Menée à Marseille, Nice égalise grâce à un penalty audacieux d'Elye Wahi à la 88e minute. Un geste qui ne suffit pas à résoudre les vrais problèmes des Aiglons.
Elye Wahi s'approche du point de penalty avec les épaules qui tremblent légèrement. Franck Haise le regarde du banc. On sent que tout repose sur ces quelques secondes, que Nice traîne depuis des semaines une fatigue physique et mentale qu'aucun résultat nul ne pourra vraiment éteindre. À la 88e minute, face à Gerónimo Rulli, l'attaquant français choisit l'insolence. Une Panenka tranquille, centrale, presque dédaigneuse. Le ballon frôle la barre. C'est 1-1. C'est aussi la seule image positive pour les Aiglons dimanche face à l'Olympique de Marseille.
Un point volé qui résonne comme une défaite
Soyons honnêtes : ce match nul, Nice aurait pu le perdre sans vraiment s'en offusquer. Menée par l'OM depuis la première mi-temps, l'équipe de Franck Haise a navigué sans direction, sans intensité, avec cette morne indifférence qui caractérise les formations en crise. Marseille a joué à Nice comme chez elle pendant cinquante minutes. Greenwood, De Zerbi l'a remis dans les rails après quelques semaines compliquées, circulait librement sur le flanc droit. Les Aiglons avaient oublié que la Ligue 1 demande de la vigilance constante.
Le but d'ouverture olympien était presque logique, fruit d'une incapacité défensive chronique. Depuis le début de la saison, Nice encaisse trop facilement, perd trop souvent les duels aériens, ne ferme pas les lignes de passe comme il faudrait. Il n'y a aucun secret là-dedans : c'est du travail basique, de la rigueur, de la concentration. Des choses qui manquent cruellement aux Aiglons. Avec neuf défaites en vingt matchs, Nice dégringole. Wahi égalise donc sur penalty, et tout le monde rentre chez soi en se demandant si ce point rapporté de Vélodrome change vraiment quelque chose au diagnostic posé depuis novembre.
Wahi, buteur malgré lui dans une équipe qui peine
L'histoire personnelle du jeune attaquant français contraste étrangement avec la morosité collective. Wahi, c'est l'une des promesses offensives du football français, celui qui débarque avec un pedigree énorme. Ses statistiques sont honnêtes : quatre buts en Ligue 1 cette saison, des occasions régulières, une certaine dangerosité dans la surface. Mais il joue dans une équipe qui l'étouffe. Nice crée peu, Nice joue peu, Nice s'ennuie. Le milieu de terrain ne trouve jamais vraiment son attaquant. Les ailes ne débordent pas avec suffisamment de précision. L'équipe fonctionne en mode attentiste.
Cette Panenka, elle ressemble à s'y méprendre à un acte de survie. Wahi tente quelque chose, impose son tempérament quand tout autour de lui semble s'effondrer au ralenti. Mais peut-on sauver Nice avec du panache en penalty ? Peut-on bâtir une remontée sur des gestes individuels spectaculaires alors que la structure tactique s'écroule ? C'est la question qu'on se pose en quittant Marseille dimanche. Wahi ne fait pas du mal, non, mais ses performances de ces derniers mois ne suffisent pas à masquer les vrais dysfonctionnements.
L'équipe qui attend, l'entraîneur qui réfléchit
Franck Haise a hérité d'un héritage compliqué lors de son arrivée à Nice. Quatre défaites d'affilée, une confiance en miettes, des dossiers de transfert qui traînent. Le nouvel entraîneur français n'a pas encore trouvé la clé pour insuffler de la vie à cette formation, pour lui donner une identité offensive ou défensive claire. Contre Marseille, c'était du temps de jeu gagné, un seul match, un diagnostic qui s'affine. Mais dix-huit jours après son arrivée, Haise ne peut pas prétendre transformer radicalement une équipe qui s'était habituée à la médiocrité.
Le mercato d'hiver approche. Nice devra bouger, recruter, peut-être aussi se séparer de quelques joueurs qui ne correspondent plus au projet. Wahi reste un atout à conserver, à développer. Mais il ne peut pas être la solution unique. Une attaque, ça se construit collectivement. Ça demande du jeu, du timing, de la compréhension entre les lignes. Ça demande aussi une équipe qui défend en bloc serré, qui récupère rapidement, qui empêche l'adversaire de circuler avec aisance comme Marseille l'a fait dimanche.
Ce point rapporté de Vélodrome, c'est du gain mineur, une respiration artificielle. Nice reste seize heures de la zone de relégation. Les Aiglons ont besoin de bien plus qu'une Panenka audacieuse pour remonter à la surface. Ils ont besoin de retrouver une solidité défensive, une intention dans le jeu. Wahi peut y aider. Mais seul, il ne fera jamais les miracles que réclame Nice en urgence.