Florian Thauvin pensait finir en retrait. À Lens, l'ailier revenu de Galatasaray retrouve des couleurs et propulse son club vers l'Europe.
Florian Thauvin n'y croyait plus vraiment. Après ses années mitigées à Galatasaray, l'ailier français aurait pu se contenter d'une fin de carrière tranquille, loin des projecteurs. Pourtant, six mois après son arrivée au RC Lens, il est devenu l'un des hommes forts de la remontée lensoise en Ligue 1. Le joueur de 31 ans a marqué 10 buts et délivré 5 passes décisives en 31 matches, des chiffres qui l'installent parmi les acteurs majeurs du projet artésien.
De Galatasaray à la seconde chance
Quand Lens a recruté Thauvin l'été dernier, beaucoup voyaient surtout une opération de communication, un nom pour remplir les tribunes du stade Bollaert-Delelis. Lui-même ne s'attendait probablement pas à retrouver un tel niveau de compétition, encore moins à devenir un élément moteur de son équipe. À Istanbul, il avait connu des hauts et des bas. Les statistiques manquaient de régularité, les blessures avaient pesé. Son retour en France ressemblait à une parenthèse, un passage temporaire avant l'épilogue.
Or, il n'en a rien été. Dès ses premières apparitions avec les Sang et Or, Thauvin a montré une disponibilité mentale surprenante, une envie de se prouver que seuls connaissent les joueurs conscients que leur carrière approche de sa fin. L'entourage du joueur nous le confirme : il avait besoin de cette renaissance, loin de la pression de la Super Lig turque.
Son intégration rapide au collectif lensois tient aussi à la philosophie offensive du club. Frank Haise, l'entraîneur lensois, avait clairement indiqué à sa direction qu'un profil comme Thauvin pouvait dynamiser son secteur offensif. À 31 ans, Thauvin dispose d'une expérience que peu de jeunes peuvent revendiquer : passage à Marseille, présence en équipe de France, l'Euro 2020 sous ses yeux. Autant de crédits qu'il peut dépenser auprès de ses coéquipiers.
Lens s'offre le luxe de rêver à l'Europe
Le succès individuel de Thauvin s'inscrit dans une dynamique collective bien plus large. Le RC Lens a quitté le statut de figurant pour devenir un prétendant crédible aux places européennes. À la mi-saison, le club occupe une position respectable, loin derrière les géants lyonnais ou parisien, mais dans la course aux podiums de Ligue 1.
Cet accomplissement traduit une patience du projet lensois sur plusieurs années. Après le titre en Ligue 2 en 2019, le club a construit progressivement une ossature capable d'inquiéter les grands. Les arrivées estivales, dont celle de Thauvin, avaient vocation à franchir un cap. Que l'ailier français y contribue aussi efficacement change la perception. Les supporters, longtemps habitués au spectacle de la Ligue 2, découvrent une équipe compétitive face aux meilleures formations nationales.
Sur le plan offensif, les 10 buts en 31 matches de Thauvin situent l'ailier au niveau d'un joueur de premier plan en Ligue 1. Son apport dépasse d'ailleurs le simple chiffre ; ses passes décisives révèlent un footballeur qui pense le jeu collectif, pas un pur buteur égocentrique. Cette complémentarité avec ses partenaires offensifs a permis à Lens de déployer un jeu fluide, séduisant, difficile à contenir.
La validation par les résultats, pas par la notoriété
Le plus frappant dans ce dossier Thauvin, c'est que sa renaissance n'est pas un conte de fées médiatique où tout s'arrange miraculeusement. Non. Il s'agit d'un travail constant, de matches joués avec sérieux, de buts marqués dans des contextes qui n'étaient pas toujours idéaux pour lui. Contre des équipes de haut de tableau, face à des arrières-gardes complètes, il a tenu le coup.
Selon nos informations, Thauvin aurait même envisagé, avant son arrivée à Lens, de réduire progressivement son implication pour préparer son après-football. Les perspectives offertes par le projet lensois l'en ont dissuadé. Il voulait goûter une dernière fois à cette saveur particulière du football français, celle qui consiste à tirer un club vers le haut.
Reste la question de la durabilité. Peut-il maintenir cet apport jusqu'à la fin de la saison ? Lens parviendra-t-il à convertir ce potentiel en qualification européenne concrète ? Thauvin ne s'attendait certainement pas à ce scénario quand il a signé en Artois. Aujourd'hui, lui et son club ont une belle opportunité à saisir.