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Football

Lekjaa en suspens, le Maroc laisse traîner sa succession à la FRMF

Par Thomas Durand··4 min de lecture·Source: Footmercato

Le président sortant Fouzi Lekjaa ne sera pas reconduit ce vendredi comme prévu. La FRMF repousse le scrutin dans une atmosphère de flottement politique.

Lekjaa en suspens, le Maroc laisse traîner sa succession à la FRMF

Vendredi aurait dû être le jour de la confirmation. Celui où Fouzi Lekjaa, président de la Fédération royale marocaine de football depuis 2011, apposait son sceau sur un troisième mandat consécutif. Au lieu de cela, silence radio au sommet du football marocain. L'élection a tout simplement été reportée, sans date précise arrêtée, au moment où le mandat sortant du leader de la FRMF expirait techniquement.

Cette absence de rebond officiel signe une rupture avec la cadence habituelle. Lekjaa, figure incontournable du paysage footballistique marocain pendant treize ans, se retrouve en limbes administratifs. Pas destitué, pas reconduit non plus. Juste en attente. L'entourage du président assure que le scrutin se tiendra «très bientôt», mais le flou entretenu résonne comme un signal politique équivoque au moment où le football marocain traverse une période délicate sur le plan sportif et institutionnel.

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Une FRMF prisonnière de ses propres turbulences

Depuis plusieurs mois, la fédération marocaine navigue dans une mer agitée. Les résultats de l'équipe nationale ne justifient plus à eux seuls les éventuels atermoiements. Le Maroc, demi-finaliste de la Coupe du monde 2022, n'a pas confirmé cet élan. Les attentes du public restent immenses là où les performances ont pataugé. Le gap entre ambitions continentales et réalités du terrain s'est creusé.

À cela s'ajoutent des tensions internes qu'aucun communiqué lissé ne peut tout à fait gommer. Les querelles de governance, les questions d'autonomie financière et de gestion des ressources du football professionnel marocain ont émaillé les deux dernières années. Des rivalités entre acteurs du système, des désaccords sur la direction sportive du pays. Rien de catastrophique en apparence, mais suffisant pour justifier une certaine prudence au moment de reconduire un leader en place depuis treize années.

Le reportage de l'élection pourrait aussi refléter des négociations de coulisse. Des figures du foot marocain verraient dans ce vide temporaire une opportunité de repositionnement. Certains candidats potentiels jaugent la possibilité d'émerger comme alternatives crédibles, tandis que des blocs de pouvoir au sein de la fédération marchandent leur soutien à Lekjaa.

Lekjaa, un bilan contrasté en quête de légitimation

À l'actif du président sortant, figurent incontestablement des réalisations concrètes. L'accès du Maroc en demi-finale de la Coupe du monde 2022, orchestré sous sa présidence, reste un pic sportif indéniable. La structuration de certains aspects du football de base, les investissements dans les infrastructures de formation, quelques partenariats internationaux signés : Lekjaa peut se prévaloir d'une certaine modernisation de l'appareil fédéral.

Mais le revers de la médaille pèse lourd. L'équipe nationale stagne depuis ce sommet qatari. Les compétitions continentales ponctuelles ne compensent pas l'absence de dynamique offensive. Sur le plan administratif et financier, la transparence reste un chantier largement ouvert. Les clubs marocains, malgré les décennies d'avance technologique marocaine en matière de communication, peinent toujours à se structurer selon les standards mondiaux.

Le reportage de l'élection dit donc quelque chose d'une fédération qui doute. Pas assez pour se débarrasser de son leader installé, pas assez confiante pour le revalider d'un geste net. C'est la paralysie de celui qui ne sait pas trancher.

Le vide marocain en attente de stabilité

À titre comparatif, le football français a connu ses propres remous présidentiels sans jamais laisser traîner les scrutins au-delà de quelques semaines. La différence tient à la culture institutionnelle et aux enjeux. Le Maroc, en tant que nation footballistique émergente mais désormais attendue sur la scène mondiale, ne peut se permettre trop longtemps cette flottaison.

Les clubs du championnat national attendent des signaux forts. Les sponsors, notamment asiatiques et arabes qui se sont intéressés au football marocain ces dernières années, cherchent des interlocuteurs stables. Les sélections jeunes, formatrices de talents pour l'élite, ont besoin de projets clairs sur trois ou quatre années.

Fouzi Lekjaa sera probablement reconduit, car aucun candidat de stature équivalente n'émerge vraiment. Mais ce sursis imposé pose question sur la gouvernance réelle au sein de la FRMF. Un président qui doit attendre pour être confirmé n'est pas un président en pleine confiance. Et un football national qui tolère cette ambiguïté au moment critique court le risque de laisser filer des opportunités sportives qu'il ne rattrappera pas facilement.

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