une position psychologique extraordinairement confortable. Ils peuvent faire du mal sans la peur qui paralyse.

De la Fuente face à ses démons

Luis de la Fuente, lui, doit gérer le doute. Après un nul sans saveur contre le Cap-Vert, chaque décision sera scrutée. Reconduit ses joueurs? Ou il fait tourner? Il a choisi la stabilité, ce qui est logique mais courageux. Cela signifie qu'il croit en son groupe, qu'il estime que la première match était juste une fausse note, une journée sans.

Mais attention : si l'Espagne joue mal à nouveau, si elle produit le même néant qu'il y a quelques jours, alors De la Fuente verra son crédit fondre à vitesse grand V. Les médias espagnols, et ils sont nombreux et impitoyables, ne lui pardonneront pas deux déceptions consécutives. Le sélectionneur a mis ses nerfs sur la table. Il parie que ses joueurs vont se décaper, enfiler l'uniforme du grand champion, et produire du football de classe.

Cette Roja compte des joueurs qui ont toute l'expérience du monde : des gens qui ont remporté des coupes d'Europe, qui jouent dans les plus grands championnats, qui gèrent la pression depuis des années. Et voilà qu'ils doivent prouver qu'ils ne sont pas une équipe du passé, qu'ils ne traînent pas leurs murs dans ce qui devrait être leur terrain de jeu : un match où ils doivent maitriser, posséder, étouffer l'adversaire.

L'Arabie saoudite est aussi une équipe qui vient de jouer. Ses jambes ne sont pas fraiches. L'Espagne peut en théorie exploiter cette fatigue, cette usure du combat précédent. Mais le football n'existe pas en théorie. Il existe sur le terrain, dans ces quatre-vingt-dix minutes où tout peut basculer.

Ce mercredi, il y a quatre-vingt-dix minutes pour oublier le Cap-Vert. Quatre-vingt-dix minutes pour montrer qu'un 0-0 n'était qu'une blague de mauvais goût. Quatre-vingt-dix minutes pour relancer une Roja qui, sans cette victoire, verra sa compétition devenir soudainement très compliquée. Face à l'Arabie saoudite, il n'y a pas de plan B : l'Espagne doit gagner, doit jouer, doit se rappeler ce qu'elle sait faire. Sinon, la Coupe du Monde commencera vraiment mal pour les hommes de De la Fuente.

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