Auteur du but contre Rennes (4-2), l'attaquant ukrainien célèbre la troisième place lyonnaise et retrouve enfin des couleurs offensives après des semaines difficiles.
Roman Yaremchuk a les joues rouges et l'envie de parler. À peine sorti du terrain, l'attaquant lyonnais brandit son téléphone pour dévorer les images de son but, celui qui a scellé le sort de Rennes dimanche. Quatre buts marqués, deux encaissés. Un résultat flatteur, certes, mais qui place l'Olympique Lyonnais là où il rêvait d'être depuis l'automne : sur le podium. La troisième place, c'est soudain devenu réel pour les Gones.
L'international ukrainien ne cache pas son soulagement. Après des mois à se demander s'il était vraiment à la hauteur de ce maillot, après des débats sans fin dans les chaumières lyonnaises sur sa légitimité à occuper le poste d'avant-centre, Yaremchuk a signé dimanche une réponse sans appel. Pas en frappant un coup franc dévastateur ou en exécutant une combinaison tactile dignes des meilleures pédagogies italiennes. Non. En étant simplement au bon endroit au bon moment, en restant concentré, en faisant son boulot d'avant-centre. Voilà ce que réclame tout manager : de la présence, de la finalité, de l'efficacité.
Le poids de la confiance retrouvée
Entendre Yaremchuk revenir sur sa performance, c'est entendre un homme qui a senti le doute s'éloigner. Depuis son arrivée à Lyon cet été en provenance de Valence, l'attaquant de 28 ans a connu des moments où la confiance s'effilochait. Les expectatives au Groupama Stadium ne pardonnent pas. Quand tu coûtes plusieurs millions, quand tu dois remplacer des figures de proue offensives, quand tu arrives à un club qui se battra pour des objectifs ambitieux, chaque match compte comme une épreuve.
Dimanche face aux Rennais, ce poids semble avoir disparu. Peut-être parce que ses coéquipiers tournaient à plein régime. Peut-être parce que la configuration du match l'a servi. Peu importe la raison. Ce qui compte, c'est que Yaremchuk s'est montré disponible, mobile, dangereux. Pas un exploit de génie, mais quelque chose de plus fiable : une certaine constance dans l'engagement. À Lyon, on appelle ça un début de respiration après plusieurs semaines à réclamer des performances plus solides de l'attaque.
Son enthousiasme communicatif après le coup de sifflet final traduit surtout une certaine compréhension : il sait que la troisième place du classement, c'est loin d'être assuré. En Ligue 1, trois points d'avance c'est du volatil. Un trou d'air offensif de deux matchs, une série de revers et les poursuivants reviennent. Marseille, Nice, Lens, ils attendent leur moment.
Une OL enfin offensive, pour combien de temps?
Ce qui frappe dans les commentaires de Yaremchuk, c'est l'accent mis sur le collectif. Il ne se vante pas d'avoir marqué, il parle de la victoire collective, de l'équipe qui joue libérée, des passes que ses partenaires lui ont offertes. C'est l'attitude de quelqu'un qui comprend que dans une ligue aussi exigeante que la Ligue 1, un buteur seul ne suffira jamais.
Lyon a ouvert le robinet offensif dimanche. Quatre buts, c'est du volume. Depuis l'arrivée de Pierre Sage sur le banc, l'OL a progressivement changé sa philosophie, passant d'une certaine frilosité défensive à une approche plus offensive, plus gaie, plus assumée. Les résultats ont suivi, et ce succès face à Rennes en est l'illustration.
Mais Yaremchuk le sait aussi bien que les supporteurs lyonnais : les trois grands périodes de l'OL cette saison ont toutes apporté leur lot de fragilité. Les rythmes s'effondrent. Les joueurs fatiguent. Les blessures surviennent. Les défenses adverses finissent par adapter leur stratégie. La question qui taraude maintenant, c'est de savoir si Lyon peut tenir ce tempo jusqu'à la fin d'une saison régulière qui compte encore près de quinze matchs pour les Gones avant la trêve.
L'attaquant ukrainien, lui, se projette plus loin. Questionné sur la suite immédiate, il a exprimé sa confiance : l'équipe jouait bien dimanche, la dynamique était positive, et à partir de là tout devient possible. C'est le discours standard d'un joueur qui a marqué et qui jouit d'une ristourne de confiance temporaire. Sauf que cette fois, il y a une once de justification concrète. Quatre buts marqués en un après-midi, c'est suffisant pour légitimer un optimisme.
Un printemps à construire dès maintenant
Reste que la vraie bataille commence. Cette troisième place, les concurrents lyonnais ne la laisseront pas sans combattre. Marseille respire dans la nuque de l'OL, Lens aussi. Et puis il y a la Coupe d'Europe en avril, les heurtoirs du printemps qui arrachent des blessures, qui usent les organismes, qui éprouvent les nerfs. Yaremchuk aura besoin de maîtriser ces tempêtes à venir.
Pour l'heure, l'attaquant savoure. Il a trouvé le filet, son équipe occupe le podium, et ce sentiment fugace mais délicieux du joueur dont le doute s'estompe peut enfin circuler dans ses veines. À Lyon, on espère que ce dimanche n'est pas qu'une étincelle. On espère que c'est le début d'une construction qui durera jusqu'en mai.