Depuis Buenos Aires, le nouveau patron sportif de River Plate veut déstabiliser l'OM en recrutant l'un de ses cadres cet été. Le feuilleton s'annonce épique.
Pablo Longoria n'a pas quitté ses habitudes en traversant l'Atlantique. À peine installé à la tête de River Plate, le dirigeant espagnol prépare déjà ses coups sur le mercato — et il a jeté son dévolu sur un atout majeur de l'Olympique de Marseille. Voilà qui relève presque du mépris envers son ancien club, ou du moins d'une certaine arrogance. Longoria sait ce qu'il cherche, et il a décidé qu'un élément clé du projet marseillais ferait parfaitement l'affaire en Argentine.
L'ex-patron de Marseille ne renonce pas
Quelques mois à peine après son départ de la Canebière, Longoria bouge. Le personnage a habitué les observateurs à cette fébrilité constante : on ne l'engage pas pour rester assis. À River Plate, il a une mission claire — ramener le prestige à Núñez, transformer le club en machine continentale. Et pour cela, il estime que la qualité française lui manque. Pas n'importe quelle qualité : celle qu'il connaît, celle qu'il a travaillée à Marseille durant plusieurs années.
L'homme maîtrise le dossier sur le bout des doigts. Il sait quels joueurs valent vraiment le coup, quels noms peuvent faire la différence dans un vestiaire, quels profils correspondent aux standards de River. C'est justement pour ça que ses cibles marseillaises dérangent. Longoria, en quelque sorte, pille son propre héritage. Ce n'est pas étonnant — il l'a construits, ces succès — mais c'est sans doute frustrant pour le nouveau régime méditerranéen.
Marseille dans le rétroviseur du directeur ambitieux
Avant River Plate, Longoria avait dû gérer des tensions permanentes à l'OM. Le budget n'était jamais à la hauteur des ambitions, les départs se multipliaient, les arrivées tardaient. Il y a eu des réussites — des Guendouzi aux premiers pas d'un Bailly — mais aussi des frustrations accumulées. Après trois ans et demi dans le sud de la France, il était temps pour lui d'aller voir ailleurs. Argentine, nouveau chapitre, nouvelle liberté financière probablement.
Sauf que l'OM, c'est pas une simple parenthèse. C'est un club où il a marqué des traces. C'est des recrues qu'il a dénichées, des structures qu'il a bâties, des projets qu'il a lancés. Partir ne signifie pas oublier. Et visiblement, cela signifie aussi avoir le droit de revenir piocher dans le portefeuille de celui qui vous remplace. La relation avec de Zerbi, son successeur, ne semble pas être au beau fixe. Pourquoi sinon se positionner aussi agressivement sur les cadres marseillais ?
River Plate, c'est aussi un tremplin politique. Le club argentin pèse lourd dans le football sud-américain, il dispose de moyens, il est une institution. Pour un ambitieux comme Longoria, accumuler les succès là-bas — en particulier la Copa Libertadores — c'est écrire un nouveau chapitre de prestige personnel. Logique, donc, qu'il veuille accélérer les choses et s'appuyer sur des éléments reconnus plutôt que de construire patiemment.
L'été marseillais s'annonce piégeux
Pour l'OM, c'est un ennui supplémentaire. Le mercato estival s'annonce délicat : il faudra gérer les départs, les arrivées, les réajustements tactiques de de Zerbi. Ajouter à cela un ancien patron du club qui joue les récolteurs de talents, c'est une pression additionnelle. Les cadres sensibles devront être rassurés, les contrats vérifiés, les volontés clarifiées. Aucun flottement ne doit persister.
Combien d'offres de River Plate vont-elles arriver ? Une ? Deux ? Trois ? Combien de joueurs vont-ils être tentés ? L'histoire marseillaise de ces dernières années a montré que résister aux sirènes n'était pas le point fort du vestiaire. Et puis River, c'est glamour. La Bombonera, c'est une légende. Longoria le sait. Il sera patient, stratégique, pédagogue probablement. Il expliquera au mec pourquoi sa carrière s'accélère en Argentine. Il aura des arguments crédibles — il en a toujours.
Marseille a connu pire, évidemment. Mais cette ingérence de Longoria depuis Buenos Aires rappelle une vérité du foot français : les anciens patrons restent des acteurs du jeu, même depuis l'autre côté du monde. Surtout quand ils ont cette trempe-là. De Zerbi et sa direction vont devoir montrer de la poigne face à ce petit jeu de coulisses. L'enjeu ? Préserver les pièces maitresses d'un projet juste relancé. Rien de bien catastrophique, mais le timing ne pouvait pas être pire. L'été va être mouvementé.