Déjà sacré champion, Barcelone se rend à Valence pour la clôture de la Liga. Hansi Flick profite de cette dernière journée pour peaufiner son effectif avant les enjeux continentaux.
Le FC Barcelone n'a plus rien à prouver en Liga. Champion d'Espagne depuis plusieurs journées, le club catalan foule samedi soir la pelouse du Mestalla pour une 38e journée qui tient davantage du dernier entraînement que d'une vraie bataille. C'est précisément là que réside l'enjeu de cette rencontre contre Valence: Hansi Flick, l'entraîneur allemand, dispose de quelques heures pour affiner ses plans avant les tempêtes continentales qui s'annoncent.
Une formalité, mais pas un vide tactique
Valence ne joue rien ou presque. Barcelone, elle, joue avec le luxe de celui qui a déjà empoché la mise. Cette asymétrie crée un contexte idéal pour tester des formules, des associaisons, des rotations. C'est le moment que tout entraîneur attend: cette ultime fenêtre où les résultats comptent moins que les sensations, où les jeunes peuvent être lancés sans crainte, où les tauliers revenus de blessure reprennent des jambes.
Selon nos informations, Flick envisage plusieurs ajustements dans son onze de départ. La raison est simple: la Ligue des champions et les coupes frappent à la porte. Les calendriers ne pardonnent pas. Chaque minute comptée, chaque mollet préservé devient stratégique. Le coach ne va pas envoyer ses titulaires à la casse sur le terrain valencien. Il sait qu'en coulisse, à Madrid ou Manchester, les prédateurs affûtent leurs crocs.
Cette philosophie de gestion du groupe, c'est l'ADN des grandes équipes. Barcelone l'a pratiquée durant des années sous Frank Rijkaard, sous Pep Guardiola. Flick, lui, débarque avec des méthodes de l'élite européenne. À Munich, au Bayern, il a toujours eu cette lucidité: distinguer ce qui compte vraiment de ce qui est cosmétique. Un match de clôture de championnat remporté sans ses éléments clés, c'est une victoire doublée d'un coup de génie tactique.
Préparer la vraie guerre qui vient
Les murs du Mestalla ont connu des jours meilleurs. Valence, autrefois redoutable, traverse une période d'errance. L'opposition ne sera pas titanesque. Cela ouvre des portes que Flick va certainement emprunter. Robert Lewandowski, Jules Koundé, Pedri: verront-ils toutes les 90 minutes? Probablement pas. À moins que le coach n'ait besoin de voir ses cadres sur le terrain pour une dernière mise au point avant les choses sérieuses.
Car le calendrier du Barça ressemble à un assaut de marathonien. Entre février et mai, c'est à celui qui tiendra la distance. La Liga, d'accord, c'est fait. Mais la Coupe du Roi peut encore proposer des rebondissements. Et puis il y a la Ligue des champions, ce grand théâtre où Barcelone a longtemps régné avant de connaître des humiliations cinglantes. Rome 2018, Liverpool 2019, Bayerne 2020: des blessures qui ne cicatrisent jamais vraiment. Flick le sait. Son effectif aussi.
Du côté des statistiques, Barcelone compte en moyenne 2,4 buts marqués par match en Liga cette saison. C'est une machine bien huilée. Préserver cette machine, la reposer intelligemment, c'est le vrai défi de samedi. Trois points contre Valence, ceux-ci seront engrangés. Mais l'objectif cachée, l'vrai trésor, c'est de ramener tout le monde indemne vers Barcelone, avec la tête pleine de certitudes.
- 37 matchs joués avant cette ultime journée: le Barça affiche un bilan routinier mais efficace
- 15 points d'avance sur le deuxième: l'issue n'a jamais frôlé le suspense
- Hansi Flick en deuxième saison complète: la première, au Bayern, a livré les coupes nationales et européennes
- 6 compétitions potentielles pour rêver avant la fin de l'été: voilà l'étendue du défi qui attend ce groupe
Le vestiaire blaugrana doit avoir cette mentalité de champion qui ne fléchit pas, même quand la manche semble jouée. Flick aura l'intelligence de doser. Valence sera sacrifiée, c'est écrit. Mais ce sacrifice doit servir de rampe de lancement pour les véritables combats. Samedi à 20 heures, le Mestalla ne sera qu'un rideau de théâtre. La vraie pièce se jouera ailleurs.