La finale de Ligue des Champions fait craindre aux autorités hongroises des débordements. Le PSG et Arsenal s'affrontent ce soir dans une ambiance électrique mais sous surveillance renforcée.
Budapest respire l'électricité depuis l'arrivée des premiers supporters parisiens et londoniens. La capitale hongroise, qui accueille ce soir à 18 heures la finale de la Ligue des Champions entre le Paris Saint-Germain et Arsenal à la Puskas Arena, vit une veille de match que les autorités considèrent avec une certaine inquiétude. Car au-delà du spectacle attendu sur la pelouse, c'est la gestion des débordements potentiels qui préoccupe les services de sécurité de la Hongrie.
Pourquoi Budapest craint-elle ce choc parisien et londonien ?
La crainte hongroise n'est pas nouvelle, mais elle s'amplifie à mesure que l'heure de la rencontre approche. Deux clubs européens de la stature du PSG et d'Arsenal, c'est l'assurance de mobiliser plusieurs dizaines de milliers de supporters transportés par des années d'attente et d'investissement émotionnel. La capitale hongroise a déjà connu des incidents lors de grandes rencontres internationales, mais la concentration de deux fanbases aussi structurées et passionnées ravive les craintes d'affrontements. Les animations qui ont commencé dans les rues de Budapest témoignent d'une atmosphère festive, certes, mais où règne aussi une tension latente que les forces de l'ordre ne sous-estiment pas.
Le PSG arrive avec une base de supporters historiquement volatile, les ultras parisiens ayant marqué l'histoire des derbies français par des débordements réguliers. Arsenal, de son côté, ne traîne pas une réputation sans tache : les confrontations avec les supporters londoniens les plus radicalisés remontent à plusieurs années, mais la mémoire collective reste vive. Que ces deux univers se rencontrent dans une ville moins habituée aux grands événements footballistiques crée un contexte particulier. Budapest n'est pas Manchester, Milan ou Madrid. Les infrastructures de sécurité, bien que mises en œuvre, doivent gérer une configuration nouvelle.
Quels dispositifs de sécurité ont été déployés pour cette finale ?
Les autorités hongroises ont mis en place un dispositif sécuritaire renforcé autour de la Puskas Arena et dans l'ensemble du centre-ville. Les forces de police ont été préparées à différents scénarios, des simples débordements aux affrontements organisés entre groupes rivaux. Le nombre d'effectifs mobilisés reste classique pour ce type d'événement, mais la vigilance n'en est que plus soutenue. Les accès au stade ont été délimités avec des périmètres spécifiques pour chaque contingent de supporters, une pratique devenue standard dans les finales continentales depuis les drames de Liverpool à Istanbul ou de Manchester à Athènes.
La Puskas Arena elle-même, inaugurée en 2019 avec ses 67 000 places, dispose d'une architecture pensée pour la sécurité, avec des séparations claires entre les zones de supporters. Les transports en commun ont été renforcés, les points de vente d'alcool contrôlés, et les patrouilles disséminées dans les quartiers touristiques où affluent les supporters. Ce qui distingue cette finale, c'est que Budapest n'a pas l'expérience récente des grands événements footballistiques. La Hongrie n'a accueilli aucune finale majeure depuis 1955, quand le Real Madrid affrontait l'Eintracht Francfort à la Népstadion. Plus d'un demi-siècle s'est écoulé, et les enjeux de sécurité ont considérablement évolué.
Comment se prépare la ville face à une nuit potentiellement explosive ?
Au-delà des aspects policiers, c'est toute la machinerie urbaine qui s'est mobilisée. Les restaurateurs et hôteliers ont reçu des consignes strictes concernant la vente d'alcool et l'accueil des supporters. Les transports ont été étendus tard dans la nuit pour éviter les regroupements de foules en fin de soirée. Les autorités sanitaires ont prépositionné des équipes médicales supplémentaires, conscientes que les incidents peuvent dégénérer rapidement en cas d'affrontements.
Ce qui frappe, c'est que cette vigilance extrême s'accompagne paradoxalement d'une ambiance festive très présente. Les animations dans les rues de Budapest témoignent d'une volonté de célébrer le football, pas de l'interdire. Les autorités essaient de trouver cet équilibre délicat entre liberté de circulation et prévention des incidents. Les zones de regroupement des supporters ont été pensées de manière à ne pas créer de confrontations directes, avec des horaires décalés pour les accès aux espaces publics.
La réalité économique pèse aussi dans la balance. Une finale de Ligue des Champions, c'est plusieurs dizaines de millions d'euros pour une ville. Budapest espère que cette exposition médiatique mondiale sera positive. Les incidents de sécurité seraient catastrophiques pour l'image de la Hongrie et celle du football hongrois, déjà fragilisé par les sanctions successives de l'UEFA liées aux débordements lors de matchs internationaux.
Quand retentira le coup d'envoi, ce soir à 18 heures, Budapest aura tenu son pari. Reste à voir si la finale elle-même, magnifiée par deux équipes aux talents offensifs redoutables, suffire à canaliser l'énergie de deux univers de supporters que tout oppose ou presque. L'histoire du football a montré que les plus grands moments d'adversité germent quelquefois dans les instants où la passion dépasse la raison. Pour la Hongrie et pour l'Europe du football, tout porte à croire que cette nuit sera celle du beau jeu plutôt que celle du chaos.