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Football

Messi rachète un club espagnol et répond à Ronaldo

Par Thomas Durand··5 min de lecture·Source: Footmercato

Après Cristiano Ronaldo et Almeria, Lionel Messi entre à son tour dans le capital d'un club espagnol. La rivalité entre les deux légendes s'invite désormais dans les salles de conseil.

Messi rachète un club espagnol et répond à Ronaldo

La guerre ne s'arrête jamais vraiment entre ces deux-là. Cristiano Ronaldo avait ouvert le bal en février dernier en acquérant 25 % des parts d'Almeria, club de deuxième division espagnole fondé en 1951 et niché à quelques encablures de Barcelone. Il n'aura pas fallu longtemps pour que Lionel Messi riposte. L'Argentin vient à son tour de franchir le pas en rachetant un club espagnol, ajoutant une nouvelle dimension à une rivalité sportive qui se transforme peu à peu en bataille économique et patrimoniale.

Pourquoi Messi choisit l'Espagne pour son premier investissement de club ?

Le choix de l'Espagne n'a rien d'un hasard ou d'une nostalgie sentimentale mal placée. Messi a passé 21 ans de sa vie à Barcelone, entre ses débuts à La Masia à l'âge de 13 ans et son départ forcé en 2021. Il connaît ce pays mieux que quiconque, ses rouages administratifs, son marché footballistique, ses réseaux. Investir dans un club ibérique, c'est jouer sur un terrain qu'il maîtrise parfaitement.

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Mais au-delà de l'attachement affectif, il y a une logique purement business. Le football espagnol traverse une période de consolidation capitalistique inédite. Depuis l'arrivée des fonds d'investissement américains — on pense à la prise de participation de Silver Lake dans LaLiga pour 2,7 milliards d'euros — et le modèle multi-clubs qui s'impose partout en Europe, les clubs de deuxième ou troisième division représentent des actifs sous-valorisés avec un potentiel de revalorisation considérable. Messi, entouré d'une équipe de conseillers financiers aguerris, ne fait pas de philanthropie.

La décision s'inscrit aussi dans un mouvement de fond chez les grands joueurs qui approchent ou ont dépassé la quarantaine. LeBron James avec les Boston Red Sox, David Beckham avec l'Inter Miami — aujourd'hui co-propriétaire d'une franchise MLS valorisée à plus d'un milliard de dollars — ont montré la voie. Le joueur-actionnaire est devenu le nouveau modèle pour les stars qui refusent de se cantonner au rôle de retraité doré.

Qu'est-ce que cette acquisition révèle sur la stratégie post-carrière de Messi ?

À 37 ans, Lionel Messi évolue encore à l'Inter Miami en MLS, mais la transition se prépare. Pas question pour lui de disparaître des radars dès le dernier coup de sifflet de sa carrière active. Cet investissement dans un club espagnol ressemble à une première pièce posée sur l'échiquier.

Plusieurs sources proches du dossier évoquent depuis des mois l'ambition de Messi de construire un véritable groupe sportif. Pas nécessairement un empire médiatique façon Ronaldo — avec son compte Instagram à 636 millions d'abonnés transformé en outil commercial à part entière — mais quelque chose de plus discret, plus structuré. Une holding, des participations dans plusieurs clubs à différents niveaux des pyramides nationales, une logique de développement de talents.

Le modèle qui servirait de référence ? Celui de Gerard Piqué, son ancien coéquipier au FC Barcelone, qui a bâti avec la Kings League un empire de football alternatif pesant plusieurs centaines de millions d'euros. Messi observe, apprend, et commence visiblement à agir. Ce rachat d'un club espagnol marque le début d'une stratégie, pas un geste isolé.

La question du naming, du projet sportif et du niveau de la compétition concernée reste encore à préciser, mais une chose est certaine : l'entourage de Messi a pris soin de sélectionner une structure avec un ancrage territorial fort, une académie fonctionnelle et des infrastructures déjà en place. On ne rachète pas un club pour le plaisir. On rachète un outil.

Ronaldo d'un côté, Messi de l'autre — une rivalité qui redessine le football espagnol ?

Pendant près de quinze ans, CR7 et La Pulga se sont partagé les Ballons d'Or, les titres, les records. Cinq coupes du monde de clubs, douze championnats nationaux cumulés, des milliers de buts. Leur rivalité a structuré une décennie entière de football mondial. Voilà qu'elle resurgit sous une forme inédite, celle de la propriété de clubs.

Cristiano Ronaldo est arrivé le premier. Son entrée dans le capital d'Almeria — club promu en Liga puis redescendu en Segunda División — a été perçue comme un geste stratégique autant que symbolique. Un pied dans le football espagnol alors qu'il joue en Arabie Saoudite pour Al-Nassr, une façon de rester connecté à l'Europe et à ses marchés. Le Portugais ne cache pas ses ambitions : il veut un jour posséder un club en totalité.

Messi contre-attaque. Et cette fois, l'enjeu dépasse le terrain. Les deux légendes vont se retrouver actionnaires de clubs évoluant dans le même pays, peut-être même dans la même division à terme. Les derbies de propriétaires n'existaient pas dans le lexique du football européen. Ils arrivent.

Pour le football espagnol, cette double arrivée est une aubaine médiatique et économique. La Segunda División, souvent perçue comme un championnat de transition, pourrait bénéficier d'une exposition internationale accrue dès lors que les noms de Messi et Ronaldo y sont associés. Les droits TV, les partenariats commerciaux, l'attractivité pour les investisseurs étrangers — tout peut s'emballer très vite quand deux des sportifs les plus bankables de l'histoire posent leur griffe sur une compétition.

Reste à savoir jusqu'où ira cette nouvelle bataille. Ronaldo a acquis 25 % d'Almeria. Messi joue-t-il la même carte avec un pourcentage minoritaire, ou a-t-il opté pour une prise de contrôle majoritaire ? La structure juridique et financière de l'opération sera déterminante pour comprendre ses vraies intentions. Une participation symbolique, ça se fait en quelques semaines. Un projet de long terme, ça se construit sur des années.

Ce qui est sûr, c'est que le football espagnol n'a pas fini d'entendre parler de ces deux monstres sacrés. Après avoir dominé les pelouses pendant deux décennies, Messi et Ronaldo investissent les salles de réunion, les conseils d'administration, les stratégies de développement de clubs. La prochaine saison des transferts pourrait bien se jouer autant dans les bureaux que sur le marché. Et si leur rivalité la plus intense restait encore à venir, sous une forme que personne n'avait vraiment anticipée ?

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