Le RC Lens a écrasé Toulouse 4-1 en demi-finale. Florian Thauvin, auteur d'une grande prestation, a pris la parole après la qualification.
Bollaert était en feu. Le RC Lens a réalisé hier soir une démonstration de force face au Toulouse FC pour s'offrir une place en finale de la Coupe de France. Quatre buts à un, sans trembler, dans une enceinte qui a vibré jusqu'au coup de sifflet final. Et au cœur de cette masterclass collective, un homme de 33 ans qui n'en finit plus de prouver que la saveur du grand football ne se périme pas : Florian Thauvin.
Ce Lens-Toulouse, c'était une demi-finale ou une leçon de football ?
On attendait une bataille. On a eu une démonstration. Le RC Lens n'a laissé aucun espace au Téfécé, bousculant d'entrée une équipe pourtant solide sur le plan défensif cette saison. Le score de 4-1 ne souffre d'aucune contestation : les Sang et Or ont dominé dans tous les compartiments du jeu, portés par un collectif huilé et une intensité qui rappelle les meilleures heures du club artésien en Ligue des Champions il y a deux ans.
Toulouse, qui restait sur une campagne européenne honorable en Ligue Europa Conference, n'a pas pesé. Trop tendre, trop passif dans les duels. Lens a pressé haut, récupéré vite, et transitionné avec une efficacité redoutable. Ce genre de match où tout semble couler de source… parce que la préparation était parfaite. Le staff lensois, mené par son entraîneur, a construit une équipe qui joue pour gagner, pas pour ne pas perdre. Nuance cruciale.
Statistiquement, une victoire par trois buts d'écart en demi-finale de Coupe de France, c'est rarissime à ce stade de la compétition. Bollaert a accueilli plus de 38 000 spectateurs, comme souvent quand l'enjeu est national. Ce public, Thauvin le connaît bien. Et il sait exactement comment le faire rugir.
Que représente vraiment cette qualification pour Florian Thauvin ?
À 33 ans, Florian Thauvin n'est plus un prodige à surveiller. C'est un finaliste en puissance, un joueur qui a tout connu — les sommets de Marseille avec un titre de champion du monde en 2018, les années japonaises à Tigres et au Mexique, puis ce retour en France via Lens qui ressemblait, au départ, à une aventure incertaine. Eh bien cette aventure prend une tournure magnifique.
Thauvin a pris la parole après la qualification avec des mots qui ont pesé. Sans esbroufe, sans langue de bois. Il a évoqué l'importance du groupe, la force de Bollaert, la motivation intacte d'un vestiaire qui croit collectivement en ce projet. Ces discours d'après-match, on les entend souvent en mode pilote automatique. Là, non. On sentait chez lui quelque chose de sincère, presque de viscéral. L'homme veut cette Coupe de France. Il veut un trophée sous les couleurs artésiennes.
Sa trajectoire mérite d'être rappelée. Champion du monde, deux fois finaliste de Coupe de France avec l'OM, vainqueur de la Copa MX au Mexique... Thauvin collectionne les étapes marquantes. Mais une finale de Coupe de France avec Lens, dans ce contexte, dans ce stade, avec ce public — ce serait différent. Personnel. Presque intime. Il a construit quelque chose de fort dans le Pas-de-Calais, et la finale serait la cerise sur un gâteau qu'il façonne patiemment depuis son arrivée.
Qui attend Lens en finale et quelles sont leurs chances de soulever le trophée ?
La question se pose désormais avec sérieux. Le RC Lens va disputer une finale de Coupe de France, et la perspective d'un titre majeur pour ce club — qui n'a soulevé qu'un seul trophée dans son histoire, la Coupe de France justement, en 1998 — est réelle. Pas fantasmée. Réelle.
L'adversaire de la finale reste à déterminer selon l'autre demi-finale, mais Lens débarquera avec une chose que peu d'équipes possèdent en fin de saison : de l'élan. Ce groupe n'est pas épuisé. Il est galvanisé. Une victoire 4-1 en demi-finale ne nourrit pas l'arrogance dans un vestiaire bien géré — elle nourrit la confiance. Ce n'est pas pareil.
Le calendrier est serré, la Ligue 1 continue de tourner, et les Lensois devront gérer leur préparation avec intelligence d'ici la finale. Mais le sentiment général autour du club est celui d'une équipe qui a rendez-vous avec quelque chose de grand. Une équipe qui n'a pas peur. Qui joue, qui attaque, qui assume son statut de prétendant sérieux à la victoire finale.
Thauvin, lui, n'a pas dit « on verra ». Il a dit qu'ils iraient chercher ce trophée. Dans la bouche d'un joueur de son expérience, ce n'est pas de la vantardise — c'est une déclaration d'intention. Et à Lens, on commence à y croire vraiment. Le Stade de France attend les Sang et Or. Et les Sang et Or ne se déplaceront pas pour faire de la figuration.
Rendez-vous en finale. Lens a le talent, le collectif, et désormais le momentum. Reste à savoir si l'histoire sera prête à s'écrire pour la deuxième fois depuis 1998. Pour Thauvin, pour Bollaert, pour tout un bassin minier qui a faim de titre depuis bien trop longtemps.