L'Olympique de Marseille reçoit Nice dimanche en clôture de la 31e journée. Un match à enjeux énormes pour relancer une machine enlisée.
Le calendrier peut être cruel parfois. Dimanche, à l'Orange Vélodrome, l'OM n'aura pas droit à l'erreur. Daniele De Zerbi le sait mieux que quiconque : après des semaines de doute, de résultats friables et de questions existentielles, il faut que ça bouge. Nice ne sera pas un cadeau, mais c'est justement le genre de match où les équipes de caractère rappellent qu'elles sont vivantes.
Les chiffres racontent une histoire peu ragoûtante. Une seule victoire lors des six derniers matchs. Une défense qui s'effondre régulièrement, des actions offensives qui peinent à déboucher. À Marseille, on parle de crise, ce terme que personne ne veut entendre mais que tout le monde murmure. L'équipe phocéenne, capable de briller quelques semaines plus tôt, traverse un passage où les doutes ont remplacé les certitudes.
De Zerbi entre la rage de vaincre et les blessures
Le technicien italien doit composer avec l'absence de plusieurs éléments importants. Mattéo Guendouzi, Kondogbia, des absences qui désorganisent le milieu de terrain marseillais habitué à dominer. De Zerbi ne peut pas laisser Nice revenir à la maison avec un résultat positif. L'équipe doit retrouver ce doigt de folie qui l'a caractérisée en début de saison, cette envie brute de gagner chaque ballon, chaque duel.
En attaque, Luis Henrique et Alexis Sánchez devront être les étincelles. Le Chilien, en fin de contrat, doit envoyer un message fort. Henrique, lui, a montré des signes encourageants même dans les matchs sombres. À droite, Jonathan Clauss sera crucial pour alimenter le jeu offensif. Pol Lirola occupera le couloir gauche. Ces deux latéraux peuvent faire la différence si l'OM parvient à créer du mouvement.
La charnière centrale devrait aligner Luan Peres et Samuel Gigot, deux pièces maîtresses de la défense phocéenne. Il faudra qu'ils soient des rocs dimanche. Nice possède des attaquants capables de punir les faiblesses, notamment Evann Guessand, jeune talent qui commence à peser réellement dans le football français.
Nice vient chercher l'exploit chez les géants
Du côté niçois, l'équipe entraînée par Franck Haise arrive en Provence avec des intentions claires. Ce n'est pas une équipe venue pour faire du tourisme. Nice a montré qu'elle pouvait embêter n'importe quel adversaire cette saison. Le Gym joue sans pression apparent, ce qui est dangereux. Des matchs comme celui-ci, les équipes en difficulté les perdent souvent contre des formations libérées.
L'effectif niçois possède une certaine compacité. Gauthier Bauman, Melvin Bard, ces joueurs défensifs savent ce qu'il faut faire pour étouffer le jeu marseillais. En milieu de terrain, le trio Nice-Lemina-Rosario apporte stabilité et dynamisme. Derrière, Kasper Schmeichel dans les buts peut réaliser une de ces performances qui change une rencontre.
Voici les éléments qui structurent ce choc :
- 6 matchs sans victoire pour Marseille : une série qui pèse lourd psychologiquement
- 12 buts concédés en quatre semaines : une fragilité défensive qui ne passe pas inaperçue
- 3 points d'avance seulement sur le sixième : la course aux places européennes reste ouverte
- 89 matchs d'expérience cumulée pour le duo Sánchez-Henrique : une arme offensive à activer
De Zerbi doit trouver le curseur juste dimanche. Ni trop crispé (ce qui paralyse l'équipe), ni trop décontracté (ce qui ouvre la porte aux catastrophes). L'OM possède les joueurs pour dominer Nice, c'est un fait. Mais le football, c'est aussi la capacité à transformer la qualité technique en résultats. Pour la première fois depuis plusieurs semaines, il faut que Marseille rende des points à domicile, là où elle devrait toujours faire la loi.
Dimanche à 13h, l'Olympique de Marseille sera face à elle-même. Nice ne sera que le miroir de cette crise qu'on n'ose pas nommer mais qui existe. C'est dans ces moments que les vrais projets se construisent ou s'effondrent.