Après son prêt décevant à l'OM, Benjamin Pavard revient à l'Inter mais ne compte pas traîner. Un nouveau club vient de frapper.
L'histoire de Benjamin Pavard à Marseille ressemble à un match de Ligue 1 par un dimanche sans soleil : prometteur sur le papier, décevant sur le terrain. Le défenseur français, prêté à l'OM en quête d'une renaissance sportive, n'a jamais vraiment trouvé ses marques. Six mois passés en Provence sans convaincre, c'est le signal qu'il fallait bouger. Et le voilà de retour à l'Inter Milan, celui qui l'avait cédé avec l'espoir qu'un changement d'air lui ferait du bien.
Sauf que rien n'a changé en réalité. Pavard ne s'éternisera pas du côté du Nerazzurri, où la concurrence défensive fait rage. Deux ans et demi après son arrivée en Serie A, le natif de Lille mesure l'ampleur du défi : s'imposer dans un effectif de champions d'Italie, ce n'est pas donné à tout le monde. Et lui, c'est évident, ne correspond plus aux ambitions de Simone Inzaghi. Le coach interiste regarde ailleurs, vers des profils plus jeunes, plus dynamiques. Pavard ? Un élément parmi d'autres, un pion à caser, une facture à équilibrer.
La machine de recrutement se met en branle
Un club s'est manifesté. Voilà qu'on ne reste plus dans le flou diplomatique des contrats en suspens. Il y a bel et bien un intéressé qui a osé franchir le pas, qui a posé la question. Pavard a reçu une offre concrète, celle qui change les choses, celle qui fait passer du domaine des spéculations à celui des négociations. À trente ans passés, le défenseur latéral doit faire un choix malin : rester où il joue peu, ou partir pour relancer sa carrière avant qu'il ne soit trop tard.
Car c'est ça, la vraie pression. Pavard n'a plus le luxe du temps. La Seleção française ne l'attend plus indéfiniment. Chaque mois sans jouer, c'est un mois de frustration que les sélectionneurs oublient aisément. Didier Deschamps a des latéraux droits à revendre : Théo Hernandez, Jonathan Clauss, les jeunes loups qui montent. Pavard doit retrouver son statut de joueur fiable, de titulaire incontournable, sinon son crépuscule européen s'accélère.
L'épisode marseillais aura au moins eu le mérite de la clarté. À l'OM, entouré d'attentes sportives démesurées et d'une agitation médiatique constante, il n'a jamais eu la tranquillité nécessaire. Un prêt peu concluant, voilà comment ça rentre dans les archives. Pas un scandale, pas une trahison, juste un constat d'incompatibilité. Et maintenant ? Les cartes sont redistribuées.
Du prestige milanais aux chemins de traverse
L'Inter, c'était supposé être l'étape définitive de sa carrière. Rejoindre le Serie A, enfiler le maillot nerazzurri, goûter à la stabilité européenne : sur le papier d'un agent, c'est une belle histoire. Mais il n'y a que sur le papier qu'elle marche. Sur le terrain, à Côme ou face à la Juventus, Pavard a découvert qu'être champion n'est jamais une sinécure. Que les places sont chères. Que la continuité de jeu, c'est un luxe qui demande de la compétition interne et une performance constante.
Trois saisons et demie à l'Inter, c'est le temps pour comprendre qu'on n'est pas indispensable. Pas grave, ça arrive. Mais c'est aussi le moment de bouger avant que le doute ne s'installe pour de bon. Le Français l'a bien compris. Son agent aussi. D'où ce club qui vient frapper à la porte, qui propose une solution, qui dit : « Nous, on te veut. » Voilà ce dont Pavard a besoin d'entendre.
La question qui flotte en l'air, c'est évidemment l'identité de cet intéressé. Quelle est cette équipe qui croit avoir trouvé une pièce manquante dans le puzzle défensif ? Un club français ? Un autre d'Italie ? Ou une destination surprise, une ligue émergente où le prestige compte moins que la confiance du coach ? Les rumeurs vont bon train, mais peu importe finalement. Ce qui compte, c'est que Pavard reprenne une trajectoire ascendante. Qu'il retrouve la compétition régulière, ces 90 minutes chaque week-end où on se rappelle pourquoi on aime ce sport.
À trente ans, vous savez, on compte les années en opportunités. Pavard en a peut-être deux ou trois devant lui, trois chances de faire un grand coup, de redéfinir son héritage sportif. L'OM n'en aura pas été une. L'Inter non plus, finalement. Reste à voir si celui-ci le sera.
Les dossiers qui bougent en janvier, ce sont souvent ceux des joueurs en quête de clarté. Pavard tourne cette page milanaise, désormais. Et c'est probablement la bonne décision, pour lui comme pour Inzaghi, qui pourra redéployer son énergie vers des éléments plus alignés avec son projet. Le football, c'est d'abord une affaire d'ajustements. Celui-ci était devenu nécessaire.