Après le nul stérile face à Saint-Etienne, les Niçois doivent réagir au Geoffroy-Guichard. Melvin Bard livre les dessous d'une équipe sous pression.
Le constat est glacial : zéro but en quatre-vingt-dix minutes, zéro inspiration offensive, zéro certitude. Voilà ce que retient Nice de son barrage aller contre Saint-Etienne, ce match qui ressemblait à un combat d'autos tamponneuses où personne n'ose vraiment foncer. L'Allianz Riviera, d'habitude volcanique, n'a crachoté que des braises froides. Et maintenant ? Maintenant il faut aller chercher une victoire à Geoffroy-Guichard, ce stade qui dévore les visiteurs.
Pourquoi Nice n'arrive pas à trouver l'efficacité?
Regarder Nice en attaque depuis trois semaines, c'est un peu comme regarder une machine à sous cassée : tu mets tes pièces dedans, rien n'en sort. Les Aiglons ont créé des occasions contre Saint-Etienne, c'est vrai, mais sans cette précision qu'on attend d'une équipe qui prétend à la Ligue 1. Melvin Bard, le latéral gauche qui rayonne depuis quelques mois, s'est confié sur le sujet : selon nos informations, l'atmosphère dans le groupe reste confiante mais la tension monte.
Le problème vient de loin. Depuis janvier, l'OGC Nice tourne autour de 1,2 but par match en moyenne, un rendement catastrophique pour une formation censée jouer les premiers rôles. Khéphren Thuram tire, Ali Boulaya se projette, Jeremie Boga cherche des brèches, mais c'est comme si un invisible barrage empêchait la balle de franchir la ligne. Saint-Etienne, qui n'est pas une forteresse en défense, a contenu les offensives adverses sans trembler. Le gardien Larsonneur a connu une soirée tranquille.
L'entraîneur Franck Haise sait parfaitement que le match retour exige un changement de braquet. Aller à Saint-Etienne sans marquer, c'est accepter l'élimination. Les Verts de Olivier Dall'Oglio ont goûté au prestige des matchs à enjeux et ne libèreront pas leur prise facilement. Le Geoffroy-Guichard reste un repaire où les visiteurs laissent des plumes.
Quel est l'état physique réel de Boudaoui?
Khaled Boudaoui absent, c'est un problème. Le milieu offensif tunisien incarne une certaine fluidité dans le jeu niçois, cette capacité à créer de l'espace, à faire passer le ballon avec intelligence. Melvin Bard a évoqué discrètement la situation du joueur : il serait touché au mollet depuis quelques jours et son statut pour la déplacement reste incertain. L'entourage du club n'officialisait rien hier soir, mais les indices pointent vers une gêne que Haise préfère ne pas aggraver maintenant.
C'est là que réside une partie du doute. Nice peut-elle franchir Saint-Etienne sans Boudaoui? Techniquement oui. Tactiquement? C'est plus compliqué. Le joueur représente à lui seul une partie des solutions offensives du groupe. Sans lui, les Aiglons devront s'en remettre à d'autres : Boga sur le côté droit, peut-être un repositionnement de Thuram, ou l'entrée d'un élément plus jeune à la pointe d'attaque.
Haise dispose d'options. Mais les options, c'est toujours moins confortable que de compter sur ses meilleurs éléments. Et puis il y a cette dimension mentale : si Boudaoui doit être absent, il faudra l'assumer publiquement, l'expliquer aux supporters, justifier une équipe remaniée. C'est le poids de la compétition.
Peuvent-ils vraiment jouer la gagne à Geoffroy?
Saint-Etienne n'est pas Manchester City, mais Geoffroy-Guichard peut transformer n'importe quel effectif en bête déchaînée. Les Verts ont remporté 60 pour cent de leurs matchs à domicile cette saison, une statistique qui ne rassure pas les visiteurs. Depuis cinq ans, Nice a perdu plus souvent qu'il n'a gagné à Saint-Etienne. L'histoire du lieu joue aussi : c'est là que les grands se font surprendre.
Mais Haise connaît le match à enjeu. Il en a gagné. Il sait comment les préparer, comment construire une tactique qui ne vise qu'un seul objectif : le résultat. Nice n'aura pas besoin de marquer trois buts. Deux suffiront si la défense tient bon. Et cette défense, justement, c'est peut-être la meilleure nouvelle pour les Aiglons. Bard en latéral gauche est revenu en forme, le cœur de la défense avec Todibo et Dante tient bon malgré les vicissitudes.
Alors le match se jouera sur les détails. Un but précoce changerait tout. Une expulsion qui libère ou qui scelle un destin. Une intervention du gardien Jean-Clair Todibo qui pousse Saint-Etienne à prendre plus de risques. C'est du football de barrage, celui où les plans de jeu s'écroulent sous la pression et où seule compte la volonté.
Nice sait ce qu'il doit faire. Rester dans la course, c'est la première étape. Gagner, c'est la deuxième. À Haise et ses joueurs de trouver la clé chez ces Verts qui ne feront aucun cadeau.