Loïs Openda fait l'objet d'une véritable bataille entre clubs européens. L'Olympique Lyonnais s'invite à la négociation alors que Turin envisage son départ.
Pendant que la Belgique dispute la Coupe du Monde, Loïs Openda devient un enjeu de mercato aussi bruyant qu'une sirène d'usine. L'attaquant de 23 ans, prêté à la Juventus mais propriété du RB Salzburg, cristallise soudain les convoitises. Et ce qui semblait être une histoire tranquille de rotation entre clubs autrichiens et italiens s'est transformé en véritable saga européenne.
Quand Turin se résigne à laisser partir son prêt vedette
La situation à la Juventus ressemble à ces histoires d'amour qui ne prennent jamais vraiment forme. Openda y est arrivé avec le statut classique du jeune prêté prometteur, censé grossir les effectifs sans grever le budget. Mais dans le système défensif maximaliste de Massimiliano Allegri, où tout passe par la solidité collective et le conservatisme tactique, l'ailier belge n'a jamais vraiment trouvé sa place. Dix-sept apparitions en Série A depuis le début de la saison, souvent en tant que joker. Des chiffres qui résument une intégration en demi-teinte.
Le club piémontais, qui vient de débourser des millions pour Dusan Vlahović et table déjà sur Federico Chiesa et les autres pièces de son puzzle offensif, ne s'est jamais vraiment battu pour le conserver. La Juventus a donc décidé de le laisser partir, non pas par malveillance mais par pragmatisme économique et sportif. Pourquoi maintenir un prêt coûteux quand on ne l'utilise qu'à la marge ? Cette logique impitoyable qui gouverne la Calcio moderne trouve ici une illustration parfaite.
Lyon entre dans un casting déjà bien fourni
Or voilà que l'Olympique Lyonnais, en quête de renforts offensifs depuis les départs d'Emerson et consorts, surgit dans la danse. Depuis quelques jours, les contacts se sont intensifiés entre Rhône-Alpes et Salzbourg. Car n'oublions pas que Salzburg reste le propriétaire réel du joueur, celui qui fixe les conditions et tire les ficelles. Openda représente exactement le profil que Lyon recherche : jeune, dynamique, déjà testé en grands championnats européens, et disponible pour un prêt ou un transfert à coût maîtrisé.
Mais l'OL n'est pas seul. D'autres formations ont également commencé à faire des appels du pied au clan Openda. Le marché de l'hivernage, traditionnellement moribond, s'anime soudain dès que surgit un talent susceptible de peser sur la fin de saison. L'intérêt se propage comme une trainée de poudre, particulièrement en Ligue 1 où plusieurs équipes cherchent à rafistoler leur secteur offensif avant les phases décisives. Openda devient ainsi l'incarnation de ce mercato en mouvement, celui où un prêt ordinaire se transforme en bataille diplomatique entre trois ou quatre puissances européennes.
Sur le papier, l'arrivée en Ligue 1 représenterait une vraie progression pour le Belge de 23 ans. Pas de doute là-dessus : quitter la banc turinoise pour une place centrale dans un système français, c'est autre chose. D'autant que Lyon, sous la houlette de Pierre Sage depuis peu, essaie de récréer une dynamique offensive. Cinquante-quatre buts en quarante-six matchs depuis le début de la saison, c'est le bilan lyonnais en toutes compétitions. Pas catastrophique mais perfectible, surtout si on veut espérer quelque chose en Coupe de France et en Ligue Europa.
La Belgique attend, le calendrier presse, et tout peut basculer en janvier
Autre élément du tableau : pendant ce temps, la Belgique brûle ses cartouches en Qatar, et Loïs Openda joue un rôle de plus en plus important dans le projet de Domenico Tedesco. Un buteur qui gagne en responsabilités à l'international ne peut rester bloqué longtemps sur un banc en Italie. La dynamique du joueur exige du temps de jeu régulier, l'exposition médiatique aussi. Chaque week-end où il reste remplaçant est un microtrauma pour sa confiance et sa cote de marché.
Voilà précisément ce qui pousse les négociations. Janvier est devenu le moment critique : en trois semaines, un dossier peut se cristalliser ou s'évanouir. Salzburg sait que garder un joueur sous-utilisé lui coûte en productivité et en visibilité. La Juventus préfère libérer de la masse salariale. Et à Lyon comme ailleurs, on sait qu'une fenêtre fermée, c'est trois mois à attendre avant la prochaine. L'urgence existe, elle est réelle.
Le nom d'Openda va donc circuler encore quelques jours dans les salons climatisés où se négocient les destins des footballeurs. Pas de dramatisation inutile : c'est de la routine mercantile, certes plus visible que jamais grâce aux réseaux sociaux, mais routine quand même. Un jeune attaquant sous-utilisé cherche du temps de jeu. Des clubs en manque d'offensive hésitent entre plusieurs options. Salzburg optimise son patrimoine. Et pendant ce temps, la Belgique termine sa Coupe du Monde avec un joueur qui pourrait bien changer de maillot avant Noël.