Dos au mur après son élimination en Ligue des Champions, le Real Madrid s'est imposé 2-1 face à Alavés en Liga. Un succès en trompe-l'œil pour une équipe en crise.
Deux coups de massue en quelques jours, et voilà que le Real Madrid cherche à se relever. Après une élimination en Ligue des Champions qui a fait l'effet d'une bombe au sein de la Casa Blanca, les Merengues ont arraché trois points précieux contre le Deportivo Alavés ce samedi soir, sur le score de 2-1. Une victoire dans la douleur, loin d'être convaincante, mais qui empêche le naufrage complet d'une équipe qui semblait dériver dangereusement.
Un Real accroché, une victoire volée à l'arrachée
Le Bernabéu avait besoin d'air. Alavés, modeste formation basque qui lutte pour son maintien, a tout fait pour gâcher la soirée des champions d'Espagne en titre. Et pendant de longues minutes, ça a bien failli réussir. Le Real Madrid a souffert, encaissé, tâtonné. À en croire des témoins présents dans les travées du stade madrilène, l'ambiance était lourde, électrique, presque hostile par moments. Le public de la capitale espagnole n'a plus la patience des grandes soirées.
Malgré tout, les hommes de Carlo Ancelotti ont fini par trouver la faille. Deux buts qui ont mis fin au suspense, non sans avoir sué sang et eau. Le tout en concédant un but aux visiteurs, ce qui, dans le contexte actuel, n'est pas de nature à rassurer. Alavés, qui pointe dans le ventre mou du classement de Liga, n'est pas l'adversaire qui devrait faire douter la meilleure équipe de la dernière décennie européenne. Et pourtant.
Selon nos informations, l'atmosphère dans le vestiaire madrilène est tendue depuis plusieurs semaines. Les résultats en dents de scie, les performances individuelles en deçà des attentes, et maintenant l'absence de Ligue des Champions pour la suite de la saison — autant de paramètres qui pèsent sur un groupe habitué à jouer des finales en mai.
Une saison qui s'effondre semaine après semaine
Pour comprendre ce que représente ce résultat, il faut revenir quelques semaines en arrière. Le Real Madrid, tenant du titre en Liga et habitué des phases finales de Ligue des Champions, semblait encore en janvier sur les rails d'une nouvelle saison souveraine. Mais les signaux d'alerte se sont multipliés. Des défaites à domicile, des performances méconnaissables en Europe, et une équipe qui n'a jamais vraiment trouvé son régime de croisière cette saison.
L'élimination en Ligue des Champions a tout changé dans la perception générale. Kylian Mbappé, arrivé en grande pompe l'été dernier pour environ 200 millions d'euros de manque à gagner en termes de salaires et de droits image selon plusieurs estimations, n'a pas produit l'effet escompté. À en croire l'entourage du joueur, l'adaptation a été plus difficile que prévu dans un collectif qui cherche encore son identité post-Karim Benzema. Le Français reste loin de ses standards parisiens ou mondiaux.
En Liga, le retard accumulé sur le leader est désormais tel que les mathématiques, si elles ne mentent pas, laissent peu d'espoir. La course au titre semble pliée avant même le sprint final. Dans ce contexte, chaque victoire en championnat devient davantage un exercice de survie symbolique qu'une vraie ambition sportive. Carlo Ancelotti, lui, garde son flegme légendaire en conférence de presse. Mais nul ne sait jusqu'à quand.
La reconstruction, urgente, commence maintenant
Que reste-t-il à jouer pour le Real Madrid cette saison ? La Liga, mathématiquement, même si l'espoir est mince. Et surtout, la fierté. Celle d'un club qui ne se résout jamais totalement à baisser les bras. Selon nos informations, des discussions ont déjà lieu en interne sur les priorités du prochain mercato estival. Florentino Pérez, président omnipotent du club le plus titré de l'histoire de la Ligue des Champions avec 15 trophées, n'accepte jamais deux saisons décevantes de suite.
La question qui brûle les lèvres dans les couloirs de Valdebebas, le centre d'entraînement madrilène, c'est celle du projet sportif. L'ère post-Benzema n'a toujours pas trouvé son visage. Mbappé doit hausser son niveau, c'est une évidence que personne ne conteste plus. Vinicius Junior, lui, souffle le chaud et le froid. Jude Bellingham, touché physiquement une bonne partie de la saison, n'a jamais pu enchaîner les performances qui avaient fait de lui l'homme providentiel en 2023-2024.
Face à Alavés, c'est Bellingham justement qui a montré les signes les plus encourageants selon les observateurs présents au Bernabéu. Un retour au premier plan qui tombe à pic, même si une victoire sur un promu ne constitue pas un étalon suffisant pour tirer des conclusions définitives.
Le Real Madrid n'est pas mort. Il serait imprudent, voire ridicule, d'enterrer un club de cette envergure après quelques mauvaises semaines. Mais la reconstruction s'annonce profonde, et elle commence maintenant. L'été prochain s'annonce agité côté recrutement, avec des arbitrages difficiles à rendre sur l'avenir de plusieurs joueurs. Une chose est sûre : la victoire contre Alavés ne referme pas les questions, elle les repousse simplement de quelques jours.