Florentino Pérez promet Ibrahima Konaté au Real Madrid. En pleine campagne électorale, le président sortant brandit le défenseur de Liverpool comme un trophée politique.
Les promesses pleuvent à Madrid ce soir. Tandis que les électeurs du Real s'apprêtent à trancher dimanche, Florentino Pérez sort l'artillerie lourde. Pas question de laisser Enrique Riquelme accaparer les projecteurs : le patron sortant annonce rien de moins que l'arrivée d'Ibrahima Konaté, le défenseur français de Liverpool, comme pièce maîtresse de son projet de reconstruction.
Konaté, le défenseur qui fait campagne
Le timing est trop savamment orchestré pour être du hasard. À cinq jours du scrutin, Pérez dévoile son joker : Ibrahima Konaté, 25 ans, quatre sélections en bleu, blindé par trois ans de Premier League et auréolé du prestige de Liverpool. Le défenseur central français incarne exactement ce dont rêve un projet madridista : la stabilité défensive, l'expérience européenne, la polyvalence tactique. Depuis son arrivée à Anfield en 2021, en provenance de Leipzig, Konaté s'est imposé progressivement. Cette saison, il a accumulé plus de 30 apparitions toutes compétitions confondues, confirmant qu'il était devenu un élément essentiel de la charnière de Jürgen Klopp.
Pourquoi lui plutôt qu'un autre ? Parce que Madrid cherche depuis l'été dernier un héritier au niveau des épaulettes. Nacho Fernández vieillit gentiment, David Alaba connaît quelques soucis physiques. Le club a besoin d'une garantie défensive pour les cinq prochaines années, quelqu'un capable de cohabiter avec Antonio Rüdiger et de former une muraille que les attaquants européens respectent. Konaté coche tous les cases. Il n'a jamais été envoyé au tapis en Premier League malgré les assauts répétés des géants anglais. C'est un défenseur qui anticipe, qui sort proprement la balle, qui gagne ses duels.
Liverpool ne lâchera pas ses bijoux pour des promesses
Reste un hic majeur : Liverpool ne vend pas ses joyaux à bas prix. Encore moins sous la pression médiatique d'une élection madridista. Les Reds, sous la houlette de leur nouveau directeur technique, ont plutôt la réputation de tenir bon et de négocier au prix fort. Konaté a signé en 2021 pour environ 45 millions d'euros bonus inclus. Cinq ans de contrat à la clé, jusqu'en 2026. Aucune clause libératoire fracassante, aucune porte de sortie dorée. Liverpool sait ce qu'il possède et n'a nulle envie de devenir le fournisseur du Real lors d'une vente surprise.
Florentino Pérez le sait pertinemment. Alors pourquoi brûler ses cartouches maintenant ? Parce que l'élection se joue à quelques points, et que les promesses choc valent or auprès des socios madridistas. Rappelons-le : en 2009, Pérez avait promis Cristiano Ronaldo, et le vote lui en avait pu dire un mot. Les électeurs du Real, ce sont des hommes d'affaires, des avocats, des entrepreneurs. Ils raisonnent en termes d'investissement, de projet sur dix ans. Un nom comme Konaté, c'est du béton électoral.
Mais pour l'instant, c'est une promesse. Une belle promesse, mais une promesse quand même. Pour la concrétiser, il faudrait que Liverpool donne son feu vert, que l'Équipe de France accepte un transfert qui affaiblirait les options de Didier Deschamps à la défense, et que Madrid trouver la trésorerie nécessaire. Une défense renforcée avec Konaté, c'est un surcoût de 60 à 70 millions d'euros. Énorme pour un club même riche comme le Real.
Dimanche, le vrai match commence
L'élection de dimanche déterminera si cette promesse tient ou si elle s'évanouira comme tant d'autres. Enrique Riquelme, rival de Pérez, ne peut pas laisser passer cette ouverture. On attend son contre-offensive.
Une chose est sûre : que Konaté arrive ou non au Real, cette annonce change la donne politique à Madrid. Elle montre que Pérez, malgré ses 77 ans et près de deux décennies de présidence, reste un stratège qui comprend la psychologie du socios madridista. Il sait que les grands rêves européens valent mille réunions sur les finances. Et dimanche, quand les urnes ouvriront, ce rêve madridista autour du défenseur français de Liverpool pèsera lourd dans les décisions.