Après sa victoire à Crystal Palace, Arne Slot relativise l'absence de son star égyptienne. Les Reds grimpent à la quatrième place et gardent l'espoir en Ligue des Champions.
Le sourire était de retour à Anfield samedi soir. Liverpool a écrasé Crystal Palace 3-1 et se retrouve quatrième de Premier League, à seulement cinq points de Manchester City. Mais derrière cette bouffée d'oxygène sportive plane une ombre : celle de Mohamed Salah, l'homme qui fait tourner la machine depuis six ans. Arne Slot l'a confirmé en conférence de presse — l'ailier égyptien souffre d'une blessure musculaire qui pourrait le tenir éloigné des terrains dans les prochains jours. Pourtant, l'entraîneur néerlandais refuse de paniquer.
Quand Salah devient un luxe plutôt qu'une nécessité
Arne Slot n'a pas versé dans le catastrophisme. "Mohamed a des douleurs, il a ressenti quelque chose en deuxième mi-temps", a expliqué le coach après le match face aux Palaciens. Le diagnostic n'est pas établi avec certitude, mais la prudence s'impose. C'est d'ailleurs pour cette raison que Slot l'a sorti du terrain — pas question de forcer la machine quand les trois points sont assurés.
Ce qui frappe, c'est la réaction du groupe. Contre un Palace en déliquescence, Liverpool a montré qu'elle pouvait fonctionner sans son meilleur élément. Luis Díaz a marqué, Cody Gakpo a fait parler sa technique, et la défense a tenu bon. Depuis son arrivée cet été, Slot a progressivement apporté une certaine stabilité à Liverpool. Les Reds n'enchaînaient plus les résultats erratiques de la fin de saison Klopp. Samedi, ils ont prouvé qu'ils n'étaient plus dépendants d'une seule paire de jambes, même brillantes.
Salah a joué 28 matchs en Premier League cette saison et inscrit 13 buts. Ses chiffres sont en retrait par rapport aux années précédentes — en 2019-2020, il en avait 19 à cette époque de l'année. L'âge peut-être, ou simplement une adaptation au système de Slot, qui demande une implication défensive plus importante aux ailiers. Quoi qu'il en soit, cette blessure arrive à un moment où Liverpool a enfin retrouvé une certaine confiance collective.
Le puzzle de janvier devient plus complexe
Cette tuile arrive au pire moment du calendrier. En hiver, quand le mercato ouvre ses portes, les blessures prennent une dimension stratégique. Liverpool doit-il bouger pour compenser l'absence présumée de Salah ? La question ne se pose pas en ces termes chez Slot. L'entraîneur a hérité d'une équipe riche en effectifs, avec Díaz en excellent état de forme sur le flanc gauche et Gakpo capable de jouer les deux côtés du secteur offensif.
Mais Salah, c'est autre chose. C'est un joueur qui crée des situations par sa seule présence. Les défenseurs adverses le redoutent. Quand il disparaît, même temporairement, c'est un équilibre qui se casse. Slot le sait pertinemment. D'où son refus de dramatiser — mieux vaut laisser croire que tout va bien pour ne pas déstabiliser le groupe alors qu'il revient enfin à un niveau de compétition acceptable en Premier League.
À en croire l'entourage du joueur, les examens médicaux devraient être menés rapidement. Selon nos informations, Salah devrait faire l'objet d'une évaluation complète cette semaine. Une IRM confirmera la nature exacte de la blessure. Jusque-là, Slot joue l'apaisement. C'est la stratégie habituelle dans le football moderne : ne rien alarmer jusqu'à ce qu'on soit certain de la durée de l'indisponibilité.
Sur le fil, mais pas près de lâcher
Liverpool traverse une période où tout reste possible. Quatrièmes avec 40 points, les Reds accusent du retard sur les favoris mais gardent le contact. Manchester City en a 47, Arsenal 42. C'est serré. C'est précisément le moment où une équipe ne peut pas se permettre de s'écrouler psychologiquement.
Slot a compris cette dynamique. En sortant Salah préventivement, il envoie un message simple : nous avons d'autres solutions. C'est une forme de respect envers ses troupes. Et c'est payant. Liverpool a marqué trois buts sans lui dimanche. L'équipe a montré du tempérament, de l'organisation, une cohésion qu'on n'avait pas vue aussi clairement depuis quelques semaines.
Reste à savoir combien de temps l'Égyptien sera absent. Une semaine ? Deux ? Trois ? Chaque jour de convalescence compte quand on bataille pour une place en Ligue des Champions. Les prochains matchs diront si Liverpool peut tenir la cadence sans son star ou si cette blessure marque le début d'une glissade. Pour l'instant, Arne Slot reste serein. Le résultat contre Crystal Palace lui donne raison.