Paris mise gros sur Julian Alvarez en janvier. Un pari coûteux qui divise le vestiaire et interroge sur la cohérence du projet de Luis Enrique.
Julian Alvarez, c'est devenu l'obsession parisienne. Pas un feuilleton, une véritable saga mercatoise qui agite le Parc des Princes depuis des semaines. Le Paris Saint-Germain s'apprête à débourser une fortune pour recruter l'attaquant de Manchester City en janvier, et cette décision résonne comme un coup de poker dans un projet qui avait prétendu rompre avec les folies financières d'hier.
Pourquoi ce soudain empressement autour d'un joueur qui n'a pas vraiment explosé en Premier League ? Parce que Luis Enrique sent la fenêtre se fermer. Parce que Kylian Mbappé n'a pas livré les miracles attendus. Parce qu'on joue des coudes à l'avant, et que Paris ne peut pas se permettre de rater la Ligue des champions une troisième année consécutive. Alvarez, c'est l'assurance tous risques. Ou presque.
Un attaquant à 70 millions d'euros pour colmater les failles
Les chiffres font tourner les têtes. Le PSG envisagerait de casser sa tirelire pour lever Alvarez de Manchester City, où Pep Guardiola l'a un peu relégué dans l'ombre malgré ses 6 buts en Premier League cette saison. Soixante-dix millions d'euros minimum, certaines sources évoquant même le seuil fatidique des 80 millions. Pour un joueur qui n'a jamais vraiment pesé en Angleterre, qui reste un talent incontestable mais pas une révélation absolue.
Ce qui dérange, c'est la logique du truc. Paris avait promis de la retenue. Nasser Al-Khelaïfi et Luis Enrique avaient juré que les jours des recrutements massifs et désorganisés étaient terminés. Que le projet serait intelligent, cohérent, pensé. Et puis voilà qu'on débarque avec une enveloppe qui ressemble aux anciennes combines qataries. Alvarez porterait le numéro 9, la succession supposée à Mbappé. Sauf que Mbappé joue, lui, sur l'aile gauche dans le schéma de Luis Enrique.
La vraie question : qu'advient-il de Randal Kolo Muani ? De l'attaquant français acheté pour 95 millions en 2023, qui végète sur le banc depuis le début de la saison avec seulement 4 buts en 20 apparitions ? Lui aussi était censé être l'avenir du PSG. Hier déjà on criait au génie du recrutement. Demain, on le revendra au plus offrant. C'est le cycle infernal des grandes puissances qui ne savent pas construire.
Une stratégie qui divise plus qu'elle ne rassemble
À l'intérieur du vestiaire parisien, la tension monte. Ces grosses dépenses sans cohérence de projet final laissent les joueurs perplexes. Ils sentent que le club tâtonne, qu'on empile les effectifs sans véritable hiérarchie, sans vraie compétition positive. Alvarez arriverait pour faire ombre à qui ? À Mbappé qui est déjà en bisbille avec les supporters ? Aux autres avant-centres qui peinent à trouver le chemin des filets ?
Luis Enrique avait du crédit. L'entraîneur catalan est un garant de succès, un homme qui sait dompter les monstres. Mais même lui ne peut pas accomplir des miracles avec une armée sans stratégie claire. Recruter Alvarez à ce prix, dans l'urgence de janvier, ce n'est pas du génie. C'est de la panique. C'est admettre tacitement que le projet Madrid de cet été — avec Mbappé, Gonçalo Ramos repositionné, le développement de Vinicius Jr en poche... pardon, en tête — ne fonctionne pas.
- 6 buts et 5 passes décisives pour Alvarez en Premier League cette saison
- 4 buts en 20 matchs pour Kolo Muani depuis son arrivée au PSG
- 3 années consécutives sans titre en Ligue des champions pour Paris
- 70 à 80 millions d'euros : l'enveloppe estimée du transfert
La stratégie du PSG avec Alvarez ressemble à une échelle de corde lancée dans l'obscurité. On espère qu'elle va s'accrocher quelque part, qu'elle va permettre de remonter, mais personne n'est vraiment certain de la destination finale. Manchester City, de son côté, serait ravi d'engranger une belle plus-value. Guardiola a rarement eu le cœur tendre avec ses seconds couteaux.
Ce qui attend Paris maintenant ? Soit Alvarez devient un tueur à la Paredes ou à la Cavani des grands soirs, et on pardonne cette folie mercatoise. Soit il renforce simplement une attaque déjà pléthorique sans vraiment lever les doutes défensifs du club, et c'est un nouvel investissement qui passe à côté. Le Paris Saint-Germain joue. Mais pour quelle mise ? Voilà la question que Luis Enrique devrait se poser avant même de valider la signature.