Les Cityzens ont déroulé face à Southampton en demi-finale de FA Cup. Guardiola visera un doublé historique en finale.
Wembley a tremblé sous les coups de boutoir de Manchester City. Ce samedi, Pep Guardiola et ses hommes ont écrasé Southampton pour filer vers la finale de la FA Cup, dans un match où la domination s'est transformée en débordement total. Les chiffres racontent tout : 65% de possession, 18 tirs tentés contre 4 pour les Saints. Une récréation de parc.
Sauf qu'une demi-finale de Coupe d'Angleterre n'est jamais une partie de plaisir. Southampton, relégué en Championship cette saison mais loin d'être venu faire du tourisme au stade mythique, a longtemps résisté. Il a fallu du temps, de la patience, et surtout cette capacité que seule possède Manchester City : transformer la pression en or.
Pourquoi Southampton n'a pas fait le poids ?
Les Saints attendaient une bataille de tranchées. Ils l'ont eu. Mais contre qui ? Contre une équipe qui a remis la première place de Premier League à Arsenal dans sa poche il y a à peine quelques jours. Manchester City, c'est un rouleau compresseur qui avance sans trembler. Southampton, c'est un club en reconstruction, certes volontaire et assumée, mais reconstruction quand même.
Russell Martin avait mis en place une défense de cinq avec trois milieux. Une armure. Sauf qu'on ne prépare pas une armure pour affronter les missiles que tire Guardiola semaine après semaine. Kyle Walker a capturé les largeurs. Rodri a transformé chaque ballons en occasion de danser dans la surface adverse. Phil Foden ? Foden a fait ce que Foden sait faire mieux que personne : des choses illisibles pour un arrière-garde adversaire.
Le problème majeur pour Southampton : il suffisait d'une faille. D'une seule. Et dans un match où vous êtes dominés 65-35 possessionnellement, la faille arrive toujours. Elle est venue en fin de match, quand les jambes commencent à peser et que l'esprit s'égare. Manchester City l'a exploitée sans pitié.
Guardiola va-t-il enfin le chercher, ce doublé FA Cup-Premier League ?
Voilà la vraie question. Pep Guardiola a remporté deux Premier Leagues depuis son arrivée à Manchester City. Trois même, si on compte la saison actuelle qui s'annonce juteuse. Mais la FA Cup ? Elle le nargue depuis 2019. Quatre ans. Quatre ans que le Catalan attend de soulever cette coupe là-bas, à Wembley, devant 80 000 supporters en délire.
Techniquement, le doublé est à portée de main. Manchester City contrôle la Premier League. Les Cityzens possèdent sept points d'avance sur Arsenal avec autant de matchs à disputer. Ce n'est pas impossible de perdre ça. C'est juste très difficile. En FA Cup, il reste une finale. Une seule. Un match sec. City sera favori, probablement face à un adversaire qu'il lui faudra respecter mais que la confiance pourra submerger.
C'est le moment idéal pour Guardiola d'inscrire une nouvelle ligne dans son curriculum vitae astronomique. City a les forces. City a la mentale. City a l'expérience des grands rendez-vous. Wembley attend une finale exceptionnelle, et City a montré ce samedi qu'elle était venue pour l'offrir.
Quel rival reste-t-il debout pour menacer Guardiola en finale ?
À ce stade du tournoi, les favoris sont naturellement ceux qui restent. Manchester United ? Non, éliminé plus tôt. Liverpool ? Éjecté également. Arsenal ? Les Gunners ont disparu du tournoi aux étapes antérieures. La finale de FA Cup sera une bataille entre les meilleures équipes d'Angleterre, ou presque.
L'autre demi-finale, c'est celle où s'affronteront Manchester United face aux autres prétendants. La structure du tournoi veut que seuls les clubs qui ont su naviguer tous les obstacles se retrouvent à Wembley. Manchester City vient de prouver qu'il était dans cette catégorie : celle des intouchables quand il s'agit de jouer des matchs décisifs.
L'ennui, pour tout le football anglais, c'est que Guardiola et ses hommes ont atteint un niveau où les victoires ressemblent à des formalités. Pas un souci de talent. Un souci de domination. Southampton a reçu une leçon de réalisme ce samedi : vous pouvez être rigoureux défensivement, bien organisés tactiquement, motivés collectivement. Rien de tout ça ne compte face à un adversaire qui possède les meilleurs joueurs et le meilleur entraîneur pour les utiliser.
La finale approche. Manchester City la sent, la respire, la touche du doigt. Guardiola sait qu'il y a une opportunité rare : remporter le doublé Premier League-FA Cup en 2024, ce qui ajouterait une pierre de plus à la cathédrale qu'il a bâtie à Etihad. Southampton rentre à la maison avec des regrets mais surtout avec la certitude qu'elle n'aurait jamais pu faire la différence. Parfois, affronter la perfection, c'est comprendre que vous ne jouez pas sur le même terrain.