Le fils de Carlo Ancelotti abandonne son rôle d'adjoint du Brésil pour prendre les rênes du LOSC. Il révèle sa première équipe technique avec cinq nouveaux adjoints.
Davide Ancelotti n'a pas traîné. À peine nommé entraîneur principal du LOSC, le fils de Carlo a déjà tranché sur son staff technique en annonçant l'arrivée de cinq nouveaux adjoints. Une décision qui confirme l'ambition affichée par le club nordiste, qui mise sur un profil jeune mais expérimenté pour redresser une barre vacillante après des années d'instabilité chronique.
L'héritier qui refuse de vivre dans l'ombre
Davide Ancelotti quitte son poste d'assistant auprès de Carlo Ancelotti avec la sélection brésilienne en préparation de la Coupe du monde 2026. Un moment charnière. Alors qu'il aurait pu prolonger cette expérience dorée aux côtés de son père pour conquérir le Mondial américain, il a préféré sauter le pas et endosser les responsabilités de coach principal. C'est à Lille que s'opère cette mutation professionnelle.
À 31 ans, Davide refuse le rôle de figurant auquel le rapprochent systématiquement les murs du foot européen. Son CV parle pourtant : après ses débuts comme assistant à l'Everton sous Carlo (2016-2019), il a accompagné son père à Naples, à Real Madrid et à nouveau en Angleterre à Nottingham. Mais être l'adjoint du maestro, c'est toujours fonctionner sous son ombre, si prestigieuse soit-elle. Lille lui offre l'occasion de construire sa propre légende.
Cinq adjoints pour bâtir un projet solide
La composition du staff technique révèle une stratégie pensée et non pas improvisée. Ces cinq adjoints, dont le LOSC a décidé de rendre les noms publics, constituent une cellule technique diversifiée couvrant les domaines essentiels : préparation physique, analyse vidéo, coaching défensif et offensif. Une architecture classique, mais nécessaire pour épauler un premier entraîneur qui débute dans ce rôle majeur.
Lillois et observateurs avertis s'interrogeaient : Davide aurait-il apporté de l'expertise brésilienne ? Opterait-il pour des adjoints maison ? La réponse est nuancée. Le club a tablé sur un mélange de profils : certains issus du vivier métropolitain, d'autres possédant une expérience internationale aux côtés de Carlo. Le message est clair : il y a du savoir-faire Ancelotti dans le projet, mais Davide entend marquer sa partition personnelle.
Les supporters dogues pouvaient redouter une nomination héritée, une porte-manteau pour capitaliser sur le nom. Que nenni. En annonçant dès la semaine suivant son engagement cette composition staffrale, Davide envoie un signal : je viens bosser, pas me prélasser. Lille traverse une phase délicate depuis la vente progressive de ses meilleures valeurs. Néanmoins, le club conserve une ossature respectable et des jeunes talents prometteurs.
L'arrivée d'un entraîneur de 31 ans accompagné d'une équipe technique étoffée dépoussiérera peut-être la culture interne. En Ligue 1, où l'âge moyen des coaches frôle les 55 ans, cette jeunesse fait figure de cure de jouvence curieuse mais justifiée. Davide a grandi dans les plus grands stades d'Europe, il a vu fonctionner les mécaniques de clubs à ambitions titanesques. La théorie est enrichissante. La pratique, elle, commencera dans le Nord.
Mais il ne faut pas se tromper : nommer cinq adjoints n'est qu'une étape. Intégrer cette structure hiérarchique dans une ville où la pression monte au moindre faux pas relève du défi tactique et psychologique. Les trois prochains matchs seront scrutés avec une loupe biaisée. Gagner normalisera l'expérience. Perdre ravivera immédiatement les critiques sur la légitimité du clan Ancelotti à Lille.
Davide le sait. Pour la première fois de sa carrière, il ne pourra pas se réfugier derrière la stature de son père quand ça devra dégainer. À lui de prouver que sous le patronyme résonne une ambition propre.