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Football

Arteta couronné mais pas satisfait - Arsenal peut-il enfin finir le travail

Par Thomas Durand··4 min de lecture·Source: Footmercato

Meilleur manager de Premier League, Mikel Arteta a transformé Arsenal en machine collective. Mais le trophée qu'il convoite vraiment reste ailleurs.

Arteta couronné mais pas satisfait - Arsenal peut-il enfin finir le travail

Mikel Arteta soulève son deuxième trophée de manager de la saison en Premier League. Deux en trois ans. C'est le genre de stat qui impressionne les directeurs sportifs, qui remplit les communiqués de presse, qui justifie les contrats XXL. Sauf que l'Espagnol sait pertinemment ce qu'elle vaut vraiment : pas grand-chose comparée à un titre de champion d'Angleterre qui refuse toujours de venir à l'Emirates Stadium.

Bruno Fernandes a raflé le titre de joueur de la saison, ce qui arrange plutôt bien le manager d'Arsenal. Parce que quand ton équipe produit le meilleur milieu de terrain de la ligue mais que tu termines deuxième, troisième ou pire encore, c'est que quelque chose cloche dans la mécanique. Et là, tu peux encaisser tous les trophées du monde sans que ça change grand-chose à ta nuit.

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Comment Arteta a façonné une équipe qui terrorise en Premier League

Arsenal joue différemment sous Arteta. Plus intense, plus organisée, plus implacable quand il faut l'être. Regardez les chiffres : 93 points cette saison, c'est astronomique. Sauf que Manchester City en a eu 94 ou 95 selon l'année, et Liverpool aussi. Arsenal gère parfaitement la possession, ses transitions, ses pressings coordonnés. L'équipe fonctionne comme une Swiss watch où chaque joueur connaît son rôle à la millimètre.

Ce qui rend Arteta dingue, c'est justement cette perfection relative. Il a construit quelque chose de robuste et beau à regarder, un système où Bukayo Saka sait exactement quand monter et quand se caler, où Declan Rice intercepte avant même que le ballon ne voyage, où les défenseurs ne se précipitent jamais. C'est du coaching d'exception. C'est aussi pour ça qu'il reçoit ce trophée.

Mais voilà le piège : quand tu construis une équipe aussi bien huilée, les gens attendent que tu franchisses l'étape suivante. Pas juste d'être proche. Pas juste de faire plaisir au spectateur. Gagner. Arteta le sait trop bien. Son équipe a souvent dominé les matchs décisifs et perdu quand même. Pas parce qu'elle était inférieure, mais parce qu'un détail a chaviré. Un manque de tuerie mentale. Une décision d'arbitre. Une blessure mal placée. Le football, finalement.

Pourquoi ce titre arrive au mauvais moment pour lui

Si Arteta jubilait réellement, ce serait suspect. Un manager de cet acabit ne vit que pour les trophées majeurs. Et il en manque à Arsenal depuis 2004. Vingt et un ans. C'est une cicatrice qui ne part pas.

Le prix de manager de l'année signifie deux choses : d'abord, tu as impressionné tout le monde par ta gestion tactique et humaine. Deuxièmement, tu n'as pas remporté le titre. Parce que si tu l'avais eu, le débat n'existerait pas. Pep Guardiola aurait exactement le même palmarès, mais personne ne murmurerait « ouais mais Arteta c'est pas mal non plus ». C'est clair comme ça.

Arsenal fait partie de ces équipes maudites en ce moment : suffisamment bien pour dominer, insuffisamment cliniques pour fermer les portes. Bukayo Saka ne marque pas trois buts de plus, et tu es champion. Declan Rice se blesse deux semaines plus tard, et tu craques en fin de saison. Des centièmes de seconde qui changent tout. Arteta a bâti un système pour que ces centièmes n'existent plus. Ça n'a pas suffi.

Ce trophée, donc, il faut le voir comme un encouragement, presque une promesse. « Tu fais du bon boulot, continue. » Sauf qu'Arteta n'a pas besoin qu'on lui dise ça. Il le sait. Il vit avec chaque soir.

Que doit faire Arsenal maintenant pour sortir du labyrinthe

La question existentielle : est-ce que c'est le système qui a atteint ses limites ou les joueurs ? Probablement un peu des deux. Arsenal possède une médiane exceptionnelle, une défense au-dessus de la moyenne, un secteur offensif élégant mais pas assez destructeur. Saka c'est une star, mais il n'est pas Mbappé ou Vinicius qui font la différence tout seul. Martinelli a des bonnes périodes et des passages à vide.

Arteta va devoir innover tacticalement ou renforcer son effectif d'une manière radicale. Parce que si le projet se résume à « faire 92-93 points tous les ans sans jamais franchir la ligne », c'est peut-être un succès managérial, mais c'est un échec sportif. Et lui ne confond pas les deux.

Voilà pourquoi ce trophée le laissera de marbre dans six mois. S'il ramène un titre à Arsenal, d'accord, on pourra admirer rétrospectivement ce qu'il a construit. Mais tant que la Premier League ou une Coupe d'Europe ne sont pas venues au bercail, Mikel Arteta restera ce manager brillant qui n'a pas livré le produit fini. Et ça, c'est un poids qu'aucune statuette ne peut alléger.

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