Intraitable avec l'Inter Milan, Marcus Thuram s'impose comme l'un des hommes du moment en Série A, avec le Mondial 2026 en ligne de mire.
Neuf buts et sept passes décisives en Serie A cette saison. Marcus Thuram n'a pas envie qu'on lui rappelle ses galères — il préfère marquer les esprits. L'attaquant de l'Inter Milan traverse une période de grâce absolue, enchaînant les prestations XXL au moment précis où la saison entre dans sa phase décisive. Et pour un joueur qui a vécu une année 2024 compliquée, émaillée de blessures et de remises en question, ce retour en puissance a une saveur particulièrement forte.
Le serial buteur des grandes occasions retrouve ses jambes
Il y a quelque chose de presque insolent dans la manière dont Marcus Thuram est en train de s'imposer. Depuis plusieurs semaines, le fils de Lilian Thuram régale San Siro. Sa capacité à peser dans les duels, à prendre la profondeur, à combiner avec Lautaro Martínez — tout fonctionne à plein régime. L'Inter Milan, qui s'apprête à croiser le fer avec Côme en Coupe d'Italie, peut compter sur un numéro 9 en état de surchauffe.
Ce qui frappe chez Thuram en ce moment, ce n'est pas uniquement le rendement offensif. C'est sa façon d'influencer le jeu même quand il ne touche pas le ballon. Les appels de course, le pressing haut, la capacité à créer des espaces pour ses partenaires — Simone Inzaghi a retrouvé l'attaquant qu'il connaissait à son arrivée à Milan. Pas celui qui peinait à retrouver ses sensations après une saison hachée. Celui qui peut porter une équipe sur ses épaules.
En Coupe d'Italie, l'enjeu est clair. L'Inter vise le titre, et un choc contre Côme — promu cette saison et qui a su créer quelques surprises — ne sera pas une promenade de santé. Mais avec Thuram dans cet état de forme, les Nerazzurri abordent ce rendez-vous avec une confiance sérieuse.
Une traversée du désert dont il est sorti plus fort
Pour comprendre la portée de ce retour au premier plan, il faut se souvenir de ce que Marcus Thuram a traversé. La saison passée avait été parasitée par des pépins physiques récurrents, des performances en demi-teinte et des critiques qui commençaient à s'accumuler. En équipe de France, Didier Deschamps avait parfois préféré d'autres options, laissant planer un doute sur son statut dans le groupe tricolore.
Recruté à l'été 2023 en provenance du Borussia Mönchengladbach pour environ 13 millions d'euros — une somme qui semblait presque dérisoire au regard de son potentiel —, Thuram avait pourtant débuté son aventure milanaise de façon prometteuse. Sa première saison avait été solide. Mais la deuxième avait failli tout remettre en question. Les attentes étaient élevées, le rendement insuffisant, et les regards se tournaient vers lui avec moins de bienveillance.
La résilience, c'est aussi une qualité que Marcus Thuram semble avoir hérité de son père. Pas de déclaration fracassante, pas de mise en scène médiatique. Juste le travail. Et les résultats qui suivent. Depuis le début de l'année 2025, il a retrouvé une continuité que beaucoup pensaient compromise, enchaînant les apparitions décisives dans les moments chauds de la saison.
Le Mondial 2026 comme horizon, la France comme objectif premier
Ce regain de forme tombe à pic, et pas seulement pour l'Inter Milan. Le Mondial 2026, qui se jouera aux États-Unis, au Canada et au Mexique, commence à se profiler sérieusement dans les esprits. Et Marcus Thuram sait mieux que quiconque que l'heure des comptes approche pour les attaquants de l'équipe de France.
La concurrence en sélection est féroce. Kylian Mbappé — quand il est disponible — occupe le devant de la scène, mais le poste de numéro 9 ou d'attaquant complémentaire reste un sujet ouvert. Olivier Giroud a raccroché. Randal Kolo Muani cherche lui aussi à retrouver son meilleur niveau après une saison compliquée du côté de la Juventus. Dans ce contexte, chaque match avec l'Inter est un argument supplémentaire que Thuram dépose sur le bureau de Didier Deschamps.
À 27 ans, il est dans la plénitude physique d'un attaquant moderne. Sa polyvalence — capable d'évoluer en pointe ou en attaquant de couloir — en fait un profil précieux pour n'importe quelle sélection. Et sa progression dans la lecture du jeu offensif depuis son arrivée en Serie A est indéniable. Le championnat italien, avec ses défenses organisées et ses blocs bas, a forgé en lui une forme de patience et d'efficacité qu'il ne possédait pas encore à Mönchengladbach.
La Coupe d'Italie face à Côme sera un premier test. Puis il y aura les prochaines semaines en Serie A, où l'Inter se bat pour conserver ses chances de titre face au Napoli d'Antonio Conte. Chaque match compte. Chaque but compte. Chaque prestation de haut niveau construit un peu plus le dossier Thuram pour l'été 2025 et les qualifications mondiales.
Marcus Thuram est en train d'écrire l'un des chapitres les plus forts de sa carrière. Si ce niveau se maintient jusqu'à la fin de saison, la question ne sera plus de savoir s'il mérite sa place en équipe de France — mais bien quelle place exactement lui réserver dans un onze tricolore qui rêve de soulever la Coupe du Monde sur le sol nord-américain.